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Entrepreneuriat à l’école (#3), toujours émouvant

myvirtualcompany13Chaque année je participe au projet My Virtual Company porté par le centre des jeunes dirigeants de Marseille en partenariat avec plusieurs lycées. Des équipes d’élèves sont accompagnées par de jeunes entrepreneurs à construire un projet virtuel d’entreprise, et en apprennent ainsi les différentes étapes et les ressorts.

Cette année une des classes étaient une première en lycée pro mécanique auto. J’ai été totalement bluffée par les projets et j’ai eu un gros coup de coeur pour le projet d’une des équipes. Ils avaient complètement intégré l’importance de repenser le métier de mécanicien automobile au regard des nouveaux usages en matière d’achat et d’utilisation de voitures, et avaient intégré toutes les nouvelles possibilités que permet l’organisation d’un business sur le web. Mais ce qui m’a le plus ému c’était le père d’un des membres de cette équipe.

Ils étaient venu en famille le père, la mère et le petit frère assister à la finale du concours. Après la cérémonie, ils étaient là, pas très à l’aise avec l’ambiance « buffet et petits fours », ils se tenaient sur le côté, tous les trois, mais ils étaient là. Le papa, lui aussi ouvrier en mécanique auto, avait les yeux qui brillaient.

Je m’approche de lui :

- Vous êtes fier de votre fils ?

- (la gorge nouée) oui…

- Votre fils était le patron ce soir.

- Oui leur projet, c’est une bonne idée. Vous savez c’est comme ça qu’il a commencé mon patron. Une première affaire et après une deuxième… et aujourd’hui une belle entreprise. Si les jeunes d’aujourd’hui ont cette possibilité c’est bien. Alors peut-être mon fils, s’il a envie…

A son époque quand ce monsieur avait passé son CAP, il n’avait probablement pas eu l’occasion de participer à une initiative comme celle-ci, qui permet d’ouvrir cette fenêtre mentale et de s’imaginer, un jour, entrepreneur.

 

*Photo : les gagnants du concours my virtual company

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Posté par : Julie

5 juin 2013 à 2:15

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Apprendre l’entrepreneuriat à l’école (#2) : les exemples étrangers

slidevirtualcompanyDeux grands mouvements mondiaux portent l’apprentissage de l’entrepreneuriat à l’école.

La fondation JA Worldwilde (Junior Achievement) créée en 1919 au Etats-Unis ici. Sa déclinaison européenne JA-YE (Young entreprise) ici agit dans 36 pays (Europe et Proche Orient). Elle met en place des programmes éducatifs sur l’entrepreneuriat et “l’économie pratique”. En particulier création de microentreprises au sein des programmes scolaires et universitaires. Leur but « ​To inspire and prepare young people to succeed in a
global economy and empower students to believe in themselves”. Des millers de bénévoles interviennent et ont touché 10 millions d’élèves en 2012. En France c’est l’association « Entreprendre pour apprendre » ici  qui relaye ce mouvement. Elle intervient depuis 7 ans dans des centaines d’écoles (en partenariat avec l’éducation nationale) avec des résultats positifs tant en terme d’impact sur les résultats scolaires, que d’orientation, ou d’insertion professionnelle… Malgré son succès cette association manque encore de moyens pour répondre à la demande des écoles. Espérons que la décision gouvernementale annoncé par le Président leur permette d’amplifier leur action. Egalement membre de JA, le réseau 100 000 entrepreneurs ici, organise des témoignages d’entrepreneurs dans les classes depuis 6 ans.

Le réseau mondial NFTE, Network for teaching entreprenership  en 1987 aux Etats Unis ici a concerné 500 000 jeunes dans le monde (une dizaine de pays).  Créé pour trouver des solutions pédagogiques pour les élèves en difficultés ou les “décrocheurs” à travers la formation à l’entrepreneuriat. Au travers de différents programmes (dans les parcours scolaires, camps de vacances, concours de création…) des jeunes en difficultés s’initient à la création d’entreprise et re-connectent avec la réussite académique.

