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1989, 20 ans après

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Chronique du 20 juillet

J’ai récemment reçu par Facebook une invitation à participer au Forum de Libération qui aura lieu à Lyon fin septembre sur le thème « 20 ans après la chute du mur ».

Cette proposition m’a ramenée 20 ans en arrière, à ces jours de novembre 1989. Je me rappelle de ces images qui passaient en direct à la télé : la foule massée devant le mur, ceux qui étaient grimpés dessus. Tous ces gens qui riaient, pleuraient, s’embrassaient, se prenaient dans les bras. Aussi ces images de Berlinois qui se démantelaient le mur à la main, des embouteillages monstres et des foules qui se pressaient pour passer de l’autre côté du mur.

J’ai aussi le souvenir de l’émotion très forte des adultes autour de moi. On m’expliquait que c’était l’évènement le plus important de l’histoire récente, que désormais le monde ne serait plus comme avant. J’avais 10 ans. Je ressentais fortement l’importance de ce qui se passait sous mes yeux. Mais, je ne comprenais pas tout.

D’abord, pourquoi avait-on empêché tous ces gens de pouvoir se déplacer ? Pourquoi ils n’avaient pas le droit d’être en contact avec les autres ? Comment le monde avait pu laisser faire ça ?

Il m’a fallu encore de longues années pour prendre conscience de ce que signifiait vraiment cet évènement. L’Europe de liberté, prospère et démocratique, dans laquelle j’étais née n’était qu’une partie d’elle-même. J’avais une idée de la seconde guerre mondiale, de la lutte contre le nazisme et de la Libération.

Mais je mesurais mal à quel point pour d’autres peuples d’Europe, la fin de cette guerre avait remplacé un totalitarisme par un autre. J’ai compris petit à petit qu’un pays en entier pouvait être transformé en prison, avec tout autour des barbelés, des miradors et des hommes en arme. Je découvrais des choses que j’avais du mal à croire. Ce mur, s’étendait à travers toute l’Europe. Il avait été érigé en 1961 pour empêcher la fuite par millier des habitants de ces pays. Plusieurs centaines de personnes avaient perdu la vie en tentant de franchir ce rideau de fer. Et j’ai appris que la dernière victime de ce système était tombée au début de l’année 89, à quelques mois de la chute du mur…

Il m’a fallu découvrir que plusieurs murs parcouraient l’Europe et que certains ont perduré au-delà de 1989. Les Pays Baltes et l’Ukraine ont du attendre le début des années 90 puis 2005 pour réussir à s’en libérer à leur tour.

Ces journées de novembre 1989 m’ont donnée le besoin de comprendre notre histoire. Celle des conflits qui ont brisé l’Europe, mais aussi l’histoire de ce qui l’a finalement délivrée.

Je me pose encore pas mal de questions. En particulier sur ce qui a permis ce basculement de 1989. Pourquoi et comment, en quelques jours tout le système totalitaire qui semblait si solidement tenu s’est effondré sous nos yeux ? Pourquoi la veille encore, certains assuraient que de leur vivant ils n’assisteraient pas la fin du rideau de fer ?

Pour nous 1989, c’est avant tout la chute du mur.
Mais ailleurs ? En Pologne ou dans les Pays baltes, dans la Tchécoslovaquie, comment a-t-on vécu cette date fondatrice de l’histoire contemporaine ?

La commission européenne a d’ailleurs récemment provoqué la colère de la Pologne en diffusant une vidéo intitulée “1989-2009: 20 ans de liberté”. Leur courrier de protestation parle d’une « simplification injuste ». Les Polonais regrettent en fait que trop d’importance soit donnée aux images de la chute du Mur, et pas suffisamment aux événements qui les avaient précédés : les soulèvements de Budapest en 1956, Prague en 1968, ainsi que la mobilisation des chantiers de Gdansk en 1980, avec le syndicat Solidarnosc.

Encore une fois, les Européens ont une mémoire différente d’un événement central de leur histoire. L’année 2009 est une année du souvenir. J’espère qu’elle sera une année de tous les souvenirs. Qu’elle sera l’occasion d’avancer dans la construction d’une histoire européenne et d’une mémoire continentale dans laquelle tous les Européens peuvent se retrouver.

C’est à mes yeux très important, parce que 1989, cette année charnière, est autant une fin qu’un commencement.

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Posté par : Julie

21 juillet 2009 à 2:30

2 commentaires

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Qu’y a-t-il à vendre dans cette élection européenne ?

