Archives pour le mot-clé ‘génération’
Jeunesse du monde tu peux réaliser tes rêves !
C’est ce que m’inspire deux soirées qui auront lieu à quelques jours d’écart dans les 10 jours à venir ! Ah 2011 en moins d’un mois tu nous fais déjà sentir tes ondes créatrices.
La première soirée c’est vendredi 14 à Paris.
Le forum de la Bellevilloise se transforme en disneyland de la guerilla production. Du rêve à la réalité, une soirée pour découvrir les coulisses de l’épopée du film Donoma réalisée avec 150 euros. Le collectif blueprint guerilla animée par le réalisateur Djinn Carrenard, nous contera en animation comment la vision, le talent, la croyance et l’ingéniosité peuvent remplacer l’argent d’une production. Comment ils sont passé d’un rêve, d’une ambition à un film plébiscité et soutenu par le public. De la technique d’impro dirigée des acteurs, à la stratégie de réalisation d’un film sans prod en passant par la philosophie entrepreneuriale du projet, une soirée pour découvrir sous toutes ses coutures ce qui est aujourd’hui bien plus qu’un film. Pour s’inscrire c’est ici.
Quelques jours plus tard, quatre exactement, le 18, la Fondation pour l’Innovation Politique présentera en avant première au pavillon Cambon Capucines : les résultats d’une enquête planétaire réalisée auprès de 32700 jeunes dans 25 pays répartis sur les 5 continents. 500 jeunes participeront à cette soirée pour découvrir leurs manières de vivre, leurs opinions, leurs aspirations, leurs peur, leurs rêves. 32700 jeunes ! J’ai hâte de découvrir qui nous sommes, ce que nous avons en commun et qui par delà tout ce qui nous sépare, fait de nous la jeunesse planétaire ! A suivre aussi sur Twitter #WWY. Pour s’inscrire c’est ici.
Coïncidence de calendrier ? et si on y voyait un signe, une jeunesse planétaire qui se met à entreprendre pour réaliser ses rêves…bienvenue année 2011 !
mots-clés : avenir, création, entreprendre, génération, innovation, jeunesse, rencontre, talents
Emploi des jeunes : il n’est plus temps d’attendre
La réforme des retraites à peine adoptée par le Parlement après plusieurs mois d’une forte contestation sociale, l’heure semble à nouveau aux discours et débats sur l’emploi des jeunes. Ce ne sera pas la première fois que s’attaquer au “fléau du chômage des jeunes” servira de thème de sortie de crise…
Diversion, ou véritable volonté de régler le problème ? Car la question a beau être sur la table depuis plus de trente ans, le taux de chômage des 15-24 ans en France cavale toujours en tête des moyennes de l’Europe et de l’OCDE.
Les mesures prises ces trente dernières années pour l’accès des jeunes à la vie active n’ont pas permis de changer la donne. Il faut pointer qu’elles relèvent toujours d’une même approche qui privilégie des dispositifs “réparateurs” ciblés sur les jeunes en difficulté à des mesures actives de valorisation de tous les talents. Voilà ce qui est proposé aux jeunes depuis toutes ces années : partir à la recherche du meilleur dispositif “difficulté d’accès à l’emploi”, plutôt que d’agir grâce à des mesures qui encouragent le choix et l’initiative. Pourquoi devoir attendre d’être en situation d’échec pour bénéficier d’un soutien ? Variable d’ajustement côté entreprises, présentée sous l’angle de ses faiblesses côté politiques publiques, ce couple infernal fait système, renvoyant à la jeunesse qu’elle est un coût ou un problème plutôt qu’un formidable potentiel.
Et les fausses promesses ne font rien pour arranger les choses : “Soyez tranquilles, avec un bon diplôme, vous trouverez un emploi”, alors que c’est désormais insuffisant pour réussir notre entrée dans la vie active. Autres ritournelles : “Ne soyez pas trop exigeant, si vous arrivez à échapper au chômage, c’est déjà bien”. Pas de quoi stimuler les ambitions d’une génération que l’on n’hésite plus à qualifier de “sacrifiée”… alors qu’elle n’est qu’au début du chemin, et qu’elle peut avoir prise sur sa propre vie.
