Archives pour le mot-clé ‘diversité’

Qui n’est pas “issu de la diversité” ?

“Issu de la diversité”, c’est donc l’expression à la mode, une nouvelle parabole qui appartient clairement au registre du “politiquement correct”. Elle remplace désormais d’autres expressions bien connues comme “issu de l’immigration”, “minorités visibles”, … qui semble-t-il ont fait leur temps.  Ça ne nous a pas échappé, “la diversité” est un des concepts très en vogue du moment, ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose. Mais j’ai été vraiment choquée de voir la rapidité avec laquelle ce “issu de la diversité” s’est imposé dans le langage courant instituant un véritable non sens sémantique, ….tellement révélateur.

J’ai donc ouvert le dictionnaire et je lis : diversité : état de ce qui est divers, ok ça nous avance peu. Je vais donc voir à “divers” et je lis : divers : qui présente plusieurs faces, plusieurs apparences, (sous entendu une même chose qui…) C’est on ne peut plus clair, dans une société il n’y a donc pas une personne qui soit plus diverse qu’une autre. Et ce n’est qu’à l’ENSEMBLE que peut s’appliquer la notion de diversité. Chacun de nous est donc par définition “issu de la diversité” !

Mon but n’est pas la de jouer sur les mots, mais les mots révèlent un sens. Et je ne peux que constater que cette belle notion de “diversité” a été tranquillement détournée pour désigner ceux qui seraient “différents” par rapport à une norme supposée, sous l’appellation “issu de la diversité”.

C’est décidé, la chasse à cette expression est ouverte !

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Posté par : Julie

11 janvier 2010 à 1:10

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Etre français(e) ?

Projet prévu de longue date (ndlr. avant le lancement du débat sur l’identité nationale) par l’institut Montaigne qui sort demain le livre Qu’est-ce qu’être français ? j’ai répondu ce midi à la question de savoir ce que signifiait pour moi : être française …

En fait je ne m’étais jamais vraiment posé la question sachant que ce n’est pas la première identité que je mets en avant lorsque je cherche à me définir … en vrac ce qui m’est venu à l’esprit :

- j’espère qu’on arrivera jamais à une liste de 10 dimensions qu’il faudrait cocher pour être français… pour définir une communauté d’appartenance, il faut que la majorité ce ceux qui y appartiennent de fait, s’y retrouve ; et dans le même temps je trouve bien de s’interroger sur ce que nous avons en commun et les raisons que nous avons de vouloir vivre ensemble, et pour construire quelle société

- Je trouve que globalement la France est solide sur certaines grandes valeurs républicaines (à l’exception de véritables scandales) : les droits de l’Homme (on a le droit d’avoir ses idées, de les défendre, de les manifester sans risquer sa vie, de choisir son mode de vie : encore deux jeunes homosexuels condamner à mort en Iran, et tous les jours des manifestation réprimer dans la violence…), les droits de femmes (qui ont le droit de ne pas être coupable d’être des femmes ni des effets qu’elles peuvent éventuellement produire sur les hommes), la laïcité (ne pas se servir d’une autorité divine pour construire notre système éducatif, fonder notre justice sur un engagement devant les hommes et non devant Dieu), la liberté d’expression et de critique de la pensée, de toutes les pensées (l’issue du procès des caricatures de Charlie Hebdo en a été un grand moment)

- Je trouve important que nous nous mêlions des affaires du monde, on passe parfois pour “les mouches du coche” mais je préfère être dans un pays qui ne se sent pas étranger au destin du monde que dans un pays qui met la tête dans le sable dès qu’il ne s’agit pas directement de lui et de ses habitants.

- Maintenant il y a de vrais paradoxes dans cette France qui peuvent constituer de véritables dangers pour l’avenir, des bombes à retardement même ; de grands écarts entre les ambitions affichées et la réalité. Je pense par exemple au mélange, à la mixité, au métissage.  Beaucoup d’étrangers qui visitent la France s’étonnent de voir des français dont les origines viennent des quatre coins du monde, vivre ensemble au quotidien, être amis, se marier… c’est plus le mélange que le communautarisme qui nous caractérise et pourtant… la France a créé en son sein des zones urbaines de relégation, en confinant ceux avec qui certains ont refusé et refusent toujours de se mélanger, voir de partager cette identité française. Certains  dans ces quartiers n’aiment pas la France, ont du mal à se sentir français mais est-ce que la France les aime, est-ce qu’elle a aimé leurs parents, est-ce qu’elle voit en eux de jeunes français dont il faut assurer l’avenir ? Comment va-t-on durablement vivre ensemble dans ces conditions ?

- En matière de grands écarts entre les ambitions et la réalité, je pense aussi à notre système social auquel nous tenons tant : “le modèle social français”. Solidarité en matière de santé, de retraite, de chômage, puissance des services publiques, en France, tout cela fait aussi notre fierté … mais pour combien de temps ? Les déficits des systèmes sociaux, la dette publique (121 milliards d’euros), les marges de manœuvre financières et nos possibilités de choisir qui se réduisent chaque année, pose la question de ce qui sera laissé à notre génération et à celles à venir : comme seule possibilité : gérer les suites des décisions prises par nos ainés ? En matière de retraite par exemple, en gros nous sommes sûrs que nous allons, toute notre vie, payer pour ceux qui sont en retraite, sans certitude que le système de solidarité n’aura pas fait faillite, avant que nous arrivions en retraite et puissions à notre tour bénéficier de cette solidarité. Si la solidarité sociale caractérise la France, alors il faut se donner les moyens de la pérenniser pour les générations à venir.