Des dizaines d’autres initiatives sont à l’oeuvre en France, concours locaux et nationaux de création d’entreprises réelles ou virtuelles, Les entrepreneuriales ici, projet pédagogiques…

Tout ce foisonnement est à chaque fois l’occasion de beaux partenariats entre école et entreprises. Souhaitons que cette dynamique s’amplifie et puisse concerner de plus en plus d’élèves qui vivent à chaque fois une expérience qui ouvre leurs horizons et change leur regard sur l’avenir et sur eux-mêmes.

 

*photo présentation d’une équipe de lycéens en mécanique auto de leur projet lors du programme « my virtual company » conduit par le CJD13 en partenariat avec plusieurs lycées de Marseille

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Posté par : Julie

4 juin 2013 à 4:44

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Apprendre l’entrepreneuriat à l’école : certifié 100% de gauche (?)

Capture d’écran 2013-05-23 à 19.03.28Je ne sais pas si vous connaissez cette manie intellectuelle :  chercher à démontrer qu’une idée est de gauche pour pouvoir justifier son avis. Autrement dit pour savoir si une solution serait utile et efficace pour notre pays, il suffirait de définir si elle est de gauche, ou pas…et la messe serait dite.

Exemple. A la sortie des assises de l’entrepreneuriat le Président a repris une des propositions du groupe de travail auquel j’ai contribué : enseigner l’entrepreneuriat à l’école, de la 6e à la terminale.

Il y a beaucoup à dire sur une telle mesure : pourquoi ? comment ? quel exemples étrangers ? qu’est-ce qui existe déjà en France ? quel bilan peut-on en tirer ? Du coup j’ai été assez surprise en lisant le billet de Martin Paugam (assistant d’un député) qui, pour soutenir cette idée s’évertue à démontrer : « Pourquoi apprendre l’entrepreneuriat à l’école est une idée de gauche » (à lire ici)

Mais au fond, qu’est-ce qu’on s’en fout ?! Pour la France ce qui est important c’est de savoir si ça va contribuer à l’égalité des chances, au développement économique, à la mutation pédagogique pour de meilleurs résultats en matière d’éducation, à l’innovation, à l’épanouissement du potentiel de la jeunesse … des enjeux qui concernent l’ensemble du pays. A quoi ça va nous avancer de savoir si c’est de gauche ou pas ?

Ce qu’on attend de ceux qui sont au pouvoir n’est pas de débattre dans leur microcosme, avec leur camp, comme dans un congrès de parti, mais de penser intérêt général, de défendre leurs choix auprès de tous les français (qu’ils soient ou pas de gauche) et de rassembler.

Ce réflexe n’est évidemment pas réservé à certains socialistes, il est partagé par tous les idéologues et les dogmatiques, et c’est en France un sacré problème.

Mais bon, je me réjouis quand même que le Président avec son équipe ait repris cette idée dans le rapport final des assises de l’entrepreneuriat et que certains députés soutiennent cette mesure (tout comme ce Martin Paugam et Romain Blachier qui héberge son billet). Ce type de programme a fait ses preuves dans de nombreux pays dont la France, depuis des dizaines d’années et mérite d’être amplifié.

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Posté par : Julie

3 juin 2013 à 12:52

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MakeSense ou ces petites révolutions silencieuses

Je vous laisse découvrir MakeSense. Un grand Game mondial au service de l’entrepreneuriat social. Un concept simple et puissant comme on en rêve tous d’inventer. Christian Vanizette et Romain Ragain l’ont fait.

Une plateforme de mise en lien. Des backpackers autour du monde qui interviewent des entrepreneurs sociaux présentant leur « défi » pour se développer, et les postent sur la plateforme. Partout dans le monde les membres de la communauté ont 4 possibilités face à ce défi 1. donner des contacts utiles à cet entrepreneur 2. donner des idées pour résoudre son défi. 3. Faire tourner son défi sur les réseaux sociaux pour trouver des ressources. 4. organiser un holdup : pendant deux heures une vingtaine de membres de la communauté se réunissent off line pour résoudre le défi.

