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Empowerment à la française
La semaine dernière lors d’un échange, des coachs professionnels m’expliquaient que leur posture n’était ni de former, ni de conseiller, mais de renforcer le pouvoir de chacun à trouver les réponses en lien avec ses enjeux professionnels. Autrement dit, permettre à la personne d’identifier les leviers et les ressources qu’elle peut activer par elle-même.
Une approche qui reste à développer chez les politiques qui bien souvent se mettent à dresser la liste des problèmes que rencontre tel ou tel public pour annoncer ce que l’Etat compte “faire pour eux”, sans évoquer leurs atouts et leurs forces.
Une philosophie qui est au cœur de ce que nous faisons à LA MANU : permettre aux étudiants de prendre des initiatives pour développer leur personnalité professionnelle, pour explorer le monde économique et de l’entreprise, se confronter à leurs réalités et en tirer des enseignements.
Développer les capacités à faire ses propres choix, s’approprier le pouvoir d’agir sur son destin, entreprendre sa vie.
Cette approche me parait tellement pertinente que je me demande comment pendant tant d’années on a pu concevoir l’orientation comme un processus au mieux proposé par un tiers “vous devriez faire ceci ou faire cela” ou au pire imposé “nous vous orientons dans telle ou telle section”. Les choix d’orientation -bien sûr éclairés au maximum- ne peuvent être que l’affaire de la personne concernée si l’objectif est que la personne prenne en main son avenir professionnel.
D’ailleurs dans de nombreux pays d’Europe, les services équivalant à Pôle Emploi visent plutôt à renforcer les capacités des personnes à naviguer sur le marché de l’emploi et à retrouver une activité professionnelle qu’à trouver des postes aux chômeurs ou des candidats aux entreprises.
Cette approche qui permet aux individus de développer un maximum capacités pour faire par eux-même, de mieux maîtriser leur destin et donc d’accroître leur autonomie, n’est pas encore très présente dans notre culture. Le concept est d’ailleurs anglais : EMPOWERMENT. N’est-il pas temps d’en adopter une traduction française dans les mots et dans les actes.
Et pour vous c’est quoi la traduction française d’EMPOWERMENT ?
Petit passage sur l’empowerment dans ce débat préparatoire aux négociations sociales sur l’emploi des jeunes…
mots-clés : capacités, choix, entreprendre, LA MANU, perspectives, responsabilité, travail
Petites réflexions sur l’alternance…
Annonces par le gouvernement d’objectifs d’augmentation de 200 000 du nombre d’alternants (qui font largement écho au plan “jeunes emploi” qui avait été lancé en mai 2009 et qui était lui aussi principalement axé sur l’alternance)
Dès qu’il s’agit d’emploi des jeunes, c’est principalement d’alternance dont on entend parler que ce soit par l’Etat, les collectivités territoriales ou les entreprises.
C’est un système qui a fait ses preuves à l’étranger, dont les taux d’insertion sont plutôt bons et qui est de plus en plus attractif pour les jeunes…(sans rentrer dans les détails qui sont bien plus complexe).
C’est une entrée dans l’entreprise ! Une formation qui sera donc très lié à l’entreprise et à ses métiers, cela demande donc d’y être préparé et d’avoir muri ce choix dans son parcours de formation. Aller en alternance pour échapper au chômage c’est le risque de se retrouver totalement à côté de soi-même.
Ainsi 70% de chefs d’entrerpise qui ont pris des alternants en 2010 affirment qui en prendrons moins en 2011 notamment à cause du manque de préparation des jeunes qu’ils accueillent.
Un dispositif intéressant et dans certaines conditions efficace à ne pas confondre avec LA solution miracle à un problème qu’on ne sait pas régler depuis 30 ans.
Julie Coudry : ” L’apprentissage ne fait pas de miracles”
envoyé par Cadremploi. - L’actualité du moment en vidéo.
mots-clés : alternance, autonomie, emploi, formation, jeunes, travail
Emploi des jeunes : il n’est plus temps d’attendre
La réforme des retraites à peine adoptée par le Parlement après plusieurs mois d’une forte contestation sociale, l’heure semble à nouveau aux discours et débats sur l’emploi des jeunes. Ce ne sera pas la première fois que s’attaquer au “fléau du chômage des jeunes” servira de thème de sortie de crise…
Diversion, ou véritable volonté de régler le problème ? Car la question a beau être sur la table depuis plus de trente ans, le taux de chômage des 15-24 ans en France cavale toujours en tête des moyennes de l’Europe et de l’OCDE.
