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1989, 20 ans après

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Chronique du 20 juillet

J’ai récemment reçu par Facebook une invitation à participer au Forum de Libération qui aura lieu à Lyon fin septembre sur le thème « 20 ans après la chute du mur ».

Cette proposition m’a ramenée 20 ans en arrière, à ces jours de novembre 1989. Je me rappelle de ces images qui passaient en direct à la télé : la foule massée devant le mur, ceux qui étaient grimpés dessus. Tous ces gens qui riaient, pleuraient, s’embrassaient, se prenaient dans les bras. Aussi ces images de Berlinois qui se démantelaient le mur à la main, des embouteillages monstres et des foules qui se pressaient pour passer de l’autre côté du mur.

J’ai aussi le souvenir de l’émotion très forte des adultes autour de moi. On m’expliquait que c’était l’évènement le plus important de l’histoire récente, que désormais le monde ne serait plus comme avant. J’avais 10 ans. Je ressentais fortement l’importance de ce qui se passait sous mes yeux. Mais, je ne comprenais pas tout.

D’abord, pourquoi avait-on empêché tous ces gens de pouvoir se déplacer ? Pourquoi ils n’avaient pas le droit d’être en contact avec les autres ? Comment le monde avait pu laisser faire ça ?

Il m’a fallu encore de longues années pour prendre conscience de ce que signifiait vraiment cet évènement. L’Europe de liberté, prospère et démocratique, dans laquelle j’étais née n’était qu’une partie d’elle-même. J’avais une idée de la seconde guerre mondiale, de la lutte contre le nazisme et de la Libération.

Mais je mesurais mal à quel point pour d’autres peuples d’Europe, la fin de cette guerre avait remplacé un totalitarisme par un autre. J’ai compris petit à petit qu’un pays en entier pouvait être transformé en prison, avec tout autour des barbelés, des miradors et des hommes en arme. Je découvrais des choses que j’avais du mal à croire. Ce mur, s’étendait à travers toute l’Europe. Il avait été érigé en 1961 pour empêcher la fuite par millier des habitants de ces pays. Plusieurs centaines de personnes avaient perdu la vie en tentant de franchir ce rideau de fer. Et j’ai appris que la dernière victime de ce système était tombée au début de l’année 89, à quelques mois de la chute du mur…

Il m’a fallu découvrir que plusieurs murs parcouraient l’Europe et que certains ont perduré au-delà de 1989. Les Pays Baltes et l’Ukraine ont du attendre le début des années 90 puis 2005 pour réussir à s’en libérer à leur tour.

Ces journées de novembre 1989 m’ont donnée le besoin de comprendre notre histoire. Celle des conflits qui ont brisé l’Europe, mais aussi l’histoire de ce qui l’a finalement délivrée.

Je me pose encore pas mal de questions. En particulier sur ce qui a permis ce basculement de 1989. Pourquoi et comment, en quelques jours tout le système totalitaire qui semblait si solidement tenu s’est effondré sous nos yeux ? Pourquoi la veille encore, certains assuraient que de leur vivant ils n’assisteraient pas la fin du rideau de fer ?

Pour nous 1989, c’est avant tout la chute du mur.
Mais ailleurs ? En Pologne ou dans les Pays baltes, dans la Tchécoslovaquie, comment a-t-on vécu cette date fondatrice de l’histoire contemporaine ?

La commission européenne a d’ailleurs récemment provoqué la colère de la Pologne en diffusant une vidéo intitulée “1989-2009: 20 ans de liberté”. Leur courrier de protestation parle d’une « simplification injuste ». Les Polonais regrettent en fait que trop d’importance soit donnée aux images de la chute du Mur, et pas suffisamment aux événements qui les avaient précédés : les soulèvements de Budapest en 1956, Prague en 1968, ainsi que la mobilisation des chantiers de Gdansk en 1980, avec le syndicat Solidarnosc.

