Archives pour janvier, 2010
Recrutement, demain fini les mariages de raison
Et oui, il va falloir s’aimer, …dans l’entreprise aussi. Il semblerait que notre société, comme elle l’a fait pour le mariage, va devoir mener cette évolution.Nous concevons de moins en moins notre travail comme une sphère à part (à côté de la vraie vie). Nos attentes d’humains, de citoyens et de professionnels convergent dans notre vie et ces nouvelles exigences s’abattent sur les recruteurs et les managers d’aujourd’hui. Car eux aussi ont leurs préoccupations. Ils cherchent à comprendre les nouvelles générations, pour mieux pouvoir les attirer, les recruter, les manager et fidéliser les talents.
Fidéliser ? “La fidélité de principe”, voilà une notion qui est en train de disparaître. Pas plus qu’on ne conçoit désormais la fidélité en amour au prix de l’oubli de soi, on ne pense plus aujourd’hui la “fidélité vis-à-vis de l’entreprise” comme hier. Qui peut a priori affirmer qu’il passera 40 ans de sa vie dans la même entreprise ? On se dit même que cela ne sera probablement pas le cas, et ce n’est plus un problème pour les jeunes. Car nous cherchons avant tout “un métier où nous puissions nous épanouir”, comme le montre 57% des réponses des étudiants à la récente enquête CSA pour le Cercle du leadership. Et dans cette recherche de l’épanouissement au travail, il y a bien sûr les vocations, ceux qui ont toujours su qu’ils seraient vétérinaire, musicien ou avocat et qui le seront avec passion toute leur vie. Mais la plupart d’entre nous se projettent plutôt en pensant changer de nombreuses fois d’entreprise mais aussi d’activité, de métier.
Dans notre parcours, chaque emploi constitue plutôt une expérience, une occasion de participer à un projet tout en développant nos savoirs faire, la priorité étant au final : notre évolution personnelle (à propos des critères qui dicteraient le choix d’une entreprise : 79% mettent en avant les “évolutions personnelles” notamment les possibilités offertes en matière d’apprentissage). Certains de nos aînés pourraient voir dans cette attitude un manque d’engagement, une marque d’inconsistance, voire d’individualisme. Et pourtant, dans notre esprit et dans notre pratique, rien n’oppose la construction phase après phase d’une vie professionnelle faite de coups de cœur, de doutes, de changements de cap et une véritable capacité d’investissement dans les missions, le travail que nous occupons au présent.
Tout cela pose dès aujourd’hui de lourdes questions au management et au recrutement. Pour le recrutement et management : le temps des “mariages de raisons” sera un jour révolu. “Je reste dans mon entreprise parce que je n’ai pas le choix”, “je suis quand même confortable, j’ai mes habitudes”, “je m’ennuie d’accord mais partir… pour aller où ?”, “c’est une sécurité, j’espère que cela durera le plus longtemps possible, même si je me sens parfois, aigri(e), frustré(e), dévalorisé(e)”… Avec le temps ces types d’attitudes seront de moins en moins répandues.
Le travail reste une nécessité mais les jeunes générations affirment leur volonté d’ouvrir le plus largement le champ des possibles pour que cette nécessité de travailler ne se fasse pas au prix de leur épanouissement. Comme pour le mariage d’amour, les recruteurs et les managers de demain vont devoir “garder la flamme allumée” (”donner du sens au projet d’entreprise” (40%), “créer un climat dynamique, compétitif et stimulant dans l’entreprise “(35%), un management respectueux des personnes (61%). Ils vont devoir cultiver les raisons de rester dans l’entreprise et de s’investir pour les salariés, les esprits ouverts, les entrepreneurs, les talents, les passionnés, les créateurs sinon ils s’en iront ailleurs.
Dans cette perspective l’enjeu qualitatif du recrutement devient d’autant plus déterminant. Les logiques de “qui que tu sois quand tu rentres sur un poste et au bout de quelques mois tu seras à l’image de l’entreprise” seront difficilement compatible avec cette attente des jeunes d’être pris en compte et d’apporter, avec tout ce qu’ils sont, au projet et aux résultats de l’entreprise.