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Chronique France Culture “Europe, croyance, rêves et cauchemars”

Fin d’une journée bien chargée, définitivement placée sous le signe de l’Europe. Ma chronique à 7h20 dans les Matins, le débat qui a suivi avec Olivier Ferrand, patron de Terra Nova et Franck Debié de European Ideas Network, puis participation au débat des résultats de l’enquête de TNS Opinion pour la FIP (Fondation pour L’innovation politique) sur “Le sentiment européen” chez les jeunes d’Europe. De quoi entrer, dans ma tête, dans cette campagne européenne. C’est pas trop tôt, vous allez me dire, mais on en est (presque) tous là ;)

Les résultats de l’enquête présentée cet après-midi montraient, sur les jeunes français, trois résultats qui m’ont interpellé. 77% des 18-25 ans, considèrent que dans la globalisation, le fait pour leur pays d’appartenir à l’Union est une chance. Interrogés sur les meilleurs moyens de faire entendre leur opinion par les responsables politique 71% d’entre eux répondent : le vote. Sur l’intérêt qu’ils portent aux élections européennes à venir, seuls 54% se disent “intéressés”.

Ça vaut le coup de réfléchir aux raisons de cet écart ? Qu’est-ce qui fait que cette confiance des jeunes en l’Europe ne se traduit pas “naturellement” en un intérêt pour ces élections européennes ?

Je repense à tous ces intervenants avec qui j’ai eu l’occasion de débattre dans la journée, souvent âgés de 10, 20 voire 30 ans de plus que moi. L’Europe qu’ils racontent, c’est souvent celle de tous les obstacles qu’il a fallu dépasser pour un résultats tout de même positif, selon eux. De l’entrée de l’Espagne et du Portugal, à l’Euro, en passant par les différents traités, sans oublier le référendum sur la constitution. Les difficultés institutionnelles bien sûr, pour fonctionner à 12, 15, 25 puis 27. Et on enchaîne sur les réformes institutionnelles qu’il faut désormais faire ou au contraire ne pas faire, la gouvernance idéale. Et là le débat est vif, on nous assure que c’est là que se situent l’enjeu politique majeur de ces élections.

Je sais que tout cela est important. N’empêche que ça ne m’a pas beaucoup convaincu… Je me suis quand même rendu compte que pour ces générations, les enjeux institutionnels et de fonctionnement de l’Europe avaient été, ces trente dernières années, au cœur des préoccupations pour faire l’Europe et fonctionner ensemble. D’où la prédominance du débat sur la gouvernance, dès qu’on parle d’Europe. Certes ce débat passionne ceux qui connaissent bien tout ça mais ennuie profondément la majorité des autres.

C’est vrai, pourquoi faut-il comprendre les affaires de majorité qualifiée, la nature des lien entre le parlement, les commissaires, leur mode désignation et qui élit qui, pour avoir un avis sur l’Europe ? Si c’est le cas, faut pas me raconter qu’on veut une Europe des peuples et des citoyens, parce que ceux qui maîtrisent tout ça, ne sont vraiment pas nombreux. Pour les autres débats politiques que nous avons, on ne demande pas aux gens avant de pouvoir émettre un avis, de savoir quelles sont les relations entre l’Assemblée et le Sénat, ou quelle est la répartition des compétences entre les différentes collectivités territoriales !

A force de vouloir faire de la pédagogie et de “l’information” pour convaincre les gens de voter, on finit par leur faire croire, que c’est trop compliqué pour eux, et qu’il vaut mieux que les experts s’en occupent. A ce propos une des étudiantes qui a réalisé le micro trottoir qui va avec l’enquête sur “le sentiment européen”, nous racontait cet après-midi comment c’était passé le tournage. Elle expliquait que de nombreux jeunes avaient refusé de répondre au micro-trottoir sur l’Europe, parce qu’ils avaient “peur de ne pas savoir répondre aux questions”(!). Pour eux l’Europe n’est pas synonyme de “donner son avis” mais de “répondre aux questions”.

Pourtant des avis, ils en ont. Les résultats de cette enquête abordent à travers plusieurs questions, les choix et les priorités que les jeunes souhaitent donner à l’Europe. Elle montre qu’ils voient “une Europe ouverte, verte et d’entreprises qui doit se donner comme priorités d’investissement : l’éducation et la formation, l’environnement, l’emploi et les affaires sociales”. Et commentaire de ces résultats, il y a eu, bien sûr, quelques avertis des questions européennes pour remarquer qu’une partie de ces questions “ne font pas partie des compétences européennes”…So What ? Est-ce qu’on peut se projeter deux minutes sans être rappelés à l’ordre ? A force d’expliquer comment fonctionne l’Europe, on va finir par la bloquer. Il faudrait peut-être arrêter de confondre, l’Europe avec Bruxelles. Comme le disais une autre étudiante, “je suis européenne, je le ressens, et tout n’est pas rationnel là-dedans.”

Ça m’a fait plaisir. Au terme de cette journée, j’ai des tonnes de questions dans la tête mais je me dis qu’en dépit des “c’est comme ça”, des “c’est compliqué”, des “le problème c’est que…”, la génération qui fera l’Europe demain, a envie de son rêve européen.

En prime un petit clip d’appel au (no)vote en 24 langues.



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PS : Avec un nombre d’électeurs pour cette élection européenne, supérieur à ceux qui ont participé à celle d’Obama, Dominique Reynié parlait “d’arme de démocratie massive” ;)

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Posté par : Julie

18 mai 2009 à 11:42

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