Les mesures prises ces trente dernières années pour l’accès des jeunes à la vie active n’ont pas permis de changer la donne. Il faut pointer qu’elles relèvent toujours d’une même approche qui privilégie des dispositifs “réparateurs” ciblés sur les jeunes en difficulté à des mesures actives de valorisation de tous les talents. Voilà ce qui est proposé aux jeunes depuis toutes ces années : partir à la recherche du meilleur dispositif “difficulté d’accès à l’emploi”, plutôt que d’agir grâce à des mesures qui encouragent le choix et l’initiative. Pourquoi devoir attendre d’être en situation d’échec pour bénéficier d’un soutien ? Variable d’ajustement côté entreprises, présentée sous l’angle de ses faiblesses côté politiques publiques, ce couple infernal fait système, renvoyant à la jeunesse qu’elle est un coût ou un problème plutôt qu’un formidable potentiel.
Et les fausses promesses ne font rien pour arranger les choses : “Soyez tranquilles, avec un bon diplôme, vous trouverez un emploi”, alors que c’est désormais insuffisant pour réussir notre entrée dans la vie active. Autres ritournelles : “Ne soyez pas trop exigeant, si vous arrivez à échapper au chômage, c’est déjà bien”. Pas de quoi stimuler les ambitions d’une génération que l’on n’hésite plus à qualifier de “sacrifiée”… alors qu’elle n’est qu’au début du chemin, et qu’elle peut avoir prise sur sa propre vie.
Alors, va-t-on cette fois-ci changer de discours ? Va-t-on enfin voir émerger des solutions nouvelles pour une intégration réussie des jeunes générations dans le monde du travail et dans la société ?
PRÉPARER L’ACCÈS À L’EMPLOI
C’est pour expérimenter d’autres façons de faire et ouvrir une nouvelle voie que j’ai fondé LA MANU il y a deux ans. Avec une ambition : proposer aux étudiants les moyens de préparer activement leur accès à l’emploi dès leur période d’études. Avec une conviction : très tôt dans leur cursus, les étudiants d’université veulent et peuvent s’engager pour prendre en main leur avenir professionnel, se préparer au monde du travail, aller à la rencontre des entreprises. Nous avons éprouvé et vérifié cette conviction depuis deux ans sur le terrain : les jeunes qui ont fait du chemin avec LA MANU pour préparer leur futur par l’action, tout en préparant leur diplôme, abordent le monde de l’entreprise et ses perspectives, découvrent les possibles. Ils développent leur confiance en eux, car ils ont appris à valoriser leurs compétences et à se tester auprès des recruteurs. Ils construisent autour d’eux des réseaux de solidarité professionnelle, partagent leurs expériences pour que les logiques d’entraide et de réseau ne soient plus le privilège de quelques-uns. Ensemble, ils se donnent les moyens de repérer, de créer, de vivre des opportunités. Ils se font un avenir concrètement, par l’action.
D’autres initiatives que celles rendues possibles par LA MANU, sur bien d’autres chantiers témoignent au quotidien de la vitalité de la jeunesse, de sa capacité à prendre des décisions pour son avenir sans attendre que le “monde institué” se remette en phase.
Ce sont ces initiatives génératrices d’autonomie, de créativité et de solidarité qu’il convient de soutenir sans attendre. Après trente années d’échecs en matière d’emploi des jeunes, la puissance publique et les entreprises ont tout à gagner en pariant sur cette vitalité.
N’attendez plus que les jeunes soient passés par la case échec pour intervenir ! Il est grand temps de soutenir les jeunes en s’appuyant sur leur potentiel plutôt que sur leurs handicaps. Plus que d’assistance publique, la jeunesse a besoin de marques de confiance.”
Julie Coudry fondatrice de LA MANU
Source ; Le Monde 8 décembre 2010
mots-clés : autonomie, avenir, confiance, économie, emploi, génération, jeunesse, travail
Les jeunes, l’emploi, la rentrée !
Sur Envoyé Spécial le 3 septembre 2010
Envoyé Spécial, la suite, La Manu
envoyé par -LA-MANU-. - L’info internationale vidéo.
mots-clés : avenir, compétence, emploi, étudiants, génération, travail
Mon Moi et le travail
Au milieu de ce 3éme été de direction de LA MANU, je me souviens d’une conférence de François de Singly sur les jeunes et le travail, qui avait lieu au tout début, en mai 2008. Il évoquait la disparition de frontières claires entre Travail / conviction-engagement-passion / vie privée. Il disait que cette nouvelle (?) réalité n’était pas évidente à appréhender pour un jeune actif ou même pour un recruteur/manager.