Alors, va-t-on cette fois-ci changer de discours ? Va-t-on enfin voir émerger des solutions nouvelles pour une intégration réussie des jeunes générations dans le monde du travail et dans la société ?
PRÉPARER L’ACCÈS À L’EMPLOI
C’est pour expérimenter d’autres façons de faire et ouvrir une nouvelle voie que j’ai fondé LA MANU il y a deux ans. Avec une ambition : proposer aux étudiants les moyens de préparer activement leur accès à l’emploi dès leur période d’études. Avec une conviction : très tôt dans leur cursus, les étudiants d’université veulent et peuvent s’engager pour prendre en main leur avenir professionnel, se préparer au monde du travail, aller à la rencontre des entreprises. Nous avons éprouvé et vérifié cette conviction depuis deux ans sur le terrain : les jeunes qui ont fait du chemin avec LA MANU pour préparer leur futur par l’action, tout en préparant leur diplôme, abordent le monde de l’entreprise et ses perspectives, découvrent les possibles. Ils développent leur confiance en eux, car ils ont appris à valoriser leurs compétences et à se tester auprès des recruteurs. Ils construisent autour d’eux des réseaux de solidarité professionnelle, partagent leurs expériences pour que les logiques d’entraide et de réseau ne soient plus le privilège de quelques-uns. Ensemble, ils se donnent les moyens de repérer, de créer, de vivre des opportunités. Ils se font un avenir concrètement, par l’action.
D’autres initiatives que celles rendues possibles par LA MANU, sur bien d’autres chantiers témoignent au quotidien de la vitalité de la jeunesse, de sa capacité à prendre des décisions pour son avenir sans attendre que le “monde institué” se remette en phase.
Ce sont ces initiatives génératrices d’autonomie, de créativité et de solidarité qu’il convient de soutenir sans attendre. Après trente années d’échecs en matière d’emploi des jeunes, la puissance publique et les entreprises ont tout à gagner en pariant sur cette vitalité.
N’attendez plus que les jeunes soient passés par la case échec pour intervenir ! Il est grand temps de soutenir les jeunes en s’appuyant sur leur potentiel plutôt que sur leurs handicaps. Plus que d’assistance publique, la jeunesse a besoin de marques de confiance.”
Julie Coudry fondatrice de LA MANU
Source ; Le Monde 8 décembre 2010
mots-clés : autonomie, avenir, confiance, économie, emploi, génération, jeunesse, travail
Les jeunes, l’emploi, la rentrée !
Sur Envoyé Spécial le 3 septembre 2010
Envoyé Spécial, la suite, La Manu
envoyé par -LA-MANU-. - L’info internationale vidéo.
mots-clés : avenir, compétence, emploi, étudiants, génération, travail
Mon Moi et le travail
Au milieu de ce 3éme été de direction de LA MANU, je me souviens d’une conférence de François de Singly sur les jeunes et le travail, qui avait lieu au tout début, en mai 2008. Il évoquait la disparition de frontières claires entre Travail / conviction-engagement-passion / vie privée. Il disait que cette nouvelle (?) réalité n’était pas évidente à appréhender pour un jeune actif ou même pour un recruteur/manager.
Ce matin de nombreuses rencontres me reviennent en tête et illustrent ces propos de De Singly, une tension entre plusieurs pôlarités, entre notre moi et nos aspirations et les nécessités/réalités qui sont celles du travail, au milieu desquelles l’individu cherche une forme d’équilibre.
Je me rappelle de :
- Ce jeune homme qui se voyait entrepreneur, avec plein d’idées dans la tête mais qui, à l’épreuve du passage à l’action, a plutôt choisi d’intégrer une très grosse entreprise du CAC 40
- Cet ancien universitaire aujourd’hui patron d’une start up, qui parlait de cette drôle de liberté qu’est l’entrepreneuriat, cette lourde et grisante responsabilité qu’est la création, qui met en jeu sa vie professionnelle du moment et celle de ses collaborateurs
- Cette jeune femme qui ne voulait travailler que dans une entreprise correspondant totalement à ses convictions et qui du coup ne pouvait accepter les réalités du travail : rendre de comptes, avoir des objectifs à atteindre, répondre aux attentes des clients…
- Ce jeune acteur de cinéma talentueux qui avait décidé “on the side” de passer le concours du barreau (pour devenir avocat) et de monter un projet entrepreneuriale sur un créneau pour lequel il est “sûr qu’il y a un marché” ! Trois cordes à son arc pour garantir sa liberté
- Ce jeune universitaire qui sorti de la fac sans finir son diplôme a intégré, comme un défi, une grande structure bien décidé à faire ses preuves. Lorsque quelques années plus tard son manager a fini par lui proposer un plan de carrière à responsabilités sur 8 ans… il n’a pas supporté l’idée de savoir tant à l’avance ce qui allait se passer, et en est parti pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale
- Ou cet autre qui au contraire à la sortie de la fac a décidé de se mettre au service d’une création d’entreprise et a rapidement fini par ne pas supporter les changements de caps, les réajustements d’objectifs, le manque de process et l’absence de visibilité à long terme.
