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M. le Haut Commissaire…


M. le Haut Commissaire à la jeunesse,

La France vient de se doter d’un Haut commissaire à la jeunesse. Il faut bien dire qu’il était temps.

En décembre je participais à un débat “regards croisés” avec le responsable d’une organisation de jeunesse québécoise. Là-bas ça fait longtemps que la politique en direction de la jeunesse est transversale et placée sous la responsabilité du premier Ministre. Longtemps que c’est pour eux une priorité … priorité à l’avenir, à la régénération permanente de la société.

Il faut bien dire que chez nous, on a tendance à attendre que les urgences sociales se déclarent pour agir. Combien de gouvernements se sont tranquillement contentés d’un demi, voire d’un tiers, de ministère de la jeunesse, partageant un ministre avec les sports, la santé… Et que dire d’une “politique publique” qui se limite à la distribution de subventions aux associations.

Avec la situation qui est désormais faite à la jeunesse de France, c’était difficile de continuer ainsi avec des œillères. Les manifs lycéennes de la fin 2008 n’étaient pas qu’un “simple flokore”, qu’une “manif manipulée de plus”.  Il y a, au fond de ces mobilisations, des questions essentielles. Depuis le CPE la jeune génération est comme sortie d’une douce léthargie et prend de plus en plus conscience de l’héritage qu’on veut lui léguer.

Il y a la dette, 1300 milliards d’euros, des investissements d’avenir insuffisants, des comptes sociaux dans le rouge qui pourraient nous fermer le droit à bénéficier de systèmes de protection sociale efficaces et pérennes - en particulier en matière de retraites - alors que nous allons devoir les payer, sans oublier la situation de l’emploi déjà particulièrement difficile, avant une crise dont les jeunes générations sont particulièrement exposées aux conséquences.

Des voix, de plus en plus nombreuses, s’élèvent pour dire que la situation ressemble bien plus à une rupture de solidarité entre générations qu’à un pacte intergénérationnel équilibré.

Je me souviens de ce débat avec Nicolas Sarkozy le 18 mars 2007, sur le plateau de France Europe Express. Vous y participiez  M. Hirsh. Le candidat venait de prononcer son discours “pour la jeunesse” lors d’un meeting  au Zénith de Paris.

Je lui disais : “J’aimerais revenir sur ce que vous avez évoqué cet après-midi et notamment sur les problèmes qui lient les jeunes par delà leurs différences de situation dans notre pays. Que l’on soit salarié, chômeur, étudiant ou apprenti, il y a aujourd’hui des choses qui nous sont communes. Vous nous invitez dans votre discours au rêve, à l’ambition, au dépassement; je crois que c’est déjà ce qu’a manifesté la jeunesse au printemps dernier en refusant la politique du « mieux que rien »  mais je crois aussi que les rêves peuvent se fracasser sur les murs de la réalité et sur les plafonds de verre.

“Vous avez dit dans votre discours que l’avenir appartient à la jeunesse. Mais cet avenir dépend largement des choix qui sont faits ou non par nos aînés qui sont aujourd’hui en situation de décider.”

Dans ce moment particulier où les repères institués volent en éclats, sur quoi peut-on compter pour construire l’avenir, sur quoi s’appuyer pour bâtir nos vies ? C’est vous qui êtes désormais, M. le Haut commissaire, en situation de décider.

Nos rêves, nos ambitions, il faut nous donner les moyens de les réaliser par nous même. Il s’agit de libérer les énergies créatrices, d’apporter des changements structurants porteurs de nouvelles dynamiques. Des changements qui transforment la vie des jeunes dans les faits et qui façonnent l’avenir.

C’est sur ces questions qu’il vous faut aujourd’hui faire réponse.

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Posté par : Julie

16 janvier 2009 à 12:26

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