Ce matin de nombreuses rencontres me reviennent en tête et illustrent ces propos de De Singly, une tension entre plusieurs pôlarités, entre notre moi et nos aspirations et les nécessités/réalités qui sont celles du travail, au milieu desquelles l’individu cherche une forme d’équilibre.
Je me rappelle de :
- Ce jeune homme qui se voyait entrepreneur, avec plein d’idées dans la tête mais qui, à l’épreuve du passage à l’action, a plutôt choisi d’intégrer une très grosse entreprise du CAC 40
- Cet ancien universitaire aujourd’hui patron d’une start up, qui parlait de cette drôle de liberté qu’est l’entrepreneuriat, cette lourde et grisante responsabilité qu’est la création, qui met en jeu sa vie professionnelle du moment et celle de ses collaborateurs
- Cette jeune femme qui ne voulait travailler que dans une entreprise correspondant totalement à ses convictions et qui du coup ne pouvait accepter les réalités du travail : rendre de comptes, avoir des objectifs à atteindre, répondre aux attentes des clients…
- Ce jeune acteur de cinéma talentueux qui avait décidé “on the side” de passer le concours du barreau (pour devenir avocat) et de monter un projet entrepreneuriale sur un créneau pour lequel il est “sûr qu’il y a un marché” ! Trois cordes à son arc pour garantir sa liberté
- Ce jeune universitaire qui sorti de la fac sans finir son diplôme a intégré, comme un défi, une grande structure bien décidé à faire ses preuves. Lorsque quelques années plus tard son manager a fini par lui proposer un plan de carrière à responsabilités sur 8 ans… il n’a pas supporté l’idée de savoir tant à l’avance ce qui allait se passer, et en est parti pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale
- Ou cet autre qui au contraire à la sortie de la fac a décidé de se mettre au service d’une création d’entreprise et a rapidement fini par ne pas supporter les changements de caps, les réajustements d’objectifs, le manque de process et l’absence de visibilité à long terme.
- Cette bac+8 de Psycho qui voulait servir l’intérêt général et ne se voyait travailler que dans le service public et qui après quelques années d’expérience à “constater du soir au matin l’ampleur de son impuissance” à décider de se mettre à son compte et de partir à la conquête des entreprises pour leur montrer l’apport de son savoir faire et vendre ses services.
- Ce jeune homme issu d’une école d’ingénieur travaillant dans une filiale d’une filiale d’un grand groupe français devenu un grand placard doré (phase préparatoire à son démantèlement), ou plus personne ne s’intéressait à ce qu’il produisait, et pour qui le fait d’avoir des objectifs à atteindre était devenu une forme essentielle de reconnaissance professionnelle.
- Ces jeunes artistes heureux de pouvoir vivre de leur art, mais souffrant que les réalités du travail à faire pour le vendre, occupent dans leur esprit et dans leur vie tant d’espace, un espace qui n’est plus libre pour la création.
Quelle est la part de ce que nous sommes vraiment dans notre travail ? Jusqu’où attend-on que cela nous corresponde ? Comment concilier convictions, vie privée et vie professionnelle sans tout cloisonner ni tout mélanger ? Comment se concilient engagements/envie et contraintes dans ce qui fait notre travail ? La construction des points d’équilibre que chacun a à trouver pour conduire son chemin, semble être l’histoire d’une vie.
mots-clés : carrière, confiance, économie, génération, travail
“Société anonyme”, chronique matinale sur France Culture
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Tous les lundis matin à 7h20 sur France Culture.
mots-clés : civilisation, jeunesse, plafond de verre, ressources humaines, travail
L’emploi des jeunes, une question générationnelle ?
Hier au CESR, à propos de la conjoncture économique, le débat a porté à nouveau sur l’emploi des jeunes. Je le disais dans un précédent billet les réflexes en matière d’analyse et de propositions sur ce sujet sont assez bien installés.
“1- Plus on a un haut niveau de diplôme mieux on accède à l’emploi. 2- Le problème du chômage des jeunes c’est d’abord celui des non diplômés. 3- Il faut donc mettre principalement en place des mesures spécifiques en direction des moins diplômés“
Depuis des années, ces affirmations sont vérifiées par les enquêtes et analyses statistiques (taux de chômage / niveau de qualification). Et dans le même temps malgré les dizaines de mesures qui se juxtaposent pour l’emploi des jeunes, notre taux de chômage des jeunes reste un des plus élevé de l’OCDE.
La crise actuelle et ses conséquences sont venues bousculer un peu ce raisonnement qui ronronne depuis des années.
“1- Plus on a un haut niveau de diplôme mieux on accède à l’emploi.”