- Cette bac+8 de Psycho qui voulait servir l’intérêt général et ne se voyait travailler que dans le service public et qui après quelques années d’expérience à “constater du soir au matin l’ampleur de son impuissance” à décider de se mettre à son compte et de partir à la conquête des entreprises pour leur montrer l’apport de son savoir faire et vendre ses services.
- Ce jeune homme issu d’une école d’ingénieur travaillant dans une filiale d’une filiale d’un grand groupe français devenu un grand placard doré (phase préparatoire à son démantèlement), ou plus personne ne s’intéressait à ce qu’il produisait, et pour qui le fait d’avoir des objectifs à atteindre était devenu une forme essentielle de reconnaissance professionnelle.
- Ces jeunes artistes heureux de pouvoir vivre de leur art, mais souffrant que les réalités du travail à faire pour le vendre, occupent dans leur esprit et dans leur vie tant d’espace, un espace qui n’est plus libre pour la création.
Quelle est la part de ce que nous sommes vraiment dans notre travail ? Jusqu’où attend-on que cela nous corresponde ? Comment concilier convictions, vie privée et vie professionnelle sans tout cloisonner ni tout mélanger ? Comment se concilient engagements/envie et contraintes dans ce qui fait notre travail ? La construction des points d’équilibre que chacun a à trouver pour conduire son chemin, semble être l’histoire d’une vie.
mots-clés : carrière, confiance, économie, génération, travail
Recrutement, demain fini les mariages de raison
Et oui, il va falloir s’aimer, …dans l’entreprise aussi. Il semblerait que notre société, comme elle l’a fait pour le mariage, va devoir mener cette évolution.Nous concevons de moins en moins notre travail comme une sphère à part (à côté de la vraie vie). Nos attentes d’humains, de citoyens et de professionnels convergent dans notre vie et ces nouvelles exigences s’abattent sur les recruteurs et les managers d’aujourd’hui. Car eux aussi ont leurs préoccupations. Ils cherchent à comprendre les nouvelles générations, pour mieux pouvoir les attirer, les recruter, les manager et fidéliser les talents.
Fidéliser ? “La fidélité de principe”, voilà une notion qui est en train de disparaître. Pas plus qu’on ne conçoit désormais la fidélité en amour au prix de l’oubli de soi, on ne pense plus aujourd’hui la “fidélité vis-à-vis de l’entreprise” comme hier. Qui peut a priori affirmer qu’il passera 40 ans de sa vie dans la même entreprise ? On se dit même que cela ne sera probablement pas le cas, et ce n’est plus un problème pour les jeunes. Car nous cherchons avant tout “un métier où nous puissions nous épanouir”, comme le montre 57% des réponses des étudiants à la récente enquête CSA pour le Cercle du leadership. Et dans cette recherche de l’épanouissement au travail, il y a bien sûr les vocations, ceux qui ont toujours su qu’ils seraient vétérinaire, musicien ou avocat et qui le seront avec passion toute leur vie. Mais la plupart d’entre nous se projettent plutôt en pensant changer de nombreuses fois d’entreprise mais aussi d’activité, de métier.
Dans notre parcours, chaque emploi constitue plutôt une expérience, une occasion de participer à un projet tout en développant nos savoirs faire, la priorité étant au final : notre évolution personnelle (à propos des critères qui dicteraient le choix d’une entreprise : 79% mettent en avant les “évolutions personnelles” notamment les possibilités offertes en matière d’apprentissage). Certains de nos aînés pourraient voir dans cette attitude un manque d’engagement, une marque d’inconsistance, voire d’individualisme. Et pourtant, dans notre esprit et dans notre pratique, rien n’oppose la construction phase après phase d’une vie professionnelle faite de coups de cœur, de doutes, de changements de cap et une véritable capacité d’investissement dans les missions, le travail que nous occupons au présent.
