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Empowerment à la française
La semaine dernière lors d’un échange, des coachs professionnels m’expliquaient que leur posture n’était ni de former, ni de conseiller, mais de renforcer le pouvoir de chacun à trouver les réponses en lien avec ses enjeux professionnels. Autrement dit, permettre à la personne d’identifier les leviers et les ressources qu’elle peut activer par elle-même.
Une approche qui reste à développer chez les politiques qui bien souvent se mettent à dresser la liste des problèmes que rencontre tel ou tel public pour annoncer ce que l’Etat compte “faire pour eux”, sans évoquer leurs atouts et leurs forces.
Une philosophie qui est au cœur de ce que nous faisons à LA MANU : permettre aux étudiants de prendre des initiatives pour développer leur personnalité professionnelle, pour explorer le monde économique et de l’entreprise, se confronter à leurs réalités et en tirer des enseignements.
Développer les capacités à faire ses propres choix, s’approprier le pouvoir d’agir sur son destin, entreprendre sa vie.
Cette approche me parait tellement pertinente que je me demande comment pendant tant d’années on a pu concevoir l’orientation comme un processus au mieux proposé par un tiers “vous devriez faire ceci ou faire cela” ou au pire imposé “nous vous orientons dans telle ou telle section”. Les choix d’orientation -bien sûr éclairés au maximum- ne peuvent être que l’affaire de la personne concernée si l’objectif est que la personne prenne en main son avenir professionnel.
D’ailleurs dans de nombreux pays d’Europe, les services équivalant à Pôle Emploi visent plutôt à renforcer les capacités des personnes à naviguer sur le marché de l’emploi et à retrouver une activité professionnelle qu’à trouver des postes aux chômeurs ou des candidats aux entreprises.
Cette approche qui permet aux individus de développer un maximum capacités pour faire par eux-même, de mieux maîtriser leur destin et donc d’accroître leur autonomie, n’est pas encore très présente dans notre culture. Le concept est d’ailleurs anglais : EMPOWERMENT. N’est-il pas temps d’en adopter une traduction française dans les mots et dans les actes.
Et pour vous c’est quoi la traduction française d’EMPOWERMENT ?
Petit passage sur l’empowerment dans ce débat préparatoire aux négociations sociales sur l’emploi des jeunes…
mots-clés : capacités, choix, entreprendre, LA MANU, perspectives, responsabilité, travail
Avenir professionnel en débat - 1/ La socio
Plus ça va plus j’en suis convaincue. Face aux angoisses et aux inquiétudes liées à l’avenir, rien de tel que de confronter les points de vue, les regards, les expériences.
Etudiants en socio inquiets. Normal à force d’entendre que la filière est “non rentable, “qu’il n’y a pas de débouchés” et en plus c’est la crise… de quoi se demander ce qu’on va devenir. C’est le cas de Jade et de ces étudiants en premières année de socio.
Pourtant les ouvertures existent et les perspectives professionnelles aussi, mais plutôt que de leur faire un grand discours je leur ai proposé de venir rencontrer ici, Jean diplômé d’un Master2 de socio à Toulouse 2 et Lucie Caubel, responsable développement de l’Association Nationale des DRH pour avoir aussi le point de vue de l’entreprise.
Ils se retrouveront donc ici à 21h ce soir pour un petit chat / débat sur l’avenir professionnel avec un zoom sur les étudiants de socio.
Bien sûr ouvert à tous !
A tout à l’heure.
——————————————–21h———————
C’est parti !
———————————————22h ——————–
Wouaw. C’était énergique ! Expérimental aussi. D’ailleurs pas moyen de récupérer l’intégralité du texte sur addon chat (si quelqu’un a sauvegardé je suis preneuse
) Petits extraits de la fin..;
Les invités d’abord. Jade, questions réfléchies, envie de comprendre : “est-ce que les entreprises ont peur des étudiants de socio ?”, “pourquoi même les troisième années disent qu’il n’y a pas de débouchés ?”.
Jean qui témoignait de son expérience : “C’est pas qu’il n’y a pas de débouchés, c’est qu’ils ne sont pas évidents, il faut les construire et, en première année, on ne les connait pas encore”, “moi, l’année dernière, j’ai proposé au syndicat des restaurateurs de faire une enquête socio sur l’impact de l’interdiction de fumer dans les restaurants sur la clientèle et je l’ai proposée en tant que stage dans mon UFR.”