Un Open Project avec un mode d’organisation et modèle économique tous aussi innovants. A découvrir absolument. La page Facebook ici

 

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Posté par : Julie

26 décembre 2012 à 11:39

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1er Hackathon ou mon dernier voyage en terre inconnue



Il y a 10 jours j’ai décidé de participer à mon premier Hackathon organisé le week-end dernier par Angelhack avec une équipe de (supers) développeurs.

Pour ceux qui sont déjà perdus : Hack-, comme Hacking, Hackeurs, -thon, comme marathon, téléthon. 24h pour réaliser le prototype d’un projet basé sur un hack (contourner un problème en programmation informatique) et faire une démo en 2 min devant un jury d’experts / investisseurs.

Pour ceux qui me connaissent un peu, 24h au pays des lignes de codes et des canettes de redbull, c’était pour moi un véritable voyage en terre inconnue. Et comme toute expérience de cette nature, ça vous change une femme ! Je  me suis même retrouvée, après être rentrée chez moi le dimanche à expliquer avec enthousiasme ce qu’e sont les APIs.

En tout cas belle complémentarité de l’équipe qui a permis de présenter Jobstagram, un projet dont vous entendrez parler. Un véritable Hack sociétal et informatique !

…bon j’avoue les 24h en un week-end, j’ai pris cher…mais bon ça vaut le coût ; )

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Posté par : Julie

10 décembre 2012 à 8:27

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Les start-up du Technion, l’autre emploi d’avenir !

Ce midi un des fondateurs de la belle start-up Captain Dash, parlait de leur sélection parmi les finalistes du I-com Big Data Venture challenge 2012 et s’étonnait de la proportion de start-up israéliennes dans cette short list (2/9 comme les américaines et les anglaises) et globalement de leur bon placement dans tous les concours internationaux de start-up.

Ca m’a rappelé un workshop que j’avais animé pour le 50 ans de l’OCDE sur le thème new skills for new jobs. Dans mon groupe il y avait un israélien, un sud africain, une française, un hollandais et un coréen.

Sur le lien emploi et développement économique, l’israélien raconte leur système d’incubateurs répartis dans tous le pays, au départ financé par l’Etat et explique : « - On accueille 100 porteurs de projets par promo, au final, en moyenne, deux ont une belle réussite, ils créent de la croissance, de l’emploi et une part de leur chiffre d’affaire est directement réaffecté au financement de l’incubateur dont ils sont issus ».

Et la française (travaillant dans une structure institutionnelle dans le domaine de l’emploi) réagit effarée : « - Mais c’est violent, et qu’est-ce que vous faites des 98 qui n’ont pas réussi…? »

….Choc de cultures….

Du coup j’ai trouvé cette vidéo ou le patron de l’université technologique Technion, surnommée the strat-up nation University, donne quelques-uns de leurs résultats et notamment le fait que 1/4 des diplômés du Technion (70 000) ont créé au moins une strat-up depuis leur sortie de l’université.

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Posté par : Julie

15 novembre 2012 à 10:13

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Taxer les riches jusqu’à ce qu’ils ne soient plus riches ?

Taxer au maximum les riches jusqu’à ce qu’(enfin) ils ne soient plus riches ? Laisser tranquilles les riches pour qu’ils puissent jouir en privé de leurs richesses démesurées ? Sommes-nous condamnés à choisir entre ces deux alternatives ? Les français méritent peut-être qu’on fasse un peu moins dans la caricature. Avec un petit effort ça devrait être possible. Peut-être même pourrait-on sortir de cet affrontement manichéen. Voir éviter des postures qui divisent et qui opposent les gens entre eux. D’un côté les méchants riches et l’autre les gentils pauvres ? Ou d’un côté les riches méritants et de l’autres ceux qui ne méritent pas de l’être. Dommage qu’on en soit encore là…

QUE FAIRE ? Allez, résumons la problématique. Certains ont tellement d’argent qu’il est choquant qu’ils ne s’en servent qu’au profit de jouissances privés. Les besoins du pays sont tels que leur utilisation devrait servir en partie à l’intérêt général.

