Archives pour mars, 2009
“Les guerriers de la lumière se reconnaissent au premier regard” ?
Monter un projet de A à Z, avoir de l’ambition pour ce qu’on fait, payer le prix de l’exigence qu’on s’impose… tout ça c’est aussi, au quotidien plein de petits bonheurs. Ce que j’adore c’est les bonnes surprises.
Bien sûr quand on a prévu, réfléchi, testé, ajusté, qu’on s’est donné des objectifs, qu’on a tenu le cap et qu’on réalise…quelle satisfaction. Mais les surprises ça a du bon aussi. Comme ces gens qui ont récemment rejoint l’aventure de LA MANU. Au hasard (?) de nos parcours, on se retrouve là, à construire ensemble.
Quelle agréable sensation que de découvrir les nouveaux horizons d’un projet que l’on a soi-même mûri, fondé et bâti, au travers du regard neuf et des initiatives de ces nouveaux venus. Je suis parfois hallucinée de les écouter parler, de les regarder agir et faire agir les autres, comme si ce projet, ce combat avait toujours été le leur. Et c’est cette vieille question qui revient et à laquelle je suis toujours attentives : d’où vient cette communauté d’état d’esprit, alors qu’il y a quelques semaines on ne se connaissait pas ?
Elle ne vient pas c’est sûr d’un recrutement “au tamis” comme certains le pratiquent ; avec des responsables qui repèrent dans la masse ceux qui seront susceptibles, après quelques années de formation (sic), de rentrer dans la bonne case, pour assurer la reproduction du système.
Non, … c’est autre chose. Autre chose qui fait qu’on est là ensemble. Je me souviens d’un militant qui disait à ce propos “on s’était perdu, on s’est retrouvé”. Retrouvés autour d’une ambition, d’une volonté, d’une envie d’agir… C’est peut-être ça ?
“Les guerriers de la lumière se reconnaissent au premier regard” dit Paolo Coelho. C’est beau mais je dois avouer ici, que ce n’est quand même pas toujours le cas, non plus. Tout ça c’est de l’Humain et on apprend aussi à se tromper. Et il y a aussi, ces bonnes surprises, comme celles de la semaine dernière, ces nouvelles découvertes, qui renforcent, un peu plus, l’envie de continuer.
Merci à Cindy, qui m’a donné récemment l’occasion de ré-explorer cette question avec la fraicheur pertinente qui la caractérise.
Effet titanic ?
Le thème de la dernière réunion de la commission économie et emploi du CESR, dans laquelle je siège : la conjoncture économique en Ile de France (sic)
Autant vous dire que l’ambiance était concentrée.
Les chiffres d’abord. L’emploi qui baisse, le chômage en hausse, de façon global. On apprend aussi que “c’est l’emploi de jeunes diplômés (bac+3 et plus) qui proportionnellement se détériore le plus, même s’il reste meilleur que celui des moins diplômés, et meilleur qu’en 2002/2003.
L’intérim paye de plein fouet la crise. “Le décrochage en octobre a été de 20% en moins sur les missions”. Un représentant nous bâtiment nous fait savoir “qu’il n’y a plus un intérimaire dans le bâtiment”. Et d’après les données de Pôle Emploi, “le nombre d’heures mensuelles des travailleurs précaires est en baisse. Les demandes d’autorisation de chômage partiel par les entreprises augmentent.”
L’échange se poursuit, nous approfondissons notre connaissance de la situation, pour être mieux capables de dégager, ensemble, de nouvelles voies. Pas simple dans un contexte que certains qualifient “d’effet Titanic”, les enjeux sont lourds.
Un syndicaliste précise qu’il y a “des périodes de préavis de licenciement en cours, en masse”. Que l’enjeu du reclassement de ces salariés est fondamental et aura des effets importants sur l’emploi.
Le représentants des PME mettent l’accent sur la nécessité d’éviter les “trous d’air dans l’activité des PME”. Les exemples très récents témoignent de faillites “éclair”. “D’un carnet de commandes plein avec un manque de personnel en novembre, on passe à un carnet vide, 4 mois plus tard, sans moyens de rebondir.”
La question de la réactivité de l’Etat et des banques est posée, car “il y a urgence à ce que les annonces et les décisions prennent effet pour permettre à de nombreuses PME de passer le cap”.