Lucie Caubel partagée entre son envie de répondre aux discours de Frantz et de Marlène venus amener un peu de leur pessimisme à la discussion
Frantz : “j’ai même pas pu parler de la décroissance” et Marlène: “pourquoi débattre de tout ça alors qu’il y a les CIO ?” et Lucie tentant de les convaincre de ne pas rester enfermer dans leur bulle.
A Jean, Thibaut, Jade, Po, Marianne, elle conseillait de multiplier les expériences, de se confronter, en tant que sociologues à des réalités diverses, d’être “curieux”, “ouverts”, “les compétences des sociologues ont de la valeur”. Thibaut : “moi j’ai envie d’aller voir, d’observer, d’analyser y compris au coeur de l’entreprise… et je crois pas que je sois taré !” Po : “les étudiants ont envie de se servir de leurs connaissances pour changer le monde.”
Un peu court et dense de l’avis de tous et Jade de conclure “Merci à tous, ça fait du bien d’entendre des choses positives pour une fois”.
Bon, pour la prochaine j’essaye de trouver comment sauver la conversation
A suivre …
mots-clés : avenir, expérience, ouverture, perspectives, ressources humaines, sciences humaines, talents
Je suis poursuivie…
J’avoue que j’ai vraiment été interpellée par cette pub qu’on peut voir un peu partout. Au-delà du concept de com, que je trouve excellent, elle a surtout fait trotter une question dans ma tête. Les jeunes talents seraient-ils désormais poursuivis ?
Le chômage structurel, face auquel « on aurait tout essayé », a longtemps fait partie du paysage comme une donnée incontournable pour ma génération. Ainsi la question de l’insertion professionnelle, « rentrer » dans le monde du travail, était plutôt considérée comme une façon d’échapper au chômage. Pour les jeunes diplômés, en particulier des universités, il fallait pour cela faire face à un véritable parcours du combattant.
C’est pourtant un nouveau contexte qui est en train de se mettre en place avec les conséquences du choc démographique. Les départs massifs en retraites des « papy boomers » commencent à avoir des conséquences dans tous les secteurs de l’économie française. Les entreprises vont être confrontées à un défi majeur pour leur pérennité et leur devenir : assurer dans de bonnes conditions les recrutements qui sont nécessaires pour compenser les départs.
Ces besoins ne concernent pas seulement les grands groupes ou les entreprises de grande taille. Ces questions se posent aussi pour les petites entreprises. 700 000 chefs d’entreprises vont par exemple prendre leur retraite dans les dix années à venir. Trouver un repreneur, préparer et assurer la transmission des entreprises concernées aura des conséquences sur plusieurs centaines de milliers d’emploi de ces TPE-PME.
Même si nous n’en avons pas encore pleinement conscience, les entreprises se préparent à se livrer une véritable « guerre des talents » pour attirer les compétences nécessaires. Cette situation va produire sur le marché de l’emploi un véritable appel d’air.
C’est déjà ce que nous montrent les résultats qui viennent de sortir en fin de semaine de l’enquête annuelle de l’APEC sur l’insertion des jeunes diplômés. En 2007, diminution du temps moyen pour trouver un premier emploi, meilleures conditions de rémunération, augmentation de la proportion de CDI. « 70 % des jeunes diplômés des filières universitaires sont en poste moins d’un an après l’obtention de leur diplôme ».
Cette note d’optimisme liée à la conjoncture démographique, n’est pas une façon pour moi de baisser les armes en comptant sur la main invisible du marché de l’emploi pour faire le reste.
Cette évolution du rapport de forces entre jeunes diplômés et recruteurs constitue néanmoins une opportunité à saisir. Ce nouveau paradigme est synonyme de nouveaux défis à relever :
- Pour les entreprises qui vont devoir être attractives et faire évoluer leur façon de « gérer les ressources humaines ».
- Pour les jeunes diplômés, pour qui la question ne sera plus seulement « d’entrer » dans un monde travail qui sera de plus en plus mobile, mais d’y faire sa route, son chemin, d’étape en étape et de faire de son premier emploi un véritable tremplin pour la suite !
Vous l’avez compris, c’est à trouver des façons nouvelles de relever ces défis que je travaille en ce moment, pour que chacun d’entre nous avec sa formation, son profil, ses talents, fasse partie de ces fameux « poursuivis » !
mots-clés : avenir, compétence, engagement, étudiant, jeunes diplômés, perspectives, retraites, savoir, talents, travail, université



