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Que reste-t-il de “la ville à prendre*” ?
Le 7 et 8 février le conseil de Paris débattra une ultime fois sur le sort de la Culée Rive Gauche du Pont Alexandre III. Ce pont construit en 1900, fait partie de ces monuments parisiens symboles de l’universalisme et de l’ouverture au monde. Or depuis 10 ans chacune de ces deux “jambes” abrite une vie bien différente de l’autre. Rive droite le ShowCase, haut lieu des nuits parisiennes, plutôt DJ, fric et paillettes. De l’autre, La Culée Rive Gauche lieu magique de création artistique et d’exposition libre.
L’animation, de ce deuxième lieu n’a jamais coûté d’argent à la puissance publique. Dératisé et réhabilité par l’équipe bénévole des gardiens du pont en 1999, équipé en son et lumière grâce au soutien de nombreuses entreprises industrielles mécènes. Il a accueilli des dizaines d’évènements iconoclastes et grandioses mettant à l’honneur oeuvres artistiques, sons, lumières, symboles et messages : défilés de créateurs, nuits musicales, expositions de peintures, de sculptures, de structures, rave parties, projection de films, performances… Il a accueilli de nombreux artistes en exil. Pour eux la Culée Rive Gauche a été à la fois un atelier de création et un espace d’exposition leur permettant d’exprimer par leur art les souffrances de la guerre civile qui sévit dans leur pays d’Europe ou d’Afrique, et d’interpeller les parisiens sur ces réalités lointaines.
Pendant toutes ces années pour conserver le droit d’administrer librement ce site qui n’était à l’origine que des catacombes à l’abandon, les gardiens du pont, emmenés par le fougueux réalisateur Patrick Brunie*, ont mené un véritable combat avec les autorités qui n’ont jamais officiellement autorisé le lieu. Mais désormais, il semble que la fin du combat soit proche. Pendant 12 années, des citoyens, des parisiens engagés pour faire vivre leur ville, des entreprises et des artistes venus du monde entier ont déployé une imagination véritable et une profonde ambition de forme et de fond, pour faire vivre ce site unique situés dans les entrailles de Paris.
A leur oeuvre et à leur projet, il semble que la Mairie de Paris ait préféré une
autre option. Elle a décidé de confier (dans le cadre d’un appel d’offre) la gestion de la Culée Rive Gauche à Addy Bakhtiar qui gère notamment…le Showcase, ainsi que de retenir son projet construit autour un restaurant japonais plutôt luxe. A l’heure des références récurrentes à l’Allemagne, il serait bon de regarder du côté de la politique culturelle de leurs villes pour s’en inspirer un peu. Que répondrait le maire de Berlin si on lui proposait de remplacer une fabrique culturelle autogérée au coeur d’un monument historique par un restaurant japonais huppé.
Pont Alexandre III, il semble que ta schizophrénie soit en passe d’être soignée, à coup de remèdes chocs bien de notre époque, désormais tes deux “jambes” vibrerons de la même énergie aseptisée.
* Il n’y a pas de hasard mais en 1979 Patrick Brunie avait réalisé La ville à prendre
Pour soutenir La Culée Rive Gauche
- “France O ma France” jusqu’au 12 février dernière exposition de 60 artistes avant démolition annoncée à la Culée Rive Gauche du Pont Alexandre III - Le 4 et 5 février nombreux évènements artistiques toute la journée - Rassemblement devant le QG de campagne de Hollande le 4 février à 16h
mots-clés : engagement, entreprendre, initiative, libres, ville
Camino
Caminante no hay camino
Se hace camino al andar
Al andar se hace camino
Y al echar la vista atras
Se ve la senda que nunca volveras a pisar
Caminante no hay camino
Si no estelas en la mar
1989, 20 ans après
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Chronique du 20 juillet
Cette proposition m’a ramenée 20 ans en arrière, à ces jours de novembre 1989. Je me rappelle de ces images qui passaient en direct à la télé : la foule massée devant le mur, ceux qui étaient grimpés dessus. Tous ces gens qui riaient, pleuraient, s’embrassaient, se prenaient dans les bras. Aussi ces images de Berlinois qui se démantelaient le mur à la main, des embouteillages monstres et des foules qui se pressaient pour passer de l’autre côté du mur.
J’ai aussi le souvenir de l’émotion très forte des adultes autour de moi. On m’expliquait que c’était l’évènement le plus important de l’histoire récente, que désormais le monde ne serait plus comme avant. J’avais 10 ans. Je ressentais fortement l’importance de ce qui se passait sous mes yeux. Mais, je ne comprenais pas tout.
D’abord, pourquoi avait-on empêché tous ces gens de pouvoir se déplacer ? Pourquoi ils n’avaient pas le droit d’être en contact avec les autres ? Comment le monde avait pu laisser faire ça ?