Encore une fois, les Européens ont une mémoire différente d’un événement central de leur histoire. L’année 2009 est une année du souvenir. J’espère qu’elle sera une année de tous les souvenirs. Qu’elle sera l’occasion d’avancer dans la construction d’une histoire européenne et d’une mémoire continentale dans laquelle tous les Européens peuvent se retrouver.

C’est à mes yeux très important, parce que 1989, cette année charnière, est autant une fin qu’un commencement.

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Posté par : Julie

21 juillet 2009 à 2:30

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Agorabox, la 1ère Jeunes Entreprises Universitaires

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chronique du 6 juillet 09

C’est une première… la création de la première Jeune Entreprise Universitaire. Il s’agit de l’entreprise Agorabox et de sa jeune équipe d’anciens étudiants d’université. Agorabox fabrique des bureaux d’ordinateur mobiles sous forme de clé USB, pour l’instant destinés aux étudiants. En gros toutes vos applications, vos fichiers sont sur cette clé, et vous pouvez donc les emmener partout et les utiliser de n’importe quel ordinateur. Dès que vous branchez la clé c’est votre ordinateur qui apparait ! (petite précision si vous perdez la clé vous ne perdez pas pour autant l’ensemble de vos données).

Agorabox est donc la première Jeune Entreprise Universitaire. Ce nouveau statut issu de la loi de finance 2008 a pour but de faciliter la création d’entreprise innovantes par des étudiants, jeunes diplômés, doctorant ou enseignants d’université. Il permet aux universités et aux entrepreneurs qui en viennent de mettre en commun leurs forces, leurs moyens, leur capacité à innover. C’est pourquoi l’université Pierre et Marie Curie soutient le développement de cette jeune entreprise universitaire qui déploie de nouvelles technologies. Son soutien va d’ailleurs jusqu’à une prise de participation dans le capital d’Agorabox.

Cette initiative pionnière, je la trouve importante. D’abord parce qu’elle permet à de jeunes talents d’entreprendre et de créer de nouveaux produits. Je trouve aussi que voir une université entrer dans l’entreprise, jusque dans son capital, c’est un retournement majeur dans les relations universités / entreprises.

Le débat public sur cette question s’est trop longtemps focalisé sur la nécessité ou les risques de l’entrée de l’entreprise dans l’université. Cette entrée est aujourd’hui bien réelle. Les formations universitaires professionnalisantes se développement, tout comme les formations supérieures en alternance et en apprentissage, les entreprises participent désormais à leurs instances de décision. Pour certains, ces évolutions sont vécue comme une véritable intrusion et une dénaturation de l’université. Alors qu’on y soit favorable ou opposé, ça discute fermement sur les conditions, les limites voire les interdits à poser à l’entrée de l’entreprise dans l’université. Mais dans les deux cas, je trouve qu’on débat finalement peu de l’autre versant du lien université entreprise, c’est-à-dire l’entrée de l’université dans l’entreprise et des conséquences que cela peut avoir.

Pourtant, cela fait déjà bien longtemps que l’université est entrée dans les entreprises. Les jeunes qui s’y forment sont nombreux à y travailler ensuite. Ce mouvement va d’ailleurs s’accélérer pour remplacer les départs massifs à la retraite qui s’annoncent. Et ces recrutements important ne manqueront pas d’avoir des effets sur les entreprises. De fait, l’université irrigue déjà l’ensemble du monde professionnel par les débouchés qu’elle prépare. Les centaines de milliers de jeunes formés à l’université qui entrent chaque année dans les entreprises ne perdent pas pour autant leur caractère d’universitaires et avec eux c’est l’université qui entre dans l’entreprise.

