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Who’s “Y” ?
Il parait qu’elle est Y cette nouvelle génération. Faut bien conceptualiser. 20% de la population, 13 millions de personnes. Je ne sais pas trop quand ça commence ni quand ça fini en vrai (sur le papier c’est entre 1976 et 1994). Ce qui est sûr c’est qu’on le sent dans les rencontres, les discussions, les actions, il y a un état d’esprit nouveau qui monte, qui vient des nouvelles générations…
Rencontres.
Siham a travaillé dans une grosse boîte de com après la fac. Mission passionnante, mais manque d’autonomie, décisions trop lentes, motivation dure à conserver. Aujourd’hui elle freelance en com pour de jeunes entreprises innovantes. Elle est co-fondatrice de l’une d’entre elles.
Pauline a fait une pause de deux ans dans son parcours universitaire de droit pour s’engager dans une ONG. Elle reprend ses études à Dauphine avec un projet beaucoup plus clair en tête, un projet d’avenir, un projet professionnel. Elle veut que chaque étape de sa vie professionnelle soit un tremplin pour celle d’après.
Julien a bossé en même temps que ses études depuis sa première année d’info à la fac. Il a fait un peu de tout et histoire d’appliquer ses connaissances, il est devenu freelance dans sa branche. Il a rencontré Jérémie : plus de nuits passées sur l’ordi que dans les révisions. Ils ont monté leur propre projet, une boîte puis une deuxième. Ils aiment cette liberté, cette responsabilité, l’intensité de l’implication dans leur quotidien.
Jade est angoissée. Après une première année de bio à la fac elle a fini par faire son choix : la socio. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu autant envie de se plonger dans des études, ni autant d’angoisses. La phrase résonne dans sa tête « y a pas de débouchés ». « Mais alors qu’est-ce qu’ils deviennent tous ces étudiants ? Sont-ils tous au chômage ?». Elle veut bosser c’est sûr, un boulot qui ai du sens, qui lui corresponde.
Say bosse aujourd’hui dans une grande boîte après avoir fait la fac. Bon, il n’est pas au cœur de l’activité productive : mission diversification des profils de recrutement. Mais au fond, il est convaincu. Convaincu que tout ça va dans le même sens, les bonnes compétences, l’ouverture, la diversité : c’est aussi ça qui fait la performance.
Marianne est doctorante et fière d’être universitaire. Elle a écrit sur le wall de « J’ai fait la fac, les employeurs savent pas ce qu’ils ratent » sur facebook « Parce que si tu as compris la « Phénoménologie de l’Esprit » de Hegel, les problématiques des entreprises ne te semblent plus si complexes que ça. »
Avec encore plus d’humour Germain prend le relais « Parce qu’après quatre ans à Jussieu, tu n’as pas de cancer des poumons, tu n’es pas mort dans un accident d’ascenseur, tu as survécu à la bouffe du RU, à la crasse et au délabrement : tu es prêt à développer les ventes de la succursale de Grozny ou de Kandahar. T’es blindé »
Avec une pointe d’aigreur, Benjamin « parce que la valeur n’attend pas le nombre des années et que là bas (Londres) quand tu gères tu est valorisé. »
L’emploi et l’insertion professionnelle constitue la première préoccupation des étudiants : 57% (Baromètre étudiants – février 08 / MES) 62% d’entre eux ont pour premier critère de choix, l’intérêt du travail.
70% des jeunes français affirment qu’une belle vie, c’est avant tout d’avoir un travail passionnant. (Anna Stellinger FIP 08)
Selon Benjamin Chaminade, co-fondateur de Inside RH : « Ils n’ont pas l’intention de travailler comme nous : la fin du respect des anciens, la fin des managers, la fin des carrières, la fin des réunions, le fin des questions, la fin des formations en salle et du management global… »
C’est sûr il s’agit d’un formidable potentiel pour tous ceux qui voient d’un bon œil le changement, les reconfigurations. C’est un défi aussi car il faut construire sur ces bases de nouvelles façon de vivre ensemble.
C’est peut-être ça, aussi, la “génération Y” ?
mots-clés : avenir, changement, création, génération, travail, vie


