Archives pour novembre, 2009

L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons

Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu’avril bourgeonne

Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents ;

Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;

Ca lui suffit, il sait que l’amour n’a qu’un temps.

Ce dindon a toujours béni sa destinée.

Et quand vient le moment, de mourir il faut voir

Cette jeune oie en pleurs : « C’est là que je suis née ;

Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir. »

Elle a fait son devoir, c’est-à-dire que oncques

Elle n’eut de souhait, impossible, elle n’eut

Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque

L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.

Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie

Toujours pour ces gens-là, cela n’est point hideux

Ce canard n’a qu’un bec, et n’eut jamais envie

Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoir deux.

N’avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,

Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,

Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,

Un coucou régulier et garanti dix ans !

Oh ! les gens bienheureux … Tout à coup, dans l’espace,

Si haut qu’il semble aller lentement, un grand vol

En forme de triangle arrive, plane et passe.

Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !

Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.

Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,

Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.

L’air qu’ils boivent feraient éclater vos poumons.

Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,

Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,

Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,

Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.

Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,

Ils pouvaient devenir volaille comme vous.

Mais ils sont avant tout, les fils de la chimère,

Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.

Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !

Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux.

Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.

Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.

G.Brassens Les oiseaux de passage du poème de Jean Richepin

le son à télécharger les-oiseaux-de-passage

Posté par : Julie

29 novembre 2009 à 8:06

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Freedom and democracy, the road they have chosen

« freedom and democracy is the road the iranian people have chosen to travel with full awareness…there is no turning back… »


Soyons au rendez-vous le 7 décembre pour la journée des étudiants en Iran en soutien à leurs espoirs et à leur combat !

Posté par : Julie

24 novembre 2009 à 5:20

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Etre français(e) ?

Projet prévu de longue date (ndlr. avant le lancement du débat sur l’identité nationale) par l’institut Montaigne qui sort demain le livre Qu’est-ce qu’être français ? j’ai répondu ce midi à la question de savoir ce que signifiait pour moi : être française …

En fait je ne m’étais jamais vraiment posé la question sachant que ce n’est pas la première identité que je mets en avant lorsque je cherche à me définir … en vrac ce qui m’est venu à l’esprit :

- j’espère qu’on arrivera jamais à une liste de 10 dimensions qu’il faudrait cocher pour être français… pour définir une communauté d’appartenance, il faut que la majorité ce ceux qui y appartiennent de fait, s’y retrouve ; et dans le même temps je trouve bien de s’interroger sur ce que nous avons en commun et les raisons que nous avons de vouloir vivre ensemble, et pour construire quelle société

- Je trouve que globalement la France est solide sur certaines grandes valeurs républicaines (à l’exception de véritables scandales) : les droits de l’Homme (on a le droit d’avoir ses idées, de les défendre, de les manifester sans risquer sa vie, de choisir son mode de vie : encore deux jeunes homosexuels condamner à mort en Iran, et tous les jours des manifestation réprimer dans la violence…), les droits de femmes (qui ont le droit de ne pas être coupable d’être des femmes ni des effets qu’elles peuvent éventuellement produire sur les hommes), la laïcité (ne pas se servir d’une autorité divine pour construire notre système éducatif, fonder notre justice sur un engagement devant les hommes et non devant Dieu), la liberté d’expression et de critique de la pensée, de toutes les pensées (l’issue du procès des caricatures de Charlie Hebdo en a été un grand moment)

- Je trouve important que nous nous mêlions des affaires du monde, on passe parfois pour « les mouches du coche » mais je préfère être dans un pays qui ne se sent pas étranger au destin du monde que dans un pays qui met la tête dans le sable dès qu’il ne s’agit pas directement de lui et de ses habitants.

- Maintenant il y a de vrais paradoxes dans cette France qui peuvent constituer de véritables dangers pour l’avenir, des bombes à retardement même ; de grands écarts entre les ambitions affichées et la réalité. Je pense par exemple au mélange, à la mixité, au métissage.  Beaucoup d’étrangers qui visitent la France s’étonnent de voir des français dont les origines viennent des quatre coins du monde, vivre ensemble au quotidien, être amis, se marier… c’est plus le mélange que le communautarisme qui nous caractérise et pourtant… la France a créé en son sein des zones urbaines de relégation, en confinant ceux avec qui certains ont refusé et refusent toujours de se mélanger, voir de partager cette identité française. Certains  dans ces quartiers n’aiment pas la France, ont du mal à se sentir français mais est-ce que la France les aime, est-ce qu’elle a aimé leurs parents, est-ce qu’elle voit en eux de jeunes français dont il faut assurer l’avenir ? Comment va-t-on durablement vivre ensemble dans ces conditions ?