C’est un fait encore insuffisamment pris en compte par les universités elles-mêmes. Il est souvent absent des débats sur les liens à construire entre l’université et l’entreprise. D’ailleurs les universités n’ont pas de connaissance d’ensemble de ce deviennent leurs étudiants. Elles n’ont pas non plus de réseaux organisés d’anciens étudiants. C’est comme si une partie de sa réalité était occultée. Beaucoup d’universités font aujourd’hui de gros efforts pour avancer, pour organiser et pour valoriser ce formidable potentiel. Pour le faire elles n’hésitent d’ailleurs pas à s’ouvrir aux actions d’autres acteurs qui fabriquent le lien étudiant-entreprise. Cet investissement est la meilleure façon pour elles d’échapper aux attitudes défensives ou subies dans leurs rapports aux entreprises.

La démarche commune d’Agorabox et de l’Université Pierre et Marie Curie est un beau symbole. Notamment pour tous ceux qui travaillent au rapprochement de ces deux mondes et qui franchement se sentent parfois à l’étroit dans les débats du type pour ou contre l’entrée de l’entreprise dans l’université. A n’en pas douter, la voie qu’ils ouvrent ensemble est porteuse d’avenir.

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Posté par : Julie

6 juillet 2009 à 12:39

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“Basij stop killing your own people ! The people is Iran, not the regime !”

(via Twitter #IranElection)

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Posté par : Julie

19 juin 2009 à 4:31

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Iran, l’espoir démocratique

élections en Iran

"Elections" 2009 en Iran

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France Culture le 15 juin 2009

Ali Badou : Drôle de thème au vue des résultats qui ont été annoncés samedi !

C’est vrai, 48 heures après les résultats de l’élection Iranienne. Mahmoud Ahmadinejad réélu au premier tour. On peut se demander s’il y a toujours un espoir démocratique pour l’Iran. C’est un vrai choc, ces 62% surtout que ça fait suite aux espoirs de changement qui se sont manifestés dans les rues en Iran ces derniers jours. En même temps on a été un peu naïfs de finir par croire qu’il allait vraiment y avoir des élections démocratiques en Iran. Il faut rappeler que les candidats aux élections présidentielles sont choisis par les Gardiens de la Révolution, que ce sont eux qui tiennent les Bureaux de vote et qui s’occupent du dépouillement… Et si on en doutait encore hier, la preuve est faite aujourd’hui, qu’on ne peut pas fonder le moindre espoir, dans des élections organisées par ce régime.

Ali Badou : Oui mais Mahmoud Ahmadinejad vient d’être réélu, alors plus d’espoir ?

Justement, je me demande si cette élection va vraiment mettre fin à cette envie de changement. Avant ce résultat quand j’ai vu les foules prendre possession des rues, chanter des chants patriotiques, … j’ai senti de la vie, du désir dans le cœur des iraniens. Et ça, c’est pas juste une poussée de fièvre, c’est un mouvement de fond qui anime la société civile iranienne.

L’Iran ce n’est pas qu’un régime et les problèmes qu’il pose au monde, c’est aussi 70 millions d’habitants, dont la moitié qui a moins de trente ans. Et il existe aussi une opposition à caractère social dont on ne parle pas ou très peu. On la trouve dans la classe intellectuelle : parmi les instituteurs, les professeurs, les écrivains, les journalistes. C’est clair que la plupart de leurs écrits sont censurés, certains sont emprisonnés, torturés, condamnés à l’exil. Mais tout ça n’empêche pas ce mouvement de continuer à vivre. Il se développe aujourd’hui de façon plus souterraine notamment grâce aux nouvelles technologies. Les Blogs par exemple ont remplacés les journaux parce qu’ils sont plus difficiles à censurer.

Je pense aussi aux étudiants, au mouvement étudiant, à Akbar Atri qui a été le leader du mouvement de 2006 pour les droits de l’homme et la démocratique. Les étudiants à cette occasion ont été très durement réprimés par le régime, mais ils continuent à mener leur combat dans les universités.

Je pense aussi aux syndicalistes, à Mansour Ansaloo, qui a organisé la grève dans les transports à Téhéran et aussi à tous ceux qui portent la parole des ouvriers iraniens. Je pense bien sûr aux femmes.

