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LA MANU, fin d’expérimentation

Ca y est, je me décide enfin à reprendre la plume pour parler de ce qui m’anime depuis la rentrée (3 mois déjà…) Il y a comme ça des moments dans la vie où on a tellement de choses à dire qu’on ne sait pas par où commencer. Et dans ce cas rien ne remplace la digestion mentale des événements qui surviennent. Un seul billet ne suffira pas à tout dire alors commençons par les faits…

LA MANU, cette belle aventure lancée il y a trois ans, a cessé son activité à la rentrée.

Alors que cette démarche originale en pleine dynamique était plébiscitée par les étudiants qui y participaient, soutenue par des entreprises de plus en plus nombreuses, en partenariats avec de multiples réseaux et associations, le ministère de l’Emploi a décidé au coeur de l’été, de revenir sur ses engagements de financements pour 2011. En bref de supprimer totalement ses financements à 4 mois de la fin de l’année. Le modèle économique, complexe à trouver pour l’entrepreneuriat social, avait beaucoup évolué en trois ans pour passer de 70% de financements d’Etat à 34%, mais cette proportion restait encore (trop) significative pour ne pas être décisive.

Sur l’attitude de l’Etat il y aurait beaucoup à dire. Incapacité d’engagement car l’évaluation à laquelle nous avions été soumis faisait ressortir des résultats très positifs en matière d’employabilité des jeunes y participant. Manque de vision car pour une fois les jeunes n’étaient pas seulement “bénéficiaires d’un dispositif” mais pleinement acteurs de la préparation de leur vie professionnelle, ce qui permettait aux entreprises de les découvrir sous l’angle de leur potentiel. Projection budgétaire à court terme quand on sait que le coût par étudiant pour l’Etat était jusqu’à 100 fois mon cher que des dispositifs “curatifs” qui sont déployés une fois que les jeunes se retrouvent effectivement en difficultés d’emploi. Je pourrais continuer longtemps (et d’ailleurs j’y reviendrai) mais cela ne changera pas les faits. Ce retrait brutal des finances d’Etat en plein mois de juillet ne permettait plus de conduire les activités prévues de septembre à décembre, donc de rentrer les recettes privées liées à ces activités. Plus de recettes du jour au lendemain = cessation de l’activité.

L’annonce a été brutale pour tout le monde. Les équipes qui déployaient leurs énergies pour faire vivre l’activité, les porteurs de projets étudiants, les responsables d’entreprises qui se battaient depuis 3 ans pour agir concrètement sur l’ouverture de leur recrutement aux universitaires… Mais la brutalité fait partie de la vie, et surtout il ne restera pas rien de cette expérimentation, loin de là !

Cette expérience unique fondée sur la vitalité des étudiants et leur capacité à prendre leur vie professionnelle en main, a produit des résultats qui interrogent profondément la façon dont on traite, dans notre pays l’accès des jeunes à la vie active. (Rappelons au passage l’incapacité qu’a la France à résoudre ce fléau depuis 30 ans). Cela ouvre de grandes perspectives de réflexion et d’action pour l’avenir et c’est fondamental. Cela a aussi donné des idées et des envies d’action à bon nombre de ceux qui ont été de la partie, et qui poursuivront l’histoire à leur façon, car sur ces enjeux essentiels beaucoup reste à faire.

Pour ma part, cette expérience a été d’une richesse incroyable et je reste passionnée par ces sujets qui ne manqueront pas de trouver une place dans mes activités futures.

Je termine ce billet avec deux petites vidéos qui témoignent d’une aventure qui a réussi à allier avec force des dimensions humaines et philosophiques et une action percutante.

Un clip-reportage autour de jeunes porteurs de projets à LA MANU, réalisation par Donoma Guerilla production (un grand merci à Djinn Carrenard et Salome Blechmans qui croquent visages et paroles avec talent)



Entrepreneurs de leur vie professionnelle - LA… par -LA-MANU-

Une vidéo sur le dernier concours de MANUMarketing des diplômes, réalisation Pierre Guenoun qui entre autre réalise aussi des clips comme celui-là



Finale 2011 du concours de MANUmarketing des… par -LA-MANU-

Et aussi une centaine de vidéos sur l’espace LA MANU de dailymotion et de YouTube

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Posté par : Julie

7 décembre 2011 à 6:26

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Empowerment à la française

La semaine dernière lors d’un échange, des coachs professionnels m’expliquaient que leur posture n’était ni de former, ni de conseiller, mais de renforcer le pouvoir de chacun à trouver les réponses en lien avec ses enjeux professionnels. Autrement dit,  permettre à la personne d’identifier les leviers et les ressources qu’elle peut activer par elle-même.

