Archives pour décembre, 2008

Faut-il avoir la foi pour croire en la parabole des talents ?

Une centaine de DRH venus débattre, 2 d’entre eux à la tribune, un prof d’HEC et moi. C’est le cercle des paradoxes, réuni une fois par mois par l’ANDRH pour 2 heures de débat pour le moins iconoclastes et animées par le pétillant Louis Dugas. « Faut-il avoir la foi pour croire en la parabole des talents ? » c’est la question du soir. Extraits.

Premier détour par les évangiles (décidément on aura tout vu sur ce blog) Mathieu 25 -14/30 LA parabole des talents (notamment) Vous savez, le Maître qui part en voyage et confie à ses trois serviteurs un talent (ou plusieurs en fonction des versions), une pièce, 2 des serviteurs le font fructifier et le dernier l’enterre pour être sûr de le conserver. Premier sujet, investir ou conserver, faire fructifier les talents vs les enterrer ?

Bien sûr vient la question de qu’est-ce qu’un talent ?

En piste Mr Besseyre des Horts d’HEC cite le dernier livre de Maurice Thévenet « Les talents, Des étoiles brillantes aux étoiles… filantes« . Autrement dit les talents ne sont pas stables, les étoiles brillent aussi en fonction du milieu dans lequel elles sont, certaines qui brillent peuvent s’éteindre, d’autres qui sont éteintes peuvent s’allumer.

Exemple tout à fait surprenant, une DRH participante fait part de son expérience, dans son entreprise on lui a confié la mission non pas de gérer les talents mais les « mauvais » éléments… Et à propos d’étoiles qui se rallument cette mission à permis l’émergence de nouveaux talents pour le moins insoupçonnés !

Il est alors question de motivation, de la notion de projet, du passage d’une logique d’appartenance à une entreprise à la logique d’adhésion (!), particulièrement vraie pour les jeunes générations n’est-ce pas ? Du patriotisme, qui a caractérisé une époque de l’entreprise et du management, à la question du sens que posent les salariés d’aujourd’hui.

Mais le talent est-il individuel ou collectif ? Le talent collectif est-il d’ailleurs la somme de talents individuels ? Un participant nous éclaire et raconte cette anecdote vécue par une entreprise industrielle. « En prévision de la fermeture d’une des deux unités de production qui se trouvaient sur un même territoire, l’encadrement décide de muter tous les « meilleurs » dans une des unités et tous les « moins bons » dans l’autre. Au bout de 3 mois les 2 unités avaient le même niveau de performance. » Une question de place à trouver, peut-être, sa place.

Alors finalement y a-t-il des meilleurs ? Nous sommes en France et tout conduit à dire que les différents systèmes de formation sont classés, dans notre culture, du « moins bon » au « meilleur ». Alors bien sûr se pose la question des universitaires dans les entreprises, ils ont leurs apports spécifiques, leur autonomie, leur mobilité, leur aptitude à être en recherche, en auto-apprentissage. L’enjeu c’est qu’ils puissent se valoriser et être reconnu pris en compte. Les talents existent à l’université, 1,4 million de personnes.

Mais la marque d’une école est-elle gage de talent ? Un intervenant nous fait part de son étonnement lorsque lisant dans Challenge, les quelques mots censés décrire un entrepreneur de 52 ans, on citait encore son école d’origine, 30 ans plus tard.

Petit détour oriental, l’animateur nous fait part du prix que délivre annuellement la Chine à une entreprise étrangère « le prix des deux amours », la mieux aimée de ses actionnaires et la mieux aimée de ses salariés…voilà un horizon (euh, vous croyez qu’ils ont aussi la version interne du prix …?!)

Que de questions et de réflexions passionnante. Alors pour finir sans conclure Louis Dugas note que « il commence a y avoir la foi quand il n’y a plus de certitudes » et reprenant mon propos introductif « dans les périodes de doutes et de modification des repères, il faut créer, chercher, apprendre à faire autrement »

On y reviendra au cercle des paradoxes, (enfin si on est de nouveau invité:) !

Merci Lucie !

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Posté par : Julie

18 décembre 2008 à 1:26

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Ce soir Les Valseuses !

Posté par : Julie

8 décembre 2008 à 7:24

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« Former égrégore »

Bon clairement jusqu’à il y a une heure je n’utilisais pas cette expression.

Il se trouve que la semaine dernière j’ai croisé lors d’un concert à la pena Flamenco en France, Edgar Morin. Quelques a priori très positifs d’autres nettement moins. Je me suis quand même replongée dans ce fameux chapitre « pour une politique de civilisation » qui avait refait parler de lui suite aux voeux 2008 de Sarkozy (polémique qui semble d’ailleurs lointaine vue d’ici, mais passons)

Il se trouve aussi que lors de la réunion de travail avec Philippe Herzog ce matin, nous discutions de cette nécessité de donner une forme d’ensemble, un sens, à la multitudes d’actions, d’initiatives qui se prennent dans un domaine. Nous échangions sur la mission de LA MANU. Mettre en synergie, en donnant un sens commun, à des actions qui existent déjà en matière de lien entre les étudiants et les entreprises. Bien sûr beaucoup de choses se font , mais finalement qu’est-ce qui se fait ? Toutes ces discussions nous ont emmené loin, politique industrielle, ergonomie complexe, situation démographique mondiale, systèmes éducatifs… j’y reviendrais un de ces quatres.

N’empêche qu’en lisant « pour une politique de civilisation » ce soir (façon aussi de me donner bonne conscience après un excès de surf sur twitterland) je suis tombée sur LE concept qui appliqué au social, résume cette approche : FORMER EGREGORE.

« Partout jaillissent des initiatives pour régénérer le tissu social et la vie citoyenne. Mais ces initiatives sont dispersées et locales. Il faut non les systématiser mais les systémiser, c’est à dire les relier pour qu’elles constituent un tout (…) Aussi plus important que tous les plans et projets seront les processus divers formant égrégore (synthèse d’une force collective qui contient les buts, les espoirs et les désirs de l’ensemble des individus qui s’y rattachent) et allant vers leur synergie.

Bien sûr dans ce petit bouquin il y a des trucs intelligents à tous les paragraphes. Deux autres échos au temps qui courent.

En plus court et plus simple ce que j’évoquais dans des derniers billets moment à saisir, tout est foutu ou en écho à l’interview de Dominique Reynié :

« Nous souffrons ce problème du retard inévitable de la conscience sur le vécu, accentué par la vitesse et la complexité. (…) Les sociétés complexes évoluent selon un processus de décomposition /recompostion. Comme le dit Alian Caillé : « La catastrophe est là en permanence, et pourtant elle est conjurée en permanence plus ou moins bien » A nous de jouer donc !

Pour finir avec une pensée pour mes amis syndicalistes qui mènent demain leur dernier jour de campagne pour les prud’hommes, un petit mot d’Edgar Morin :

« Aujourd’hui on isole les problèmes du chômage, de l’emploi, de l’exclusion hors de leur contexte et on prétend les traiter à partir d’une logique économique close. Il faut au contraire les considérer au sein d’une grande problématique de société et partir des besoins de civilisation qui, d’eux-mêmes, exigent de nouveaux emplois. Il ne suffit pas de partir d’un « social » qui mettrait entre parenthèse le civilisationnel. »

Et encore beaucoup de choses d’actualité dans cet essai. Il se demande par exemple si le PS va « changer la vie »…

Bon je vais m’arrêter là car chaque page m’évoque un billet.

Et plus pragmatiquement rdv le 3 au soir, pour les résultats des prud’hommes.

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Posté par : Julie

2 décembre 2008 à 3:34

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