Ali Badou : Elles ont quand même été des soutiens importants de la révolution Islamique de 1979…

Oui c’est vrai mais depuis elles ont vu leur situation se dégrader dans tous les domaines. C’est aussi tous ces combats qui se sont exprimé avant l’élection dans les rues des grandes villes. C’est un espoir qui a été déçu parce qu’il n’a pas débouché politiquement. Mais dans le même temps toutes ces forces n’ont pas disparu avec l’élection. Et la question qui se pose aujourd’hui c’est comment tout ça va s’inscrire dans la durée, comment continuer à résister ? Et ça nous interroge nous-mêmes, sur nos propres responsabilités, sur les liens qu’on a à créer avec cette opposition sociale iranienne.

D’autant qu’aujourd’hui le temps est compté si on ne veut pas en rester à une seule alternative : la voie des négociations avec ce régime ou la guerre, sachant que les deux renforceront le régime en place, en oubliant complètement le peuple iranien.

Nous avons su dans le passé faire vivre cette solidarité internationale, et dans des contextes internationaux tout aussi complexes. Nous avons su créer des liens et soutenir les mouvements sociaux dans les pays de l’est. Ils ont fini par reprendre leur destin en main et face à des régimes tout aussi autoritaires.

Alors la seule question que j’ai envie de poser c’est « qu’est ce qu’on attend pour tenter à nouveau cette voie, cette fois avec la société civile iranienne ? »

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Posté par : Julie

15 juin 2009 à 5:09

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Se faire confiance…ou pas

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Cette semaine, au risque de récidiver, je vais vous parler de confiance en cette période de crise. La question de la confiance est sur toutes les lèvres. La perte de confiance serait en train d’aggraver la crise. Le retour de la confiance serait un levier pour en sortir. Avec la question centrale : comment redonner confiance aux français… Je vous conseille d’ailleurs dans cette veine le livre d’Hervé Serieyx, “confiance mode d’emploi“, auteur de dizaines d’ouvrages sur le management, il explore cette fois un peu plus profondément cette notion de confiance. Vous connaissez d’ailleurs la définition du dictionnaire ?  La confiance serait une foi laïque et psychologique. Toujours intéressant à savoir.

Mais pour revenir à l’actualité, ces dernières semaines, plusieurs études ont donné un éclairage un peu particulier à tout ça en abordant la question de la confiance sous un angle générationnel. Qui fait confiance aux jeunes ? En quoi les jeunes ont-ils confiance ? Deux données qui ressortent de ces différentes études m’ont particulièrement marquée.

La première est issu de l’étude de l’AFEV dont le thème est la perception des jeunes par la société. Selon l’AFEV 51% des français auraient une image négative des jeunes et ne leur feraient pas confiance. On le sait, la France est très mal placée du fait de la mauvaise situation qu’elle fait à sa jeunesse.. mais creusons un peu. D’après cette étude, une grande majorité de français trouvent les jeunes individualistes, pas tolérants et pas prêts à s’engager. Rien que ça ! Quand on creuse encore un peu plus les résultats de cette études, on se rend compte que la défiance envers les jeunes, n’est pas le fait des plus de 55 ans, mais que ce fossé, cette fracture est entre : la jeunesse et les 25-55 ans. C’est à dire entre la jeunesse et les “insiders”, les établis, les générations actives, celles qui globalement sont en situation d’emploi et de responsabilité. Les générations de ceux qui sont en place et aux manettes dans les entreprises, dans les organisations, dans les institutions. C’est précisément dans ces tranches d’âges que 59% des gens trouvent les jeunes “tout à fait” individualistes” et que 62% les trouvent “pas du tout” tolérants !…

Il faut noter que cette réalité détonne complètement avec le discours officiel des dirigeants de ces structures, qui cherchent “attirer les jeunes”. Vous savez, tous ces discours où ils en appellent aux jeunes pour construire la relève dont ils ont besoin. …Ce type de discours a d’ailleurs bien du mal à passer auprès des jeunes générations.