République, vivre ensemble, fraternité, solidarité entre les générations… la France tiendra-t-elle ses promesses ? Espérons que  la France ne préfère pas son passé et ses aquis, à ses enfants et leur avenir ? (d’ailleurs faut-il se contenter d’espérer ??…)

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Posté par : Julie

16 novembre 2009 à 7:42

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7 bonnes raisons (ou plus) d’être contre le CV anonyme

Comme à beaucoup de gens, je suppose, le CV anonyme, m’a paru au départ être une bonne idée pour lutter contre les discriminations à l’embauche. Mais dès que j’ai commencé à y réfléchir un peu plus, la liste des arguments militant contre, m’a semblé bien longue.

Contrairement au testing, auquel je suis très favorable (qui contrôle et met à jour les pratiques), il me semble que cette piste de CV anonyme qui traîne dans les dossiers de Yazid Sabeg, commissaire à diversité et à l’égalité des chances … serait une très mauvaise chose. Voici les premiers arguments qui me sont venus en tête.

1- Déjà je ne vois pas ce qu’on appelle “mise en œuvre” ou “généralisation” du CV anonyme. Qui va être contraint, dans les faits, de pratiquer l’anonymat ? Les entreprises ? “Interdit de détenir un CV qui ne soit pas anonyme sous peine de …” ? Les candidats ? “Amende ou élimination immédiate du processus de recrutement en cas d’affichage de son identité” ?

2- Je ne vois pas bien, non plus, jusqu’où va l’anonymat (s’il s’agit d’éliminer les facteurs potentiellement discriminant). On supprime le nom et le prénom, la nationalité bien sûr, l’adresse de résidence, pas de nom d’établissements dans lequel la scolarité secondaire a été effectuée, pas de lieu de naissance, mieux vaut aussi supprimer l’âge et le sexe, et tant qu’à faire supprimer aussi les établissements d’enseignement supérieur fréquentés (entre les écoles et la fac on connait les réflexes)…

3 - Et puis comme on ne fera pas disparaitre les réseaux, le lien entre les gens (et c’est heureux !) je vois mal comment on va rendre anonyme le fameux “au fait tu m’as dit que tu cherchais à recruter pour un stage / sur un poste de …, j’ai justement un copain / un cousin / un pote de classe /un enfant /… qui cherche, je lui dit de prendre contact avec toi ?”

4- Du coup pour les recruteurs ce sera plus “simple” il y aura d’un côté la pile des CV anonymes et de l’autre celle des CV “recommandés” et l’on aura ainsi renforcé les inégalités liées au fait d’avoir ou pas un réseau de relations professionnelles

5- Au fait, à qui demande-t-on de changer finalement ? Aux recruteurs pour qu’ils aient moins d’a priori dans leurs recherches des bonnes compétences et des talents ? Non, au contraire, avec une idée comme le CV anonyme, c’est comme si on considérait que les a priori allaient toujours exister en l’état, et que pour cela mieux valait faire disparaitre “dans une première phase de recrutement” les différences, et ici l’identité même des gens. Ça me met mal à l’aise, ambiance “Mon cher Omar je suis bien content de vous avoir rencontré, car entre nous, comme vous êtes quand même “de couleur”, je ne suis pas sûr que j’aurais spontanément donné suite à votre candidature, vous voyez ce que je veux dire. Mais grâce au CV anonyme nous avons eu l’occasion de nous rencontrer !”

6- Et puis finalement quel est le message de fond adressés aux personnes qui se cacheront derrière ces CV ? “Tu as une identité qui ne peut pas être acceptée par la société et les entreprises, mieux vaut que tu la fasses disparaître en devenant anonyme”. Est-ce ainsi que l’on compte rendre combatifs et fiers de ce qu’ils sont, ceux qui ont déjà tendance à être mis à l’écart ? “Ne soi pas toi même , disparais (mais jsute dans un premier temps), c’est la meilleure façon de t’en sortir !”. Quelles perspective d’avenir réjouissante…

7- Plus j’y pense et plus je trouve cette idée glauque, en ce qu’elle porte d’une société indifférenciée. “Il n’est pas dans votre intérêt de faire connaitre votre identité” quelle capitulation de l’espoir et du vivre ensemble !

J’espère que le CV anonyme ne sera pas retenue pour “promouvoir la diversité et l’égalité des chances” alors je compte sur vous pour allonger la liste des “bonnes raisons d’être contre le CV anonyme” (ou me démontrer arguments à l’appui que c’est la mesure qu’il nous faut) !

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Posté par : Julie

7 avril 2009 à 5:25

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“Des jeunes / une jeunesse”, le fameux débat

Aujourd’hui au CESR, discussion exploratoire en petit groupe sur la question de la jeunesse francilienne. Une discussion ouverte depuis quelques temps. Mais dans le contexte actuel, des questions de fond sur l’approche de ce sujet, commencent à se poser dans nos échanges. “Dans la diversité des parcours, des positions et des sensibilités que recouvre le CESR” on travail sur “les jeunes (franciliens)”. Et comme bien souvent quand un groupe de travail ou de réflexion se monte sur ce sujet, à un moment, la question se pose… “Y a-t-il une jeunesse” ou “des jeunes” ? Cette question résonne souvent comme l’alpha et l’oméga du débat, et chacun semble avoir sa conviction en la matière. Mais finalement pourquoi s’interdire de répondre “les deux”, “ça dépend du point de vue”? On trouvera “des jeunes”, si on cherchent ce qui les différencie, malgré leur communauté d’âge. On trouvera “une jeunesse”, si on cherche ce qui les lie, malgré leurs différences.

Vous connaissez ma sensibilité d’approche. A LA MANU on fabrique du lien, trouver ce qui nous rassemble, a ma préférence.

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Posté par : Julie

17 mars 2009 à 12:16

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