Et là ne nous trompons pas, ces richesses sont plus des opportunités, si elles sont bien utilisées, que des dangers.

Pour qu’elles servent en partie l’intéret général :

- IMPÔTS : on peut les taxer par exemple pour réduire la dette de l’Etat ou d’autres dépenses publiques, c’est pas du luxe et c’est normal dans notre pays. Mais ce n’est pas la seule façon de rendre ces richesses contributives.

- BUSINESS ANGELS : on peut faciliter, encourager, promouvoir, contraindre (?) à l’investissement de ces richesses dans de jeunes entreprises, des startups, des PME dont tout le monde s’accorde à saluer l’importance en terme de vitalité d’innovation, de développement économique et de création d’emploi.

La France a beaucoup de retard en matière de Business Angels (ils sont héritiers, fortunes patrimoniales, entrepreneurs qui ont réussi, professions libérales, artistes, sportifs, retraités…) En France ils sont entre 4000 et 8000 personnes a investir leur argent personnel dans de jeunes entreprises, alors qu’en Grande Bretagne ils sont autour 50 000 et environ 500 000  au USA.

- MOINS D’HERITIERS / RENTIERS : on pourrait aussi engager une grande réforme des droits de succession et de la juridiction sur l’héritage. En France la loi contraint toute personne (même très très riche) à léguer la moitié de ses biens à son héritier s’il est seul (les 2/3 s’ils sont 2 ; les 3/4 s’ils sont 3) Pour comparaison Warren Buffet laissera 99% de sa fortune à des fondations et 1% à ses enfants.

Cette législation française est aussi une machine à fabriquer des riches qui n’en ont même pas le mérite. Aux USA dès le 19ème siècle, le patron de l’acier Andrew déclarait « pour que les Etats-Unis soient une authentique méritocratie, les millionnaires ne doivent pas léguer leur fortune à leurs enfants mais plutôt s’en servir pour promouvoir le bien public ». Bonne note de l’institut Montaigne sur le sujet.

- PHILANTHROPIE : on pourrait aussi faciliter, encourager, promouvoir, contraindre (?) à la philanthropie notamment à travers de puissantes fondations. Et oui là aussi il y a du boulot. La France n’a pas le don dans sa culture. Un français donne en moyenne 80€ chaque année, un anglais presque 4 fois plus, un américain 10 fois plus. Et ces écarts sont bien sûr aussi vrais pour les riches.

Pourtant, pour le tiers secteur, fondations, société civile etc… l’argent privé est bien utile voir tout à fait nécessaire dans une époque où les subventions seront bientôt un vestige du passé. La fondation Susan Buffet doté de plusieurs milliards déploie de puissants programmes sur la santé, l’alimentation, l’éducation et le développement économique dans le monde entier. Tout comme la fondation Gates qui investit massivement au niveau national et international pour la santé et l’éducation, ou la fondation Ewing Marion Kauffman dédiée à l’éducation à l’entrepreneuriat et à l’économie. La campagne  »The Giving Pledge » a d’ailleurs récolté aux Etats-Unis des promesses de dons de milliardaires pour un montant de 600 milliards de dollars. De quoi faire au service de l’intérêt général.

LA RICHESSE AU SERVICE DES AUTRES. C’est très bien que des « riches » aient fait un appel dans l’obs l’été dernier, pour demander à être exceptionnellement taxés en contribution à la sortie de crise. Mais en tant qu’entrepreneurs qu’ils n’hésitent pas non plus à monter des projets avec leur argent personnel, qui permettent de mettre durablement leurs richesses au service de l’intérêt général (qu’il soit économique ou social). Et pour cela, innovons un peu, il n’y a pas que les taxes et l’impôt.

MIEUX DE RICHES. Dans notre pays certains touchent des revenus exorbitants, indécents et parfois démérités. Ce n’est pas une raison suffisantes pour pointer du doigts touts les « riches » comme s’ils étaient tous des voyous, exploiteurs et coupables de la pauvreté de tant d’autres. Comment voulons nous que se comportent les riches dans notre pays, vrai débat ? Pour moi l’enjeu c’est qu’il y ait dans notre pays plus de riches qui soient méritants, investisseurs et philanthropes.