Une approche qui reste à développer chez les politiques qui bien souvent se mettent à dresser la liste des problèmes que rencontre tel ou tel public pour annoncer ce que l’Etat compte “faire pour eux”, sans évoquer leurs atouts et leurs forces.

Une philosophie qui est au cœur de ce que nous faisons à LA MANU : permettre aux étudiants de prendre des initiatives pour développer leur personnalité professionnelle, pour explorer le monde économique et de l’entreprise, se confronter à leurs réalités et en tirer des enseignements.

Développer les capacités à faire ses propres choix, s’approprier le pouvoir d’agir sur son destin, entreprendre sa vie.

Cette approche me parait tellement pertinente que je me demande comment pendant tant d’années on a pu concevoir l’orientation comme un processus au mieux proposé par un tiers “vous devriez faire ceci ou faire cela” ou au pire imposé “nous vous orientons dans telle ou telle section”. Les choix d’orientation -bien sûr éclairés au maximum- ne peuvent être que l’affaire de la personne concernée si l’objectif est que la personne prenne en main son avenir professionnel.

D’ailleurs dans de nombreux pays d’Europe, les services équivalant à Pôle Emploi visent plutôt à renforcer les capacités des personnes à naviguer sur le marché de l’emploi et à retrouver une activité professionnelle qu’à trouver des postes aux chômeurs ou des candidats aux entreprises.

Cette approche qui permet aux individus de développer un maximum capacités pour faire par eux-même, de mieux maîtriser leur destin et donc d’accroître leur autonomie, n’est pas encore très présente dans notre culture. Le concept est d’ailleurs anglais : EMPOWERMENT. N’est-il pas temps d’en adopter une traduction française dans les mots et dans les actes.

Et pour vous c’est quoi la traduction française d’EMPOWERMENT ?


Petit passage sur l’empowerment dans ce débat préparatoire aux négociations sociales sur l’emploi des jeunes…

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Posté par : Julie

19 avril 2011 à 3:12

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Tout est foutu !?…

A écouter les médias, on voit les nuages noirs se rapprocher et masquer derrière eux toute possibilité d’une vision positive de l’avenir. Les vendeurs de malaise au kilo et de catastrophes reprennent du poil de la bête. Il faut s’arrêter, s’inquiéter, avoir peur. Une crise sans précédent, un effondrement total, du jamais vu, on tire les alarmes… tous aux abris ! Ils déballent tout ça, pointent les risques souvent réels et laissent les gens là, avec les problèmes soulevés et les catastrophes à venir, sur les bras.

La question n’est pas de savoir si la crise est réelle ou pas. La crise financière et ses conséquences sont ou seront bientôt là. L’impact va se prolonger dans des dimensions bien plus réelles pour nous que les sphères financières. Il serait absurde de le nier. Mais cela laisse entière la question vitale de l’attitude à adopter face à une telle situation.

La tentation est grande dans les moments de doute, quand les repères sont à ce point mis en questions. La tentation du chaos, du relâchement, de la résignation, du laisser aller, la tendance au délitement, au désarroi.

Alors quoi ? Il n’y aurait rien d’autre à faire que de subir, en commentant ce qui nous arrive ? Rien, ni individuellement, ni collectivement ? Il n’y aurait rien à inventer pour faire face à cette nouvelle donne ? Nous serions les “derniers des hommes” ?

C’est cette drôle d’impression que j’ai à lire, à écouter certaines informations, certains point de vue. A commencer par cette dépêche de l’AEF qui donnait cette information “recruteurs et étudiants pessimistes face à la crise économique” avec les résultats d’un sondage Ifop. L’entrée en scène du pessimiste. La montée du chômage est un fait mais ce n’est pas la seule.

“Les problèmes ? C’est la crise qui est responsable”. C’est aussi l’occasion pour tous ceux qui veulent s’exonérer de leurs propores responsabilités de donner une mauvaise nouvelle qui passera inaperçue dans l’ambiance générale.

C’est tout simplement invivable que de subir un avenir à tous les coups morose et catastrophique. Le propre de l’avenir, c’est qu’il n’est pas encore écrit et que tout reste à faire pour qu’il devienne ce que nous aimerions qu’il soit.

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Posté par : Julie

21 novembre 2008 à 8:47

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