Tout cela pose dès aujourd’hui de lourdes questions au management et au recrutement. Pour le recrutement et management : le temps des “mariages de raisons” sera un jour révolu. “Je reste dans mon entreprise parce que je n’ai pas le choix”, “je suis quand même confortable, j’ai mes habitudes”, “je m’ennuie d’accord mais partir… pour aller où ?”, “c’est une sécurité, j’espère que cela durera le plus longtemps possible, même si je me sens parfois, aigri(e), frustré(e), dévalorisé(e)”… Avec le temps ces types d’attitudes seront de moins en moins répandues.
Le travail reste une nécessité mais les jeunes générations affirment leur volonté d’ouvrir le plus largement le champ des possibles pour que cette nécessité de travailler ne se fasse pas au prix de leur épanouissement. Comme pour le mariage d’amour, les recruteurs et les managers de demain vont devoir “garder la flamme allumée” (”donner du sens au projet d’entreprise” (40%), “créer un climat dynamique, compétitif et stimulant dans l’entreprise “(35%), un management respectueux des personnes (61%). Ils vont devoir cultiver les raisons de rester dans l’entreprise et de s’investir pour les salariés, les esprits ouverts, les entrepreneurs, les talents, les passionnés, les créateurs sinon ils s’en iront ailleurs.
Dans cette perspective l’enjeu qualitatif du recrutement devient d’autant plus déterminant. Les logiques de “qui que tu sois quand tu rentres sur un poste et au bout de quelques mois tu seras à l’image de l’entreprise” seront difficilement compatible avec cette attente des jeunes d’être pris en compte et d’apporter, avec tout ce qu’ils sont, au projet et aux résultats de l’entreprise.
Face à ces enjeux, comme en amour, je crois moins au processus industriels de rencontres qui effectuent le tri sur quelques grands critères pour proposer un matching, qu’à un travail fin et en profondeur, fondé sur la rencontre entre les personnes. Dépasser les étiquettes et les a priori, tisser des liens, se rencontrer régulièrement.
Le métier de marieuse n’est plus au goût du jour, et nous voulons avoir la main sur nos choix. Quoi de mieux pour cela que la rencontre directe qui permet de rester libre, de constater si l’alchimie se passe ou non par-delà tous les critères rationnels, en remettant le choix définitif entre les mains de chacune des parties avec ses impressions, son ressenti, ses intuitions. En amour comme pour le recrutement, c’est je crois l’avenir du métier d’entremetteur.
publié aussi sur lesechos.fr
mots-clés : entreprise, génération, jeunes, recrutement, ressources humaines
Etre français(e) ?
Projet prévu de longue date (ndlr. avant le lancement du débat sur l’identité nationale) par l’institut Montaigne qui sort demain le livre Qu’est-ce qu’être français ? j’ai répondu ce midi à la question de savoir ce que signifiait pour moi : être française …
En fait je ne m’étais jamais vraiment posé la question sachant que ce n’est pas la première identité que je mets en avant lorsque je cherche à me définir … en vrac ce qui m’est venu à l’esprit :
- j’espère qu’on arrivera jamais à une liste de 10 dimensions qu’il faudrait cocher pour être français… pour définir une communauté d’appartenance, il faut que la majorité ce ceux qui y appartiennent de fait, s’y retrouve ; et dans le même temps je trouve bien de s’interroger sur ce que nous avons en commun et les raisons que nous avons de vouloir vivre ensemble, et pour construire quelle société
- Je trouve que globalement la France est solide sur certaines grandes valeurs républicaines (à l’exception de véritables scandales) : les droits de l’Homme (on a le droit d’avoir ses idées, de les défendre, de les manifester sans risquer sa vie, de choisir son mode de vie : encore deux jeunes homosexuels condamner à mort en Iran, et tous les jours des manifestation réprimer dans la violence…), les droits de femmes (qui ont le droit de ne pas être coupable d’être des femmes ni des effets qu’elles peuvent éventuellement produire sur les hommes), la laïcité (ne pas se servir d’une autorité divine pour construire notre système éducatif, fonder notre justice sur un engagement devant les hommes et non devant Dieu), la liberté d’expression et de critique de la pensée, de toutes les pensées (l’issue du procès des caricatures de Charlie Hebdo en a été un grand moment)
- Je trouve important que nous nous mêlions des affaires du monde, on passe parfois pour “les mouches du coche” mais je préfère être dans un pays qui ne se sent pas étranger au destin du monde que dans un pays qui met la tête dans le sable dès qu’il ne s’agit pas directement de lui et de ses habitants.