Comment les politiques peuvent-ils aider à cela ? Qui est prêt à montrer l’exemple ?

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Posté par : Julie

1 mars 2012 à 7:59

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Que reste-t-il de « la ville à prendre* » ?

Le 7 et 8 février le conseil de Paris débattra une ultime fois sur le sort de la Culée Rive Gauche du Pont Alexandre III. Ce pont construit en 1900, fait partie de ces monuments parisiens symboles de l’universalisme et de l’ouverture au monde. Or depuis 10 ans chacune de ces deux « jambes » abrite une vie bien différente de l’autre. Rive droite le ShowCase, haut lieu des nuits parisiennes, plutôt DJ, fric et paillettes. De l’autre, La Culée Rive Gauche lieu magique de création artistique et d’exposition libre.

L’animation, de ce deuxième lieu n’a jamais coûté d’argent à la puissance publique. Dératisé et réhabilité par l’équipe bénévole des gardiens du pont en 1999, équipé en son et lumière grâce au soutien de nombreuses entreprises industrielles mécènes. Il a accueilli des dizaines d’évènements iconoclastes et grandioses mettant à l’honneur oeuvres artistiques, sons, lumières, symboles et messages : défilés de créateurs, nuits musicales, expositions de peintures, de sculptures, de structures, rave parties, projection de films, performances… Il a accueilli de nombreux artistes en exil. Pour eux la Culée Rive Gauche a été à la fois un atelier de création et un espace d’exposition leur permettant d’exprimer par leur art les souffrances de la guerre civile qui sévit dans leur pays d’Europe ou d’Afrique, et d’interpeller les parisiens sur ces réalités lointaines.

Pendant toutes ces années pour conserver le droit d’administrer librement ce site qui n’était à l’origine que des catacombes à l’abandon, les gardiens du pont, emmenés par le fougueux réalisateur Patrick Brunie*, ont mené un véritable combat avec les autorités qui n’ont jamais officiellement autorisé le lieu. Mais désormais, il semble que la fin du combat soit proche. Pendant 12 années, des citoyens, des parisiens engagés pour faire vivre leur ville, des entreprises et des artistes venus du monde entier ont déployé une imagination véritable et une profonde ambition de forme et de fond, pour faire vivre ce site unique situés dans les entrailles de Paris.

A leur oeuvre et à leur projet, il semble que la Mairie de Paris ait préféré une autre option. Elle a décidé de confier (dans le cadre d’un appel d’offre) la gestion de la Culée Rive Gauche à Addy Bakhtiar qui gère notamment…le Showcase, ainsi que de retenir son projet construit autour un restaurant japonais plutôt luxe. A l’heure des références récurrentes à l’Allemagne, il serait bon de regarder du côté de la politique culturelle de leurs villes pour s’en inspirer un peu. Que répondrait le maire de Berlin si on lui proposait de remplacer une fabrique culturelle autogérée au coeur d’un monument historique par un restaurant japonais huppé.

Pont Alexandre III, il semble que ta schizophrénie soit en passe d’être soignée, à coup de remèdes chocs bien de notre époque, désormais tes deux « jambes » vibrerons de la même énergie aseptisée.

* Il n’y a pas de hasard mais en 1979 Patrick Brunie avait réalisé La ville à prendre

Pour soutenir La Culée Rive Gauche

- « France O ma France » jusqu’au 12 février dernière exposition de 60 artistes avant démolition annoncée à la Culée Rive Gauche du Pont Alexandre III – Le 4 et 5 février nombreux évènements artistiques toute la journée - Rassemblement devant le QG de campagne de Hollande le 4 février à 16h

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Posté par : Julie

3 février 2012 à 5:14

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LA MANU, fin d’expérimentation

Ca y est, je me décide enfin à reprendre la plume pour parler de ce qui m’anime depuis la rentrée (3 mois déjà…) Il y a comme ça des moments dans la vie où on a tellement de choses à dire qu’on ne sait pas par où commencer. Et dans ce cas rien ne remplace la digestion mentale des événements qui surviennent. Un seul billet ne suffira pas à tout dire alors commençons par les faits…

LA MANU, cette belle aventure lancée il y a trois ans, a cessé son activité à la rentrée.