Et c’est ce que nous montre cette fois la dernière étude de l’Observatoire de la Confiance affilié la Poste. Selon cette enquête dans un monde qui va mal, les jeunes ne font guère confiance aux institutions quelles qu’elles soient pour s’en sortir. Il ne sont pas pour autant résignés ou fatalistes. Mais ce n’est pas là, qu’ils placent leur confiance … Ce en quoi ils placent massivement leur confiance, c’est le relationnel. La famille, les amis, leur réseau. Cette étude nous montre que pour les jeunes générations, la confiance relationnelle a remplacé la confiance institutionnelle. …Et c’est là que le croisement de ces deux enquêtes est intéressant. Ceux qui comptent sur le relationnel pour avancer et s’en sortir dans la vie, sont tout sauf des individualistes. Or c’est pourtant le procès qui est fait aux jeunes par les classes d’âges actives qui sont aux manettes et en responsabilité !

Ca me rappelle ce débat auquel je participais la semaine dernière. Un débat entre DRH précisément sur la confiance. Et pour commencer son propos, le plus jeune intervenant, un recruteur de moins de 30 ans dans une grande entreprise française, a bien résumé la situation, en lançant , ceci, au parterre de DRH : “plutôt que de me demander, comment vous pourriez redonner confiance aux jeunes générations, demandez vous plutôt pourquoi vous ne leur faites pas confiance”.

Photo : Sara de Jesus Bento / Agnès Herrera étudiante en Licence 3 Photographie de l’Université Paris 8 pour l’Observatoire de la Confiance.

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Posté par : Julie

2 juin 2009 à 9:53

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Les droits de l’Homme, la bataille ?

Au cours de cette semaine d’actualité internationale, il faut dire que l’action de Caroline Fourest et de Fiametta Wenner par la diffusion de ce reportage “la bataille des droits de l’Homme” en plein déroulement de “Durban 2″ à Genève était utile et nécessaire.

Nécessaire dans un moment sous tension de remettre de la perspective pour analyser les situations auxquelles nous avons à faire face.

Les réalisatrices, avec l’exigence que l’on leur connait ont montré un processus en marche et organisé pour faire reculer à l’ONU les droits universels de l’Homme. Années après années, exemple après exemple, précision après précisions, ce reportage permettait de comprendre comment la Conférence de l’ONU contre le racisme 2009, (qui n’a lieu qu’une fois tous les huit ans) a constitué une tribune politique, symbolique et mondiale, aux propos haineux du président iranien, Mahmoud Ahmadinedjad. Un comble faut-il le rappeler pour un pays dans lequel le code pénal prévoit, par exemple, la peine mort pour actes homosexuels (pendaison) ou adultère (lapidation).

Dans le débat qui a suivi la diffusion de ce reportage, en s’appuyant notamment sur la riposte américaine au 11 septembre qui était évoquée dans la chronologie (!), un invité défendait qu’ “à chaque fois qu’une démocratie fait la moindre entrave (aux droits de l’Homme) cela sert de prétexte et nourri les obscurantistes”. L’affirmation est juste. Mais cela ne doit pas pour autant, nous amener à accepter d’être attendu au tournant et mis en accusation, par ceux qui mettent tout en œuvre pour maintenir en place leurs propres atteintes, permanentes et instituées aux droits fondamentaux des hommes et des femmes.

Nous devons veiller aux respects et à la défense des droits de l’Homme dans les pays démocratiques, et pas dans le but d’éviter à certains pays de trouver des “prétextes” à leur combat contre l’universalité des droits de l’Homme. Des prétextes ils en cherchent, tout comme des coupables à accuser. Des prétextes ils en trouveront, et s’ils n’en trouvent pas, ils en inventerons. Travestir la réalité, ce n’est pas se qui les arrête pour justifier leurs pratiques et mener bataille contre les défenseur des droits de l’Homme. Le reportage nous montre cet exemple du rapport sur l’état des droits de l’Homme en Chine, présentée par la délégation chinoise, plébiscité “avec les félicitations du jury” après débats et questions du conseil, dans un grand bal de faux semblants. Dans ce conseil, tout semble permis au nom d’une cause suprême : faire reculer les droits de l’Homme sur la planète parce qu’ils font courir un risque structurel à ces pouvoirs autoritaires.

