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Qui t’as dit que de t’habiller comme tu le voulais, c’était provoquer ?

Enfin un peu de soleil à Paris. Avec cette chaleur qui revient c’est aussi l’occasion de découvrir ses bras, de mettre de côté les cols roulés et de découvrir jambes et genoux. Bref de prendre plaisir à sentir l’air chaud au contact de sa peau.

Mais c’est sans compter sur le retour des « gros cons » (souvent des hommes mais pas que…) Ceux qui ne peuvent pas s’empêcher de faire subir aux autres, l’effet que produisent sur eux cette remontée de chaleur et la vue d’épaules et autres débuts de cuisse.

Les « so basic »

Il y a ceux qui, passablement transformés en animaux, se mettent à s’adresser aux filles qui passent avec le langage utilisé pour communiquer avec les chiens (en l’occurrence les chiennes) « psit psit », « nki nki », « hsu hsu ». Basiques, on les imagine bien à quatre pattes en train de renifler le cul, d’une femelle qui passe.

Les pervers

Il y a ceux un peu plus pervers qui utilisent les modes de vie citadins pour mettre en oeuvre leur désir de toucher cette peau et ses corps qui les attirent, contre le gré des femmes convoitées. Et c’est le bal des frottement « involontaires » dans le métro, des mains au culs « inopinées » causées par la foule, et des touchés de seins « malencontreux » causés par les mouvements du bus. Le « jeu » consiste à tripoter tout en faisant croire aux femmes, et aux jeunes filles en particulier, que tout cela n’est que le fruit du hasard, et que toute réaction de leur part serait totalement injuste !

Les frustrés

Et puis il y a les frustrés qui n’ont plus que l’insulte pour exulter ce désir qu’évoque chez eux la vue de toute cette chaire. Comme ce vieux hier dans le métro qui, après avoir bavé sur l’arrière genoux d’une demoiselle dans l’escalator, prend à partie sa voisine « vous allez voir bientôt elles vont se balader à poils, les filles de nos jours »…

1/ Tous mérites quelques insultes ou une paire de claques en retour, comme les animaux, il faut savoir mettre des limites.

2/ Non tous les hommes ne sont pas comme ça, et nombreux, tout émus qu’ils soient par le retour des beaux jours, savent traiter leurs désirs, et autres émotions sensuelles en leur fort intérieur.

3/ Quand un désir se transforme en agression, la responsabilité doit changer de camp ! Quand allons nous engager l’effort de civilisation nécessaire pour que tous les hommes travaillent enfin sur la gestion de leurs désirs ? Car en attendant toutes les femmes doivent de leur côté gérer ce risque. Il est temps d’arrêter d’imputer aux femmes, et à la façon qu’elles ont de se vêtir, les excès, égarements et autres actes de violence des hommes !

Et si on « repassait le sexe des hommes ?! »

Je crois que le niveau de civilisation d’une société se mesure aussi à la capacité qu’ont les femmes de s’habiller comme elles le souhaitent, sans avoir à subir, de façon communément admise, d’insultes, d’agressions ou de viols.


A ce propos le très beau film reportage « Massage à la camerounaise ». Il traite de la pratique du « repassage des seins » répandu au Cameroun, mais aussi au Togo ou en Guinée, qui a pour but de faire disparaître ou d’atrofier les seins, pour éviter aux jeunes filles d’être violées et de subir de précoces grossesses.

J’ai bien aimé la remarque d’une des femmes interviewée, « et si on repassait plutôt le sexe des hommes ! »

photo de Marc Euriat- Buenos Aires 2011 « Qui t’as dit que de t’habiller comme tu voulais, c’était provoquer ? »

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Posté par : Julie

26 mai 2012 à 5:17

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Etre français(e) ?