- Maintenant il y a de vrais paradoxes dans cette France qui peuvent constituer de véritables dangers pour l’avenir, des bombes à retardement même ; de grands écarts entre les ambitions affichées et la réalité. Je pense par exemple au mélange, à la mixité, au métissage. Beaucoup d’étrangers qui visitent la France s’étonnent de voir des français dont les origines viennent des quatre coins du monde, vivre ensemble au quotidien, être amis, se marier… c’est plus le mélange que le communautarisme qui nous caractérise et pourtant… la France a créé en son sein des zones urbaines de relégation, en confinant ceux avec qui certains ont refusé et refusent toujours de se mélanger, voir de partager cette identité française. Certains dans ces quartiers n’aiment pas la France, ont du mal à se sentir français mais est-ce que la France les aime, est-ce qu’elle a aimé leurs parents, est-ce qu’elle voit en eux de jeunes français dont il faut assurer l’avenir ? Comment va-t-on durablement vivre ensemble dans ces conditions ?
- En matière de grands écarts entre les ambitions et la réalité, je pense aussi à notre système social auquel nous tenons tant : “le modèle social français”. Solidarité en matière de santé, de retraite, de chômage, puissance des services publiques, en France, tout cela fait aussi notre fierté … mais pour combien de temps ? Les déficits des systèmes sociaux, la dette publique (121 milliards d’euros), les marges de manœuvre financières et nos possibilités de choisir qui se réduisent chaque année, pose la question de ce qui sera laissé à notre génération et à celles à venir : comme seule possibilité : gérer les suites des décisions prises par nos ainés ? En matière de retraite par exemple, en gros nous sommes sûrs que nous allons, toute notre vie, payer pour ceux qui sont en retraite, sans certitude que le système de solidarité n’aura pas fait faillite, avant que nous arrivions en retraite et puissions à notre tour bénéficier de cette solidarité. Si la solidarité sociale caractérise la France, alors il faut se donner les moyens de la pérenniser pour les générations à venir.
République, vivre ensemble, fraternité, solidarité entre les générations… la France tiendra-t-elle ses promesses ? Espérons que la France ne préfère pas son passé et ses aquis, à ses enfants et leur avenir ? (d’ailleurs faut-il se contenter d’espérer ??…)
mots-clés : avenir, civilisation, confiance, diversité, génération, jeunes, solidarité
Se faire confiance…ou pas
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Cette semaine, au risque de récidiver, je vais vous parler de confiance en cette période de crise. La question de la confiance est sur toutes les lèvres. La perte de confiance serait en train d’aggraver la crise. Le retour de la confiance serait un levier pour en sortir. Avec la question centrale : comment redonner confiance aux français… Je vous conseille d’ailleurs dans cette veine le livre d’Hervé Serieyx, “confiance mode d’emploi“, auteur de dizaines d’ouvrages sur le management, il explore cette fois un peu plus profondément cette notion de confiance. Vous connaissez d’ailleurs la définition du dictionnaire ? La confiance serait une foi laïque et psychologique. Toujours intéressant à savoir.
Mais pour revenir à l’actualité, ces dernières semaines, plusieurs études ont donné un éclairage un peu particulier à tout ça en abordant la question de la confiance sous un angle générationnel. Qui fait confiance aux jeunes ? En quoi les jeunes ont-ils confiance ? Deux données qui ressortent de ces différentes études m’ont particulièrement marquée.