Séquences après séquences, on découvre ahuri, des discours et des décisions prises, toutes plus opposées aux droits de l’Homme les unes que les autres. Et on réalise surout que les pays obscurantistes et autoritaires très organisés entre eux sont tout simplement majoritaires. Ce sont eux qui écrivent les règles : des droits de l’Homme sur mesure qu’il “faut contextualiser”, la critique de la religion considérée comme “incitation à la haine”, l’affirmation “une bonne fois pour toute” par le représentant du Pakistan que “la question du blasphème n’a pas à voir avec la liberté d’expression mais avec l’abus de liberté”…

C’est l’ONU. C’est “un lieu unique” nous dit Caroline Fourest dans le reportage où “les chefs d’Etat se retrouvent face à face avec les ONG”. C’est vrai. C’est important. Mais dire qu’”il s’agit du seul moyen à part la guerre et le chantage” et que , la Chine par exemple “ne serait même pas obligée de faire semblant” sans ce conseil de l’ONU, me semble insuffisant. C’est mieux que rien ? Peut-être. Il ne faut pas l’abandonner ? Sûrement. Mais pour des enjeux aussi cruciaux on ne peut pas en rester là.

Dans le débat qui a suivi le reportage je remercie Daniel Leconte d’avoir insister sur la nécessité d’engager la bataille à mener quand les considérations versaient parfois dans le cynisme ou l’aveuglement. A la question “Faut-il rester ou partir de ce conseil ?”, le représentant de la diplomatie française, répond , “il n’y a pas de bon ou de mauvais choix”, “certains décident de le quitter d’autres (comme la France) d’y rester”. Comment ça ? Il n’y aurait pas de bon ou de “mauvais choix en la matière ? Je pense au contraire qu’il y a des choix à faire et sûrement pas chacun de son côté. N’est-ce pas important de mettre, par exemple, en perspective une position Européenne dans la bataille pour les droits de l’Homme ?(*). Sous la pression mise sur les pays défenseurs des droits de l’Homme, l’heure n’est pas à faire “chacun de son côté”. Il est temps de développer des liens avec ceux qui, sur la planète veulent faire vivre les droits de l’homme universels

Mener la bataille est un impératif vital car le “chemin pris en matière de droits de l’Homme va nettement dans le mauvais sens”.

D’un pays à un autre, chaque Homme est humain. L’humanité est universelle. C’est ce que les droits de l’Homme érige comme règle.

(*) question aussi à tous ceux qui en ces temps de campagne électorale affirment leur attachement à l’émergence d’une Europe politique dans ce monde de géants

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Posté par : Julie

26 avril 2009 à 7:43

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7 bonnes raisons (ou plus) d’être contre le CV anonyme

Comme à beaucoup de gens, je suppose, le CV anonyme, m’a paru au départ être une bonne idée pour lutter contre les discriminations à l’embauche. Mais dès que j’ai commencé à y réfléchir un peu plus, la liste des arguments militant contre, m’a semblé bien longue.

Contrairement au testing, auquel je suis très favorable (qui contrôle et met à jour les pratiques), il me semble que cette piste de CV anonyme qui traîne dans les dossiers de Yazid Sabeg, commissaire à diversité et à l’égalité des chances … serait une très mauvaise chose. Voici les premiers arguments qui me sont venus en tête.

1- Déjà je ne vois pas ce qu’on appelle “mise en œuvre” ou “généralisation” du CV anonyme. Qui va être contraint, dans les faits, de pratiquer l’anonymat ? Les entreprises ? “Interdit de détenir un CV qui ne soit pas anonyme sous peine de …” ? Les candidats ? “Amende ou élimination immédiate du processus de recrutement en cas d’affichage de son identité” ?