Il m’a fallu encore de longues années pour prendre conscience de ce que signifiait vraiment cet évènement. L’Europe de liberté, prospère et démocratique, dans laquelle j’étais née n’était qu’une partie d’elle-même. J’avais une idée de la seconde guerre mondiale, de la lutte contre le nazisme et de la Libération.
Mais je mesurais mal à quel point pour d’autres peuples d’Europe, la fin de cette guerre avait remplacé un totalitarisme par un autre. J’ai compris petit à petit qu’un pays en entier pouvait être transformé en prison, avec tout autour des barbelés, des miradors et des hommes en arme. Je découvrais des choses que j’avais du mal à croire. Ce mur, s’étendait à travers toute l’Europe. Il avait été érigé en 1961 pour empêcher la fuite par millier des habitants de ces pays. Plusieurs centaines de personnes avaient perdu la vie en tentant de franchir ce rideau de fer. Et j’ai appris que la dernière victime de ce système était tombée au début de l’année 89, à quelques mois de la chute du mur…
Il m’a fallu découvrir que plusieurs murs parcouraient l’Europe et que certains ont perduré au-delà de 1989. Les Pays Baltes et l’Ukraine ont du attendre le début des années 90 puis 2005 pour réussir à s’en libérer à leur tour.
Ces journées de novembre 1989 m’ont donnée le besoin de comprendre notre histoire. Celle des conflits qui ont brisé l’Europe, mais aussi l’histoire de ce qui l’a finalement délivrée.
Je me pose encore pas mal de questions. En particulier sur ce qui a permis ce basculement de 1989. Pourquoi et comment, en quelques jours tout le système totalitaire qui semblait si solidement tenu s’est effondré sous nos yeux ? Pourquoi la veille encore, certains assuraient que de leur vivant ils n’assisteraient pas la fin du rideau de fer ?
Pour nous 1989, c’est avant tout la chute du mur.
Mais ailleurs ? En Pologne ou dans les Pays baltes, dans la Tchécoslovaquie, comment a-t-on vécu cette date fondatrice de l’histoire contemporaine ?
La commission européenne a d’ailleurs récemment provoqué la colère de la Pologne en diffusant une vidéo intitulée “1989-2009: 20 ans de liberté”. Leur courrier de protestation parle d’une « simplification injuste ». Les Polonais regrettent en fait que trop d’importance soit donnée aux images de la chute du Mur, et pas suffisamment aux événements qui les avaient précédés : les soulèvements de Budapest en 1956, Prague en 1968, ainsi que la mobilisation des chantiers de Gdansk en 1980, avec le syndicat Solidarnosc.
Encore une fois, les Européens ont une mémoire différente d’un événement central de leur histoire. L’année 2009 est une année du souvenir. J’espère qu’elle sera une année de tous les souvenirs. Qu’elle sera l’occasion d’avancer dans la construction d’une histoire européenne et d’une mémoire continentale dans laquelle tous les Européens peuvent se retrouver.
C’est à mes yeux très important, parce que 1989, cette année charnière, est autant une fin qu’un commencement.
mots-clés : Europe, libres, lien, solidarité

“Basij stop killing your own people ! The people is Iran, not the regime !”
(via Twitter #IranElection)
mots-clés : changement, libres, lien, mouvement
Internet, Big Brother et Personal Branding
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Chronique matinale sur France Culture
A voir aussi le débat en cours sur le Personal Branding, sur le site de LA MANU Personal Branding et recrutement 2.0 : jusqu’où aller ?
mots-clés : carrière, conquête, génération, libres, ressources humaines, talents, web
Dérangeant ? l’être et le rester
Cette “affaire” Mettout (rédacteur en chef de l’Express) / Versac (blogueur)” est un “vrai bonheur”. Le monde des médias. Avec comme partout, des nouveaux venus, et des moins nouveaux en place. A la lecture de ce débat, il est passionnant de voir à quel point les lignes bougent et de voir aussi, les réactions que sucitent ces mouvements. Les rapports entre “l’institué” et “l’émergeant” par exemple. Domnique Reynié interroge “Qui n’entend pas les craquements du monde ?”
Les enjeux qui sont débattus là et là, par Versac et Mettout sont importants. Que les médias, quels qu’ils soient, arrivent à tenir à la fois sur l’exigence des contenus et la réactivité de l’information, c’est fondamental. Particulièrement dans une période de crise, tendue, qui rend plus épidermique et émotionnelle la réception de l’information.
Tous ça pose des questions profondes. Ce qu’il y a de bien avec le Web c’est qu’on peut avoir les débats en direct sur le vif et relire tranquillement le script après, pour continuer à y réfléchir.
PS : Cette fable du “loup et du chien” que ressort Thierry Lhôte pour réagir à ce débat Mettout - Versac, me rappelle le manifeste Fiers et Libres que l’on diffusait sur les facs en 2005, ça disait “être libre, c’est être et rester dérangeant”.
PS : J’avoue pour ceux qui n’ont pas encore lu ce débat, ce billet peut paraître un peu abscond, alors vous savez ce qui vous reste à faire