Projet prévu de longue date (ndlr. avant le lancement du débat sur l’identité nationale) par l’institut Montaigne qui sort demain le livre Qu’est-ce qu’être français ? j’ai répondu ce midi à la question de savoir ce que signifiait pour moi : être française …

En fait je ne m’étais jamais vraiment posé la question sachant que ce n’est pas la première identité que je mets en avant lorsque je cherche à me définir … en vrac ce qui m’est venu à l’esprit :

- j’espère qu’on arrivera jamais à une liste de 10 dimensions qu’il faudrait cocher pour être français… pour définir une communauté d’appartenance, il faut que la majorité ce ceux qui y appartiennent de fait, s’y retrouve ; et dans le même temps je trouve bien de s’interroger sur ce que nous avons en commun et les raisons que nous avons de vouloir vivre ensemble, et pour construire quelle société

- Je trouve que globalement la France est solide sur certaines grandes valeurs républicaines (à l’exception de véritables scandales) : les droits de l’Homme (on a le droit d’avoir ses idées, de les défendre, de les manifester sans risquer sa vie, de choisir son mode de vie : encore deux jeunes homosexuels condamner à mort en Iran, et tous les jours des manifestation réprimer dans la violence…), les droits de femmes (qui ont le droit de ne pas être coupable d’être des femmes ni des effets qu’elles peuvent éventuellement produire sur les hommes), la laïcité (ne pas se servir d’une autorité divine pour construire notre système éducatif, fonder notre justice sur un engagement devant les hommes et non devant Dieu), la liberté d’expression et de critique de la pensée, de toutes les pensées (l’issue du procès des caricatures de Charlie Hebdo en a été un grand moment)

- Je trouve important que nous nous mêlions des affaires du monde, on passe parfois pour « les mouches du coche » mais je préfère être dans un pays qui ne se sent pas étranger au destin du monde que dans un pays qui met la tête dans le sable dès qu’il ne s’agit pas directement de lui et de ses habitants.

- Maintenant il y a de vrais paradoxes dans cette France qui peuvent constituer de véritables dangers pour l’avenir, des bombes à retardement même ; de grands écarts entre les ambitions affichées et la réalité. Je pense par exemple au mélange, à la mixité, au métissage.  Beaucoup d’étrangers qui visitent la France s’étonnent de voir des français dont les origines viennent des quatre coins du monde, vivre ensemble au quotidien, être amis, se marier… c’est plus le mélange que le communautarisme qui nous caractérise et pourtant… la France a créé en son sein des zones urbaines de relégation, en confinant ceux avec qui certains ont refusé et refusent toujours de se mélanger, voir de partager cette identité française. Certains  dans ces quartiers n’aiment pas la France, ont du mal à se sentir français mais est-ce que la France les aime, est-ce qu’elle a aimé leurs parents, est-ce qu’elle voit en eux de jeunes français dont il faut assurer l’avenir ? Comment va-t-on durablement vivre ensemble dans ces conditions ?

- En matière de grands écarts entre les ambitions et la réalité, je pense aussi à notre système social auquel nous tenons tant : « le modèle social français ». Solidarité en matière de santé, de retraite, de chômage, puissance des services publiques, en France, tout cela fait aussi notre fierté … mais pour combien de temps ? Les déficits des systèmes sociaux, la dette publique (121 milliards d’euros), les marges de manœuvre financières et nos possibilités de choisir qui se réduisent chaque année, pose la question de ce qui sera laissé à notre génération et à celles à venir : comme seule possibilité : gérer les suites des décisions prises par nos ainés ? En matière de retraite par exemple, en gros nous sommes sûrs que nous allons, toute notre vie, payer pour ceux qui sont en retraite, sans certitude que le système de solidarité n’aura pas fait faillite, avant que nous arrivions en retraite et puissions à notre tour bénéficier de cette solidarité. Si la solidarité sociale caractérise la France, alors il faut se donner les moyens de la pérenniser pour les générations à venir.