2- Je ne vois pas bien, non plus, jusqu’où va l’anonymat (s’il s’agit d’éliminer les facteurs potentiellement discriminant). On supprime le nom et le prénom, la nationalité bien sûr, l’adresse de résidence, pas de nom d’établissements dans lequel la scolarité secondaire a été effectuée, pas de lieu de naissance, mieux vaut aussi supprimer l’âge et le sexe, et tant qu’à faire supprimer aussi les établissements d’enseignement supérieur fréquentés (entre les écoles et la fac on connait les réflexes)…

3 - Et puis comme on ne fera pas disparaitre les réseaux, le lien entre les gens (et c’est heureux !) je vois mal comment on va rendre anonyme le fameux “au fait tu m’as dit que tu cherchais à recruter pour un stage / sur un poste de …, j’ai justement un copain / un cousin / un pote de classe /un enfant /… qui cherche, je lui dit de prendre contact avec toi ?”

4- Du coup pour les recruteurs ce sera plus “simple” il y aura d’un côté la pile des CV anonymes et de l’autre celle des CV “recommandés” et l’on aura ainsi renforcé les inégalités liées au fait d’avoir ou pas un réseau de relations professionnelles

5- Au fait, à qui demande-t-on de changer finalement ? Aux recruteurs pour qu’ils aient moins d’a priori dans leurs recherches des bonnes compétences et des talents ? Non, au contraire, avec une idée comme le CV anonyme, c’est comme si on considérait que les a priori allaient toujours exister en l’état, et que pour cela mieux valait faire disparaitre “dans une première phase de recrutement” les différences, et ici l’identité même des gens. Ça me met mal à l’aise, ambiance “Mon cher Omar je suis bien content de vous avoir rencontré, car entre nous, comme vous êtes quand même “de couleur”, je ne suis pas sûr que j’aurais spontanément donné suite à votre candidature, vous voyez ce que je veux dire. Mais grâce au CV anonyme nous avons eu l’occasion de nous rencontrer !”

6- Et puis finalement quel est le message de fond adressés aux personnes qui se cacheront derrière ces CV ? “Tu as une identité qui ne peut pas être acceptée par la société et les entreprises, mieux vaut que tu la fasses disparaître en devenant anonyme”. Est-ce ainsi que l’on compte rendre combatifs et fiers de ce qu’ils sont, ceux qui ont déjà tendance à être mis à l’écart ? “Ne soi pas toi même , disparais (mais jsute dans un premier temps), c’est la meilleure façon de t’en sortir !”. Quelles perspective d’avenir réjouissante…

7- Plus j’y pense et plus je trouve cette idée glauque, en ce qu’elle porte d’une société indifférenciée. “Il n’est pas dans votre intérêt de faire connaitre votre identité” quelle capitulation de l’espoir et du vivre ensemble !

J’espère que le CV anonyme ne sera pas retenue pour “promouvoir la diversité et l’égalité des chances” alors je compte sur vous pour allonger la liste des “bonnes raisons d’être contre le CV anonyme” (ou me démontrer arguments à l’appui que c’est la mesure qu’il nous faut) !

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Posté par : Julie

7 avril 2009 à 5:25

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“Les guerriers de la lumière se reconnaissent au premier regard” ?

Monter un projet de A à Z, avoir de l’ambition pour ce qu’on fait, payer le prix de l’exigence qu’on s’impose… tout ça c’est aussi, au quotidien plein de petits bonheurs. Ce que j’adore c’est les bonnes surprises.

Bien sûr quand on a prévu, réfléchi, testé, ajusté, qu’on s’est donné des objectifs, qu’on a tenu le cap et qu’on réalise…quelle satisfaction. Mais les surprises ça a du bon aussi. Comme ces gens qui ont récemment rejoint l’aventure de LA MANU. Au hasard (?) de nos parcours, on se retrouve là, à construire ensemble.