La première est issu de l’étude de l’AFEV dont le thème est la perception des jeunes par la société. Selon l’AFEV 51% des français auraient une image négative des jeunes et ne leur feraient pas confiance. On le sait, la France est très mal placée du fait de la mauvaise situation qu’elle fait à sa jeunesse.. mais creusons un peu. D’après cette étude, une grande majorité de français trouvent les jeunes individualistes, pas tolérants et pas prêts à s’engager. Rien que ça ! Quand on creuse encore un peu plus les résultats de cette études, on se rend compte que la défiance envers les jeunes, n’est pas le fait des plus de 55 ans, mais que ce fossé, cette fracture est entre : la jeunesse et les 25-55 ans. C’est à dire entre la jeunesse et les “insiders”, les établis, les générations actives, celles qui globalement sont en situation d’emploi et de responsabilité. Les générations de ceux qui sont en place et aux manettes dans les entreprises, dans les organisations, dans les institutions. C’est précisément dans ces tranches d’âges que 59% des gens trouvent les jeunes “tout à fait” individualistes” et que 62% les trouvent “pas du tout” tolérants !…
Il faut noter que cette réalité détonne complètement avec le discours officiel des dirigeants de ces structures, qui cherchent “attirer les jeunes”. Vous savez, tous ces discours où ils en appellent aux jeunes pour construire la relève dont ils ont besoin. …Ce type de discours a d’ailleurs bien du mal à passer auprès des jeunes générations.
Et c’est ce que nous montre cette fois la dernière étude de l’Observatoire de la Confiance affilié la Poste. Selon cette enquête dans un monde qui va mal, les jeunes ne font guère confiance aux institutions quelles qu’elles soient pour s’en sortir. Il ne sont pas pour autant résignés ou fatalistes. Mais ce n’est pas là, qu’ils placent leur confiance … Ce en quoi ils placent massivement leur confiance, c’est le relationnel. La famille, les amis, leur réseau. Cette étude nous montre que pour les jeunes générations, la confiance relationnelle a remplacé la confiance institutionnelle. …Et c’est là que le croisement de ces deux enquêtes est intéressant. Ceux qui comptent sur le relationnel pour avancer et s’en sortir dans la vie, sont tout sauf des individualistes. Or c’est pourtant le procès qui est fait aux jeunes par les classes d’âges actives qui sont aux manettes et en responsabilité !
Ca me rappelle ce débat auquel je participais la semaine dernière. Un débat entre DRH précisément sur la confiance. Et pour commencer son propos, le plus jeune intervenant, un recruteur de moins de 30 ans dans une grande entreprise française, a bien résumé la situation, en lançant , ceci, au parterre de DRH : “plutôt que de me demander, comment vous pourriez redonner confiance aux jeunes générations, demandez vous plutôt pourquoi vous ne leur faites pas confiance”.
Photo : Sara de Jesus Bento / Agnès Herrera étudiante en Licence 3 Photographie de l’Université Paris 8 pour l’Observatoire de la Confiance.
mots-clés : confiance, génération, jeunesse, lien
Internet, Big Brother et Personal Branding
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Chronique matinale sur France Culture
A voir aussi le débat en cours sur le Personal Branding, sur le site de LA MANU Personal Branding et recrutement 2.0 : jusqu’où aller ?
mots-clés : carrière, conquête, génération, libres, ressources humaines, talents, web
Qu’y a-t-il à vendre dans cette élection européenne ?
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Chronique France Culture “Europe, croyance, rêves et cauchemars”
Fin d’une journée bien chargée, définitivement placée sous le signe de l’Europe. Ma chronique à 7h20 dans les Matins, le débat qui a suivi avec Olivier Ferrand, patron de Terra Nova et Franck Debié de European Ideas Network, puis participation au débat des résultats de l’enquête de TNS Opinion pour la FIP (Fondation pour L’innovation politique) sur “Le sentiment européen” chez les jeunes d’Europe. De quoi entrer, dans ma tête, dans cette campagne européenne. C’est pas trop tôt, vous allez me dire, mais on en est (presque) tous là
Les résultats de l’enquête présentée cet après-midi montraient, sur les jeunes français, trois résultats qui m’ont interpellé. 77% des 18-25 ans, considèrent que dans la globalisation, le fait pour leur pays d’appartenir à l’Union est une chance. Interrogés sur les meilleurs moyens de faire entendre leur opinion par les responsables politique 71% d’entre eux répondent : le vote. Sur l’intérêt qu’ils portent aux élections européennes à venir, seuls 54% se disent “intéressés”.