République, vivre ensemble, fraternité, solidarité entre les générations… la France tiendra-t-elle ses promesses ? Espérons que  la France ne préfère pas son passé et ses aquis, à ses enfants et leur avenir ? (d’ailleurs faut-il se contenter d’espérer ??…)

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Posté par : Julie

16 novembre 2009 à 7:42

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« Société anonyme », chronique matinale sur France Culture

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Tous les lundis matin à 7h20 sur France Culture.

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Posté par : Julie

4 mai 2009 à 5:22

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« Former égrégore »

Bon clairement jusqu’à il y a une heure je n’utilisais pas cette expression.

Il se trouve que la semaine dernière j’ai croisé lors d’un concert à la pena Flamenco en France, Edgar Morin. Quelques a priori très positifs d’autres nettement moins. Je me suis quand même replongée dans ce fameux chapitre « pour une politique de civilisation » qui avait refait parler de lui suite aux voeux 2008 de Sarkozy (polémique qui semble d’ailleurs lointaine vue d’ici, mais passons)

Il se trouve aussi que lors de la réunion de travail avec Philippe Herzog ce matin, nous discutions de cette nécessité de donner une forme d’ensemble, un sens, à la multitudes d’actions, d’initiatives qui se prennent dans un domaine. Nous échangions sur la mission de LA MANU. Mettre en synergie, en donnant un sens commun, à des actions qui existent déjà en matière de lien entre les étudiants et les entreprises. Bien sûr beaucoup de choses se font , mais finalement qu’est-ce qui se fait ? Toutes ces discussions nous ont emmené loin, politique industrielle, ergonomie complexe, situation démographique mondiale, systèmes éducatifs… j’y reviendrais un de ces quatres.

N’empêche qu’en lisant « pour une politique de civilisation » ce soir (façon aussi de me donner bonne conscience après un excès de surf sur twitterland) je suis tombée sur LE concept qui appliqué au social, résume cette approche : FORMER EGREGORE.

« Partout jaillissent des initiatives pour régénérer le tissu social et la vie citoyenne. Mais ces initiatives sont dispersées et locales. Il faut non les systématiser mais les systémiser, c’est à dire les relier pour qu’elles constituent un tout (…) Aussi plus important que tous les plans et projets seront les processus divers formant égrégore (synthèse d’une force collective qui contient les buts, les espoirs et les désirs de l’ensemble des individus qui s’y rattachent) et allant vers leur synergie.

Bien sûr dans ce petit bouquin il y a des trucs intelligents à tous les paragraphes. Deux autres échos au temps qui courent.

En plus court et plus simple ce que j’évoquais dans des derniers billets moment à saisir, tout est foutu ou en écho à l’interview de Dominique Reynié :

« Nous souffrons ce problème du retard inévitable de la conscience sur le vécu, accentué par la vitesse et la complexité. (…) Les sociétés complexes évoluent selon un processus de décomposition /recompostion. Comme le dit Alian Caillé : « La catastrophe est là en permanence, et pourtant elle est conjurée en permanence plus ou moins bien » A nous de jouer donc !

Pour finir avec une pensée pour mes amis syndicalistes qui mènent demain leur dernier jour de campagne pour les prud’hommes, un petit mot d’Edgar Morin :

« Aujourd’hui on isole les problèmes du chômage, de l’emploi, de l’exclusion hors de leur contexte et on prétend les traiter à partir d’une logique économique close. Il faut au contraire les considérer au sein d’une grande problématique de société et partir des besoins de civilisation qui, d’eux-mêmes, exigent de nouveaux emplois. Il ne suffit pas de partir d’un « social » qui mettrait entre parenthèse le civilisationnel. »

Et encore beaucoup de choses d’actualité dans cet essai. Il se demande par exemple si le PS va « changer la vie »…

Bon je vais m’arrêter là car chaque page m’évoque un billet.

Et plus pragmatiquement rdv le 3 au soir, pour les résultats des prud’hommes.

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Posté par : Julie

2 décembre 2008 à 3:34

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