Cette année, l’augmentation du chômage touche d’abord les jeunes “en général” et cette fois ci, elle touche “en particulier” les diplômés du supérieur plus que les autres. (Il faut noté que le chômage des non diplômés reste encore supérieur aux autres mais que les tendances s’inversent)
“2- Le problème du chômage des jeunes c’est principalement celui des non diplômés.”
D’ores et déjà avec la tendance, du point de vue statistique, qui s’inverse, on ne peut plus analyser le chômage des jeunes uniquement au regard des qualifications et l’affirmation “le diplôme meilleur rempart contre le chômage” même statistiquement n’est plus exacte.
“3- Il faut donc mettre principalement en place des mesures spécifiques en direction des moins diplômés”
C’est toujours nécessaire mais insuffisant. Quelle crédibilité a un système de formation dont les plus diplômés (après 5, 8 ans d’études) ne sont pas assurés de trouver une place dans le monde du travail ? Il faut tenir les deux bouts, être à la fois intolérant à l’exclusion et soutenir l’excellence. Avec ce changement de paradigme en cours il faudra agir avec des approches nouvelles.
En matière d’emploi des jeunes la question des qualifications n’est plus la seule donnée à prendre en compte, il semble que nous sommes dans une situation qui tient plus d’une question générationnelle, de la place des jeunes dans l’emploi et plus largement dans la société.
A suivre…
Chasseurs de primes ?
Petite polémique qui date un peu mais qui vaut quand même le coup qu’on s’y arrête.
Un peu tôt pour pour faire le bilan de l’action de Martin Hirsch sur la jeunesse, mais on peut déjà lui reconnaître de ne pas avoir laissé passer certaines déclarations qui renvoient à quelques poncifs bien connus sur la représentation de la jeunesse.
Une image caricaturale des jeunes c’est pas nouveau, mais j’avoue avoir été choquée qu’en 2009, en plein début de crise économique, au détour d’une phrase bien choisie de Laurence Parisot, on recolle aux jeunes de notre pays une image d’assistés qui ne voudraient pas travailler.
Bien sûr Laurence Parisot n’a pas fait d’affirmation en la matière. A propos de la prime de 500 euros pour les salariés ayant travaillé deux à quatre mois, adoptée lors du sommet social (le cas de nombreux jeunes qui débutent dans la vie active), elle a “juste” dit “On donne le sentiment de traiter les jeunes comme des chasseurs de primes ».
Permettre à ceux qui n’ont pas encore cotisé suffisamment pour avoir droit aux indemnisations chômage, de ne pas se retrouver « sans rien » après quelques mois de travail, alors qu’ils commencent leur vie professionnelle et ce dans un contexte économique des plus difficiles, est sur le principe une nécessité.
Une nécessité que les jeunes aient dans notre pays les armes, les coups de pouces pour franchir ces obstacles. Les obstacles que l’on trouve sur son chemin pour entrer dans la vie active quelle que soit sa volonté et sa motivation. Les voies royales, sans obstacles ni accrocs n’existent que pour une toute petite petite élite. Il est temps qu’à la situation de la majorité d’entre nous, à nos besoins et nos attentes de mieux en mieux connus, notre pays apporte des réponses. En particulier dans l’accès à l’emploi, donc à l’autonomie.
Vu de là ou je suis, quel décalage que de penser que ce qu’attendent les jeunes c’est de travailler précisément entre 2 et 4 mois pour pouvoir « toucher la prime »… Je n’aimerais pas être à la place de responsables politiques ou sociaux qui penseraient sincèrement que l’ambition des jeunes de notre pays se limite à courir après « les primes », les unes après les autres, sans autre rêve.
Mais j’entends déjà les discours bien connus… oui c’est vrai les abus existent et les esprits profiteurs aussi. Mais est-ce une raison pour renforcer ces stigmates sur la majorité des jeunes à coup de poncifs qui étouffent les jeunes générations !
J’ai envie de leur dire de se laisser aller à un peu d’optimisme. Il ne faut pas réinventer la réalité pour cela mais juste regarder autour de soi, la partie pleine du verre, arrêter de se crisper sur ses a priori, s’ouvrir aux réalités nouvelles qui se dessinent.
Ouvrir les yeux et prendre conscience que ce qu’attendent les jeunes, c’est de trouver un emploi et plus largement d’avoir un parcours professionnel dans lequel s’épanouir, progresser, utiliser et développer leurs compétences. Bien sûr d’avoir de quoi vivre et d’être reconnu à leur juste valeur, c’est bien normal. D’avoir plus de prise sur leur avenir notamment professionnel et d’être pour cela actifs, inventifs, persévérants.