Alors que cette démarche originale en pleine dynamique était plébiscitée par les étudiants qui y participaient, soutenue par des entreprises de plus en plus nombreuses, en partenariats avec de multiples réseaux et associations, le ministère de l’Emploi a décidé au coeur de l’été, de revenir sur ses engagements de financements pour 2011. En bref de supprimer totalement ses financements à 4 mois de la fin de l’année. Le modèle économique, complexe à trouver pour l’entrepreneuriat social, avait beaucoup évolué en trois ans pour passer de 70% de financements d’Etat à 34%, mais cette proportion restait encore (trop) significative pour ne pas être décisive.

Sur l’attitude de l’Etat il y aurait beaucoup à dire. Incapacité d’engagement car l’évaluation à laquelle nous avions été soumis faisait ressortir des résultats très positifs en matière d’employabilité des jeunes y participant. Manque de vision car pour une fois les jeunes n’étaient pas seulement « bénéficiaires d’un dispositif » mais pleinement acteurs de la préparation de leur vie professionnelle, ce qui permettait aux entreprises de les découvrir sous l’angle de leur potentiel. Projection budgétaire à court terme quand on sait que le coût par étudiant pour l’Etat était jusqu’à 100 fois mon cher que des dispositifs « curatifs » qui sont déployés une fois que les jeunes se retrouvent effectivement en difficultés d’emploi. Je pourrais continuer longtemps (et d’ailleurs j’y reviendrai) mais cela ne changera pas les faits. Ce retrait brutal des finances d’Etat en plein mois de juillet ne permettait plus de conduire les activités prévues de septembre à décembre, donc de rentrer les recettes privées liées à ces activités. Plus de recettes du jour au lendemain = cessation de l’activité.

L’annonce a été brutale pour tout le monde. Les équipes qui déployaient leurs énergies pour faire vivre l’activité, les porteurs de projets étudiants, les responsables d’entreprises qui se battaient depuis 3 ans pour agir concrètement sur l’ouverture de leur recrutement aux universitaires… Mais la brutalité fait partie de la vie, et surtout il ne restera pas rien de cette expérimentation, loin de là !

Cette expérience unique fondée sur la vitalité des étudiants et leur capacité à prendre leur vie professionnelle en main, a produit des résultats qui interrogent profondément la façon dont on traite, dans notre pays l’accès des jeunes à la vie active. (Rappelons au passage l’incapacité qu’a la France à résoudre ce fléau depuis 30 ans). Cela ouvre de grandes perspectives de réflexion et d’action pour l’avenir et c’est fondamental. Cela a aussi donné des idées et des envies d’action à bon nombre de ceux qui ont été de la partie, et qui poursuivront l’histoire à leur façon, car sur ces enjeux essentiels beaucoup reste à faire.

Pour ma part, cette expérience a été d’une richesse incroyable et je reste passionnée par ces sujets qui ne manqueront pas de trouver une place dans mes activités futures.

Je termine ce billet avec deux petites vidéos qui témoignent d’une aventure qui a réussi à allier avec force des dimensions humaines et philosophiques et une action percutante.

Un clip-reportage autour de jeunes porteurs de projets à LA MANU, réalisation par Donoma Guerilla production (un grand merci à Djinn Carrenard et Salome Blechmans qui croquent visages et paroles avec talent)



Entrepreneurs de leur vie professionnelle – LA… par -LA-MANU-

Une vidéo sur le dernier concours de MANUMarketing des diplômes, réalisation Pierre Guenoun qui entre autre réalise aussi des clips comme celui-là



Finale 2011 du concours de MANUmarketing des… par -LA-MANU-

Et aussi une centaine de vidéos sur l’espace LA MANU de dailymotion et de YouTube

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Posté par : Julie

7 décembre 2011 à 6:26

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