Etre français(e) ?
Projet prévu de longue date (ndlr. avant le lancement du débat sur l’identité nationale) par l’institut Montaigne qui sort demain le livre Qu’est-ce qu’être français ? j’ai répondu ce midi à la question de savoir ce que signifiait pour moi : être française …
En fait je ne m’étais jamais vraiment posé la question sachant que ce n’est pas la première identité que je mets en avant lorsque je cherche à me définir … en vrac ce qui m’est venu à l’esprit :
- j’espère qu’on arrivera jamais à une liste de 10 dimensions qu’il faudrait cocher pour être français… pour définir une communauté d’appartenance, il faut que la majorité ce ceux qui y appartiennent de fait, s’y retrouve ; et dans le même temps je trouve bien de s’interroger sur ce que nous avons en commun et les raisons que nous avons de vouloir vivre ensemble, et pour construire quelle société
- Je trouve que globalement la France est solide sur certaines grandes valeurs républicaines (à l’exception de véritables scandales) : les droits de l’Homme (on a le droit d’avoir ses idées, de les défendre, de les manifester sans risquer sa vie, de choisir son mode de vie : encore deux jeunes homosexuels condamner à mort en Iran, et tous les jours des manifestation réprimer dans la violence…), les droits de femmes (qui ont le droit de ne pas être coupable d’être des femmes ni des effets qu’elles peuvent éventuellement produire sur les hommes), la laïcité (ne pas se servir d’une autorité divine pour construire notre système éducatif, fonder notre justice sur un engagement devant les hommes et non devant Dieu), la liberté d’expression et de critique de la pensée, de toutes les pensées (l’issue du procès des caricatures de Charlie Hebdo en a été un grand moment)
- Je trouve important que nous nous mêlions des affaires du monde, on passe parfois pour “les mouches du coche” mais je préfère être dans un pays qui ne se sent pas étranger au destin du monde que dans un pays qui met la tête dans le sable dès qu’il ne s’agit pas directement de lui et de ses habitants.
- Maintenant il y a de vrais paradoxes dans cette France qui peuvent constituer de véritables dangers pour l’avenir, des bombes à retardement même ; de grands écarts entre les ambitions affichées et la réalité. Je pense par exemple au mélange, à la mixité, au métissage. Beaucoup d’étrangers qui visitent la France s’étonnent de voir des français dont les origines viennent des quatre coins du monde, vivre ensemble au quotidien, être amis, se marier… c’est plus le mélange que le communautarisme qui nous caractérise et pourtant… la France a créé en son sein des zones urbaines de relégation, en confinant ceux avec qui certains ont refusé et refusent toujours de se mélanger, voir de partager cette identité française. Certains dans ces quartiers n’aiment pas la France, ont du mal à se sentir français mais est-ce que la France les aime, est-ce qu’elle a aimé leurs parents, est-ce qu’elle voit en eux de jeunes français dont il faut assurer l’avenir ? Comment va-t-on durablement vivre ensemble dans ces conditions ?
- En matière de grands écarts entre les ambitions et la réalité, je pense aussi à notre système social auquel nous tenons tant : “le modèle social français”. Solidarité en matière de santé, de retraite, de chômage, puissance des services publiques, en France, tout cela fait aussi notre fierté … mais pour combien de temps ? Les déficits des systèmes sociaux, la dette publique (121 milliards d’euros), les marges de manœuvre financières et nos possibilités de choisir qui se réduisent chaque année, pose la question de ce qui sera laissé à notre génération et à celles à venir : comme seule possibilité : gérer les suites des décisions prises par nos ainés ? En matière de retraite par exemple, en gros nous sommes sûrs que nous allons, toute notre vie, payer pour ceux qui sont en retraite, sans certitude que le système de solidarité n’aura pas fait faillite, avant que nous arrivions en retraite et puissions à notre tour bénéficier de cette solidarité. Si la solidarité sociale caractérise la France, alors il faut se donner les moyens de la pérenniser pour les générations à venir.
République, vivre ensemble, fraternité, solidarité entre les générations… la France tiendra-t-elle ses promesses ? Espérons que la France ne préfère pas son passé et ses aquis, à ses enfants et leur avenir ? (d’ailleurs faut-il se contenter d’espérer ??…)



Bonjour Julie,
Il me semble que ton article se réduit à enfoncer des portes ouvertes….Rien qui viens un peu enrichir le débat.
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Julie Reply:
novembre 17th, 2009 at 10:38
Désolée, ce sont mes premières réactions ; peut-être n’as-tu pas saisis toutes les subtilités… néanmoins je serais ravie de lire tes idées novatrices pour répondre à la question “qu’est-ce qu’être français pour toi ?”
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radie
16 nov 09 à 22:38