Alors oui, Martin Hirsch a raison les jeunes sont bien plus aujourd’hui des “chasseurs d’emploi” que des “chasseurs de primes”. Mieux vaut d’ailleurs, de nos jours être chasseurs que proie … et pour que la chasse soit bonne, LA MANU est une arme à saisir
!
mots-clés : autonomie, avenir, emploi, génération, jeunesse, travail
Who’s “Y” ?
Il parait qu’elle est Y cette nouvelle génération. Faut bien conceptualiser. 20% de la population, 13 millions de personnes. Je ne sais pas trop quand ça commence ni quand ça fini en vrai (sur le papier c’est entre 1976 et 1994). Ce qui est sûr c’est qu’on le sent dans les rencontres, les discussions, les actions, il y a un état d’esprit nouveau qui monte, qui vient des nouvelles générations…
Rencontres.
Siham a travaillé dans une grosse boîte de com après la fac. Mission passionnante, mais manque d’autonomie, décisions trop lentes, motivation dure à conserver. Aujourd’hui elle freelance en com pour de jeunes entreprises innovantes. Elle est co-fondatrice de l’une d’entre elles.
Pauline a fait une pause de deux ans dans son parcours universitaire de droit pour s’engager dans une ONG. Elle reprend ses études à Dauphine avec un projet beaucoup plus clair en tête, un projet d’avenir, un projet professionnel. Elle veut que chaque étape de sa vie professionnelle soit un tremplin pour celle d’après.
Julien a bossé en même temps que ses études depuis sa première année d’info à la fac. Il a fait un peu de tout et histoire d’appliquer ses connaissances, il est devenu freelance dans sa branche. Il a rencontré Jérémie : plus de nuits passées sur l’ordi que dans les révisions. Ils ont monté leur propre projet, une boîte puis une deuxième. Ils aiment cette liberté, cette responsabilité, l’intensité de l’implication dans leur quotidien.
Jade est angoissée. Après une première année de bio à la fac elle a fini par faire son choix : la socio. Ça faisait longtemps qu’elle n’avait pas eu autant envie de se plonger dans des études, ni autant d’angoisses. La phrase résonne dans sa tête « y a pas de débouchés ». « Mais alors qu’est-ce qu’ils deviennent tous ces étudiants ? Sont-ils tous au chômage ?». Elle veut bosser c’est sûr, un boulot qui ai du sens, qui lui corresponde.
Say bosse aujourd’hui dans une grande boîte après avoir fait la fac. Bon, il n’est pas au cœur de l’activité productive : mission diversification des profils de recrutement. Mais au fond, il est convaincu. Convaincu que tout ça va dans le même sens, les bonnes compétences, l’ouverture, la diversité : c’est aussi ça qui fait la performance.
Marianne est doctorante et fière d’être universitaire. Elle a écrit sur le wall de « J’ai fait la fac, les employeurs savent pas ce qu’ils ratent » sur facebook « Parce que si tu as compris la « Phénoménologie de l’Esprit » de Hegel, les problématiques des entreprises ne te semblent plus si complexes que ça. »
Avec encore plus d’humour Germain prend le relais « Parce qu’après quatre ans à Jussieu, tu n’as pas de cancer des poumons, tu n’es pas mort dans un accident d’ascenseur, tu as survécu à la bouffe du RU, à la crasse et au délabrement : tu es prêt à développer les ventes de la succursale de Grozny ou de Kandahar. T’es blindé »
Avec une pointe d’aigreur, Benjamin « parce que la valeur n’attend pas le nombre des années et que là bas (Londres) quand tu gères tu est valorisé. »
L’emploi et l’insertion professionnelle constitue la première préoccupation des étudiants : 57% (Baromètre étudiants – février 08 / MES) 62% d’entre eux ont pour premier critère de choix, l’intérêt du travail.
70% des jeunes français affirment qu’une belle vie, c’est avant tout d’avoir un travail passionnant. (Anna Stellinger FIP 08)
Selon Benjamin Chaminade, co-fondateur de Inside RH : « Ils n’ont pas l’intention de travailler comme nous : la fin du respect des anciens, la fin des managers, la fin des carrières, la fin des réunions, le fin des questions, la fin des formations en salle et du management global… »
C’est sûr il s’agit d’un formidable potentiel pour tous ceux qui voient d’un bon œil le changement, les reconfigurations. C’est un défi aussi car il faut construire sur ces bases de nouvelles façon de vivre ensemble.
C’est peut-être ça, aussi, la “génération Y” ?
mots-clés : avenir, changement, création, génération, travail, vie