- En matière de grands écarts entre les ambitions et la réalité, je pense aussi à notre système social auquel nous tenons tant : « le modèle social français ». Solidarité en matière de santé, de retraite, de chômage, puissance des services publiques, en France, tout cela fait aussi notre fierté … mais pour combien de temps ? Les déficits des systèmes sociaux, la dette publique (121 milliards d’euros), les marges de manœuvre financières et nos possibilités de choisir qui se réduisent chaque année, pose la question de ce qui sera laissé à notre génération et à celles à venir : comme seule possibilité : gérer les suites des décisions prises par nos ainés ? En matière de retraite par exemple, en gros nous sommes sûrs que nous allons, toute notre vie, payer pour ceux qui sont en retraite, sans certitude que le système de solidarité n’aura pas fait faillite, avant que nous arrivions en retraite et puissions à notre tour bénéficier de cette solidarité. Si la solidarité sociale caractérise la France, alors il faut se donner les moyens de la pérenniser pour les générations à venir.

République, vivre ensemble, fraternité, solidarité entre les générations… la France tiendra-t-elle ses promesses ? Espérons que  la France ne préfère pas son passé et ses aquis, à ses enfants et leur avenir ? (d’ailleurs faut-il se contenter d’espérer ??…)

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Posté par : Julie

16 novembre 2009 à 7:42

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Le taux de chômage c’est comme dans une baignoire…

La récente enquête TNS Sofres réalisée pour le Haut commissariat à la Jeunesse montre entre autre que s’installe chez les jeunes diplômés « le sentiment que les entreprises ne recrutent pas ». Pas très étonnant au vu du discours catastrophiste ambiant. A entendre les actualités, nous n’aurions que des raisons de nous morfondre, de sombrer dans le pessimisme ou de subir. C’est clair qu’à force, on a bien compris ou étaient les mauvaises nouvelles – et elles sont bien réelles – mais le fait que « les entreprises ne recrutent pas » est faux.

Elles recrutent moins qu’à d’autres périodes, il y a plus de destructions que de créations d’emplois, des secteurs économiques s’effondrent et c’est souvent humainement dramatique, les incertitudes planent, mais ce ne sont pas les seuls aspects de la réalité du moment. Simplement nous entendons beaucoup moins parler des bonnes nouvelles, des dynamiques, des opportunités qui émergent et c’est pourtant aussi de ce type d’informations dont ont besoin ceux qui cherchent un emploi, pour être plus avisés dans leur recherche (et donc plus efficaces) et aussi moins démoralisés.

Par exemple il n’est pas inutile de rappeler que derrière le taux de chômage qui monte, des dizaines de milliers d’emplois sont crées (et d’autres détruits) chaque jour et des centaines chaque mois ; que l’évolution du taux de chômage résulte de la différence entre ce nombre d’emplois créés et ce nombre d’emplois détruits. « C’est comme dans une baignoire où il y a de l’eau qui rentre et de l’eau qui sort : le niveau de l’eau correspond à la différence entre l’arrivée et la sortie. » nous dit Etienne Wasmer dans le numéro 2 de LA MANU, le Mag’ qui vient de sortir sur les campus.

Un média d’un nouveau genre qui sans angélisme décrit la réalité de l’économie et de l’entreprise en cherchant, dans ce dernier numéro, à débusquer les signes positifs, les opportunités à saisir, les voies qui s’ouvrent dans ce monde qui bascule. En commençant par l’article « Marché de l’emploi : sous les indicateurs, les flux »  c’est un nouveau voyage au coeur de l’entreprise qui s’annonce avec ce nouveau numéro de LA MANU, le Mag’ …. très bientôt dans vos amphis (si vous avez la chance d’avoir une antenne de LA MANU dans votre ville : ))

Posté par : Julie

3 novembre 2009 à 7:31

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