L’ambiance n’est pas à la réjouissance, et le travail va se poursuivre. On ressentait bien cette après-midi, l’esprit du CESR. La contribution des uns et des autres permet, par la richesse des différences de points de vue, de prendre à bras le coprs la réalité, et de créer des liens pour changer la donne.
mots-clés : crise, emploi, ensemble, entreprise, jeunes diplômés, lien
“Des jeunes / une jeunesse”, le fameux débat
Aujourd’hui au CESR, discussion exploratoire en petit groupe sur la question de la jeunesse francilienne. Une discussion ouverte depuis quelques temps. Mais dans le contexte actuel, des questions de fond sur l’approche de ce sujet, commencent à se poser dans nos échanges. “Dans la diversité des parcours, des positions et des sensibilités que recouvre le CESR” on travail sur “les jeunes (franciliens)”. Et comme bien souvent quand un groupe de travail ou de réflexion se monte sur ce sujet, à un moment, la question se pose… “Y a-t-il une jeunesse” ou “des jeunes” ? Cette question résonne souvent comme l’alpha et l’oméga du débat, et chacun semble avoir sa conviction en la matière. Mais finalement pourquoi s’interdire de répondre “les deux”, “ça dépend du point de vue”? On trouvera “des jeunes”, si on cherchent ce qui les différencie, malgré leur communauté d’âge. On trouvera “une jeunesse”, si on cherche ce qui les lie, malgré leurs différences.
Vous connaissez ma sensibilité d’approche. A LA MANU on fabrique du lien, trouver ce qui nous rassemble, a ma préférence.
mots-clés : avenir, diversité, jeunes, jeunesse, lien, rassemble
Chasseurs de primes ?
Petite polémique qui date un peu mais qui vaut quand même le coup qu’on s’y arrête.
Un peu tôt pour pour faire le bilan de l’action de Martin Hirsch sur la jeunesse, mais on peut déjà lui reconnaître de ne pas avoir laissé passer certaines déclarations qui renvoient à quelques poncifs bien connus sur la représentation de la jeunesse.
Une image caricaturale des jeunes c’est pas nouveau, mais j’avoue avoir été choquée qu’en 2009, en plein début de crise économique, au détour d’une phrase bien choisie de Laurence Parisot, on recolle aux jeunes de notre pays une image d’assistés qui ne voudraient pas travailler.
Bien sûr Laurence Parisot n’a pas fait d’affirmation en la matière. A propos de la prime de 500 euros pour les salariés ayant travaillé deux à quatre mois, adoptée lors du sommet social (le cas de nombreux jeunes qui débutent dans la vie active), elle a “juste” dit “On donne le sentiment de traiter les jeunes comme des chasseurs de primes ».
Permettre à ceux qui n’ont pas encore cotisé suffisamment pour avoir droit aux indemnisations chômage, de ne pas se retrouver « sans rien » après quelques mois de travail, alors qu’ils commencent leur vie professionnelle et ce dans un contexte économique des plus difficiles, est sur le principe une nécessité.
Une nécessité que les jeunes aient dans notre pays les armes, les coups de pouces pour franchir ces obstacles. Les obstacles que l’on trouve sur son chemin pour entrer dans la vie active quelle que soit sa volonté et sa motivation. Les voies royales, sans obstacles ni accrocs n’existent que pour une toute petite petite élite. Il est temps qu’à la situation de la majorité d’entre nous, à nos besoins et nos attentes de mieux en mieux connus, notre pays apporte des réponses. En particulier dans l’accès à l’emploi, donc à l’autonomie.
Vu de là ou je suis, quel décalage que de penser que ce qu’attendent les jeunes c’est de travailler précisément entre 2 et 4 mois pour pouvoir « toucher la prime »… Je n’aimerais pas être à la place de responsables politiques ou sociaux qui penseraient sincèrement que l’ambition des jeunes de notre pays se limite à courir après « les primes », les unes après les autres, sans autre rêve.
Mais j’entends déjà les discours bien connus… oui c’est vrai les abus existent et les esprits profiteurs aussi. Mais est-ce une raison pour renforcer ces stigmates sur la majorité des jeunes à coup de poncifs qui étouffent les jeunes générations !
J’ai envie de leur dire de se laisser aller à un peu d’optimisme. Il ne faut pas réinventer la réalité pour cela mais juste regarder autour de soi, la partie pleine du verre, arrêter de se crisper sur ses a priori, s’ouvrir aux réalités nouvelles qui se dessinent.
Ouvrir les yeux et prendre conscience que ce qu’attendent les jeunes, c’est de trouver un emploi et plus largement d’avoir un parcours professionnel dans lequel s’épanouir, progresser, utiliser et développer leurs compétences. Bien sûr d’avoir de quoi vivre et d’être reconnu à leur juste valeur, c’est bien normal. D’avoir plus de prise sur leur avenir notamment professionnel et d’être pour cela actifs, inventifs, persévérants.
Alors oui, Martin Hirsch a raison les jeunes sont bien plus aujourd’hui des “chasseurs d’emploi” que des “chasseurs de primes”. Mieux vaut d’ailleurs, de nos jours être chasseurs que proie … et pour que la chasse soit bonne, LA MANU est une arme à saisir
!
mots-clés : autonomie, avenir, emploi, génération, jeunesse, travail
————————————————————-
Suite à un incident technique, lié à un manque de personnel, nous sommes resté immobilisé quelques semaines. Nous vous prions de bien vouloir nous excuser et vous remercions d’avoir patienté. Nous vous informons que nous allons bientôt repartir.