Ça vaut le coup de réfléchir aux raisons de cet écart ? Qu’est-ce qui fait que cette confiance des jeunes en l’Europe ne se traduit pas “naturellement” en un intérêt pour ces élections européennes ?
Je repense à tous ces intervenants avec qui j’ai eu l’occasion de débattre dans la journée, souvent âgés de 10, 20 voire 30 ans de plus que moi. L’Europe qu’ils racontent, c’est souvent celle de tous les obstacles qu’il a fallu dépasser pour un résultats tout de même positif, selon eux. De l’entrée de l’Espagne et du Portugal, à l’Euro, en passant par les différents traités, sans oublier le référendum sur la constitution. Les difficultés institutionnelles bien sûr, pour fonctionner à 12, 15, 25 puis 27. Et on enchaîne sur les réformes institutionnelles qu’il faut désormais faire ou au contraire ne pas faire, la gouvernance idéale. Et là le débat est vif, on nous assure que c’est là que se situent l’enjeu politique majeur de ces élections.
Je sais que tout cela est important. N’empêche que ça ne m’a pas beaucoup convaincu… Je me suis quand même rendu compte que pour ces générations, les enjeux institutionnels et de fonctionnement de l’Europe avaient été, ces trente dernières années, au cœur des préoccupations pour faire l’Europe et fonctionner ensemble. D’où la prédominance du débat sur la gouvernance, dès qu’on parle d’Europe. Certes ce débat passionne ceux qui connaissent bien tout ça mais ennuie profondément la majorité des autres.
C’est vrai, pourquoi faut-il comprendre les affaires de majorité qualifiée, la nature des lien entre le parlement, les commissaires, leur mode désignation et qui élit qui, pour avoir un avis sur l’Europe ? Si c’est le cas, faut pas me raconter qu’on veut une Europe des peuples et des citoyens, parce que ceux qui maîtrisent tout ça, ne sont vraiment pas nombreux. Pour les autres débats politiques que nous avons, on ne demande pas aux gens avant de pouvoir émettre un avis, de savoir quelles sont les relations entre l’Assemblée et le Sénat, ou quelle est la répartition des compétences entre les différentes collectivités territoriales !
A force de vouloir faire de la pédagogie et de “l’information” pour convaincre les gens de voter, on finit par leur faire croire, que c’est trop compliqué pour eux, et qu’il vaut mieux que les experts s’en occupent. A ce propos une des étudiantes qui a réalisé le micro trottoir qui va avec l’enquête sur “le sentiment européen”, nous racontait cet après-midi comment c’était passé le tournage. Elle expliquait que de nombreux jeunes avaient refusé de répondre au micro-trottoir sur l’Europe, parce qu’ils avaient “peur de ne pas savoir répondre aux questions”(!). Pour eux l’Europe n’est pas synonyme de “donner son avis” mais de “répondre aux questions”.
Pourtant des avis, ils en ont. Les résultats de cette enquête abordent à travers plusieurs questions, les choix et les priorités que les jeunes souhaitent donner à l’Europe. Elle montre qu’ils voient “une Europe ouverte, verte et d’entreprises qui doit se donner comme priorités d’investissement : l’éducation et la formation, l’environnement, l’emploi et les affaires sociales”. Et commentaire de ces résultats, il y a eu, bien sûr, quelques avertis des questions européennes pour remarquer qu’une partie de ces questions “ne font pas partie des compétences européennes”…So What ? Est-ce qu’on peut se projeter deux minutes sans être rappelés à l’ordre ? A force d’expliquer comment fonctionne l’Europe, on va finir par la bloquer. Il faudrait peut-être arrêter de confondre, l’Europe avec Bruxelles. Comme le disais une autre étudiante, “je suis européenne, je le ressens, et tout n’est pas rationnel là-dedans.”
Ça m’a fait plaisir. Au terme de cette journée, j’ai des tonnes de questions dans la tête mais je me dis qu’en dépit des “c’est comme ça”, des “c’est compliqué”, des “le problème c’est que…”, la génération qui fera l’Europe demain, a envie de son rêve européen.
En prime un petit clip d’appel au (no)vote en 24 langues.
mots-clés : avenir, Europe, génération, jeunesse