Face à ces enjeux, comme en amour, je crois moins au processus industriels de rencontres qui effectuent le tri sur quelques grands critères pour proposer un matching, qu’à un travail fin et en profondeur, fondé sur la rencontre entre les personnes. Dépasser les étiquettes et les a priori, tisser des liens, se rencontrer régulièrement.
Le métier de marieuse n’est plus au goût du jour, et nous voulons avoir la main sur nos choix. Quoi de mieux pour cela que la rencontre directe qui permet de rester libre, de constater si l’alchimie se passe ou non par-delà tous les critères rationnels, en remettant le choix définitif entre les mains de chacune des parties avec ses impressions, son ressenti, ses intuitions. En amour comme pour le recrutement, c’est je crois l’avenir du métier d’entremetteur.
publié aussi sur lesechos.fr
mots-clés : entreprise, génération, jeunes, recrutement, ressources humaines
Ca durera pas forcément toute la vie…
et alors ?
Pas la même activité professionnelle toute notre vie…. n’est-ce pas justement moteur pour s’y investir pleinement quand on y est ?
Perçu parfois par nos ainés comme de l’instabilité, de l’inconsistance ou de l’individualisme beaucoup, dans notre génération, n’envisagent pas de rester dans le même emploi toute leur vie, et ce n’est souvent pas un problème. On peut d’ailleurs se demander au contraire si ce n’est pas un véritable moteur pour s’investir pleinement dans son activité / travail / entreprise tant qu’on y est ?
Qui n’est pas “issu de la diversité” ?
“Issu de la diversité”, c’est donc l’expression à la mode, une nouvelle parabole qui appartient clairement au registre du “politiquement correct”. Elle remplace désormais d’autres expressions bien connues comme “issu de l’immigration”, “minorités visibles”, … qui semble-t-il ont fait leur temps. Ça ne nous a pas échappé, “la diversité” est un des concepts très en vogue du moment, ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose. Mais j’ai été vraiment choquée de voir la rapidité avec laquelle ce “issu de la diversité” s’est imposé dans le langage courant instituant un véritable non sens sémantique, ….tellement révélateur.
J’ai donc ouvert le dictionnaire et je lis : diversité : état de ce qui est divers, ok ça nous avance peu. Je vais donc voir à “divers” et je lis : divers : qui présente plusieurs faces, plusieurs apparences, (sous entendu une même chose qui…) C’est on ne peut plus clair, dans une société il n’y a donc pas une personne qui soit plus diverse qu’une autre. Et ce n’est qu’à l’ENSEMBLE que peut s’appliquer la notion de diversité. Chacun de nous est donc par définition “issu de la diversité” !
Mon but n’est pas la de jouer sur les mots, mais les mots révèlent un sens. Et je ne peux que constater que cette belle notion de “diversité” a été tranquillement détournée pour désigner ceux qui seraient “différents” par rapport à une norme supposée, sous l’appellation “issu de la diversité”.
C’est décidé, la chasse à cette expression est ouverte !
mots-clés : changement, diversité, ensemble
Une belle année à vous, à nous, ensemble
Un premier passage par ici pour vous souhaiter une belle année 2010, remplie de succès préparés et de bonheurs inattendus. Déjà 6 jours, 6 petites pierres que nous avons posé pour commencer à construire cette nouvelle année. C’est peu et pourtant que sera 2010 si ce n’est ce que nous en ferons, individuellement bien sûr, mais ensemble surtout. Dans ce monde qui bascule, il nous faudra faire face mais aussi saisir les opportunités nouvelles qui émergent. Gageons que nous saurons progresser vers le renforcement de notre envie de vivre ensemble ; que notre pays et d’autres dans le monde accorderons plus aux jeunes les moyens de se réaliser et de prendre leur place car ils en ont le désir ! Souhaitons aussi que cette année voit s’améliorer la situation des jeunesses du monde entier, avec lesquelles nous sommes en solidarité. En particulier la jeunesse iranienne qui se bat sans relâche contre l’oppression et pour la liberté au prix de sa vie depuis maintenant plus de 7 mois.
Une année où il nous faudra allier force et mouvement pour poursuivre notre chemin de la seule façon possible : en avançant… et en prenant la main sur notre destin !
Meilleurs vœux à tous et à toutes et à très bientôt donc pour les aventures de 2010 !