Quelle agréable sensation que de découvrir les nouveaux horizons d’un projet que l’on a soi-même mûri, fondé et bâti, au travers du regard neuf et des initiatives de ces nouveaux venus. Je suis parfois hallucinée de les écouter parler, de les regarder agir et faire agir les autres, comme si ce projet, ce combat avait toujours été le leur. Et c’est cette vieille question qui revient et à laquelle je suis toujours attentives : d’où vient cette communauté d’état d’esprit, alors qu’il y a quelques semaines on ne se connaissait pas ?

Elle ne vient pas c’est sûr d’un recrutement “au tamis” comme certains le pratiquent ; avec des responsables qui repèrent dans la masse ceux qui seront susceptibles, après quelques années de formation (sic), de rentrer dans la bonne case, pour assurer la reproduction du système.

Non, … c’est autre chose. Autre chose qui fait qu’on est là ensemble. Je me souviens d’un militant qui disait à ce propos “on s’était perdu, on s’est retrouvé”. Retrouvés autour d’une ambition, d’une volonté, d’une envie d’agir… C’est peut-être ça ?

“Les guerriers de la lumière se reconnaissent au premier regard” dit Paolo Coelho. C’est beau mais je dois avouer ici, que ce n’est quand même pas toujours le cas, non plus. Tout ça c’est de l’Humain et on apprend aussi à se tromper. Et il y a aussi, ces bonnes surprises, comme celles de la semaine dernière, ces nouvelles découvertes, qui renforcent, un peu plus, l’envie de continuer.

Merci à Cindy, qui m’a donné récemment l’occasion de ré-explorer cette question avec la fraicheur pertinente qui la caractérise.

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Posté par : Julie

24 mars 2009 à 10:10

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Effet titanic ?

Le thème de la dernière réunion de la commission économie et emploi du CESR, dans laquelle je siège : la conjoncture économique en Ile de France (sic)

Autant vous dire que l’ambiance était concentrée.

Les chiffres d’abord. L’emploi qui baisse, le chômage en hausse, de façon global. On apprend aussi que “c’est l’emploi de jeunes diplômés (bac+3 et plus) qui proportionnellement se détériore le plus, même s’il reste meilleur que celui des moins diplômés, et meilleur qu’en 2002/2003.

L’intérim paye de plein fouet la crise. “Le décrochage en octobre a été de 20% en moins sur les missions”. Un représentant nous bâtiment nous fait savoir “qu’il n’y a plus un intérimaire dans le bâtiment”. Et d’après les données de Pôle Emploi, “le nombre d’heures mensuelles des travailleurs précaires est en baisse. Les demandes d’autorisation de chômage partiel par les entreprises augmentent.”

L’échange se poursuit, nous approfondissons notre connaissance de la situation, pour être mieux capables de dégager, ensemble, de nouvelles voies. Pas simple dans un contexte que certains qualifient “d’effet Titanic”, les enjeux sont lourds.

Un syndicaliste précise qu’il y a “des périodes de préavis de licenciement en cours, en masse”. Que l’enjeu du reclassement de ces salariés est fondamental et aura des effets importants sur l’emploi.

Le représentants des PME mettent l’accent sur la nécessité d’éviter les “trous d’air dans l’activité des PME”. Les exemples très récents témoignent de faillites “éclair”. “D’un carnet de commandes plein avec un manque de personnel en novembre, on passe à un carnet vide, 4 mois plus tard, sans moyens de rebondir.”

La question de la réactivité de l’Etat et des banques est posée, car “il y a urgence à ce que les annonces et les décisions prennent effet pour permettre à de nombreuses PME de passer le cap”.

L’ambiance n’est pas à la réjouissance, et le travail va se poursuivre. On ressentait bien cette après-midi, l’esprit du CESR. La contribution des uns et des autres permet, par la richesse des différences de points de vue, de prendre à bras le coprs la réalité, et de créer des liens pour changer la donne.

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Posté par : Julie

18 mars 2009 à 10:07

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