Jeunesse : l’heure des choix
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
Chronique du 13 juillet
Ca y est. Après 16 semaines de réflexion et d’échanges, la commission Hirsch sur la politique de la jeunesse a rendu public son fameux Livre Vert. Après des années où, politiquement la jeunesse cohabitait avec les sports, les associations voire la santé dans un même ministère, ce travail a le mérite de poser les bases d’une politique de la jeunesse qui soit enfin globale et transversale.
C’est pour moi l’élément le plus important et le résultat le plus prometteur. Vu de l’étranger ça n’a rien d’extraordinaire, de nombreux pays sont engagés depuis des années sur ce type de politiques “jeunesse”. Pourtant en France, ça n’a rien d’évident. C’est vrai que depuis des années, pour ne pas dire depuis des décennies, ce sont des mesures spécifiquement ciblées sur telle ou telle partie de la jeunesse qui ont été privilégiées, avec le manque de résultats que l’on connaît aujourd’hui.
J’ai moi même beaucoup rencontré de responsables publics dans tous les milieux : politique, syndical, associatif. Je ressortais souvent de mes échanges avec eux sur la question de la jeunesse avec l’impression très nette, que ce saucissonnage de la jeunesse en sous catégories et la mise en œuvre d’innombrables dispositifs ciblés, était un réflexe très répandu. Cette approche était peut-être pour eux plus facile à définir et aussi plus rassurante. Chaque problème précis avait son dispositif à lui, quand bien même l’efficacité de ces dispositifs était régulièrement mise en question.
Et dans les représentations, la jeunesse était du coup artificiellement cloisonnée, séparée. Je sais on me répondra qu’”on ne peut pas dire que tous les jeunes sont dans la même situation” - ce qui est évidement vrai - et que donc “qu’il n’y a pas UNE jeunesse mais DES jeunes“. C’est sûr si on cherche à savoir ce qui différencie les jeunes entre eux, on trouvera DES jeunes. Par contre si on cherche à savoir ce que les jeunes ont en commun par delà leurs différences, on trouvera une jeunesse. C’est le défi qu’a relevé le travail de la commission Hirsch et ce n’est pas rien.
La jeunesse est d’abord une période de transition en permanente évolution. La commission Hirsch fait du développement de l’autonomie des jeunes l’épine dorsale de son ambition, sans pour autant réduire cette question au versement d’une allocation pour solde de tout compte. Je suis convaincue que ce n’est pas avec une grande mesure emblématique style solution miracle qu’on changera la donne pour les jeunes.
La commission sur la politique de la jeunesse propose 10 grands objectifs et une soixantaine de mesures d’action qui recouvrent la plupart des défis rencontrés par les jeunes. La nouveauté c’est aussi de retrouver dans ce Livre Vert différentes approches qui, jusqu’à présent, étaient opposées les unes aux autres et qui maintenant sont présentées comme complémentaires et même indissociables. Par exemple, sur la question des revenus, la commission propose de mixer à la fois l’encouragement de l’activité salariée par des compléments de revenu, un système de prêt d’État remboursable une fois en période d’activité, et des aides financières publiques que chaque jeune peut mobiliser pour financer ses projets de formation et d’insertion dans l’emploi.
Au-delà des mesures en direction des jeunes le Livre Vert se penche aussi sur les façons dont les jeunes peuvent prendre la main sur leur avenir. C’est important, nous n’avons pas vocation à être assistés par qui que ce soit, pas même par la puissance publique. Dans ce Livre Vert, les jeunes ne sont donc pas réduits au seul statut de bénéficiaires d’aides et de dispositifs déployés pour eux.
Ces avancées ne sont pas à minorer. Et beaucoup comme moi les saluent.
Le Livre Vert ne doit toutefois pas être considéré comme une fin en soi. Il doit être véritablement un point de départ. Cela pose évidemment la question des moyens qui seront débloqués pour passer à l’opérationnel. La société nous a légué ses dettes. Elle doit maintenant honorer la sienne à l’égard des jeunes et nous permettre de prendre notre place sans délai, sans parcours de survie, sans bizutage social.
Alors le prochain rendez-vous, c’est le débat parlementaire qui aura lieu à la rentrée sur les suites qui seront données à ce Livre Vert. Ca aussi c’est une première; cela fait des décennies que le parlement n’avait pas eu à débattre d’une Politique de la Jeunesse pour le pays. Les acteurs politiques et sociaux sont désormais face à leurs responsabilités pour passer des discours aux actes.




A ton des premiers chiffres sur ces prêts d’états remboursable ? (somme, intérêts…)
[Répondre]
Nicolo
15 juil 09 à 10:06
Peut-être me trompé-je, mais je sens à chaque fois, dans ton discours, une sorte de complexe, voire de réticence. Tu es pour l’autonomie des jeunesses (qui ne le serait pas), mais tu te sens obligée à chaque fois de préciser que ces jeunes ne veulent pas “être assistés”.
L’autonomie, comme son nom l’indique, n’est pas l’indépendance, en tout cas c’est une étape. Une étape qui nécessite un coup de main que bien évidemment les parents et les proches ne peuvent pas toujours donner. Là-dessus je pense qu’on est d’accord.
Là où je ne le suis pas avec toi, c’est sur les modalités. Je pense que l’Etat a une grande responsabilité à endosser (sans nous “assister”, un verbe qui semble être devenu un gros mot dans la bouche de beaucoup), plus grande en tout cas qu’un prêt, qui risque de poser de sérieux problèmes à ceux qui ne pourront pas rembourser. Commencer sa jeune vie active par des dettes, voilà une perspective peu enthousiasmante pour des jeunesses qui désespèrent déjà.
J’ai défendu et défends encore le programme EVA (Entrée dans la Vie Active), proposé lors de l’élection présidentielle de 2007.
- Pour les jeunes de 18 à 25 ans étudiants, demandeurs d’emplois ou salariés.
- Accès à un capital de droits à la formation d’au minimum un an, pouvant aller jusqu’à 3 à 5 ans pour ceux qui ont quitté le système de formation initiale le plus tôt, pour usage fractionné et en alternance ; il garantirait « un droit absolu » à une première expérience professionnelle, dans le secteur privé ou public, ainsi qu’à un référent unique (parrain issu de l’entreprise ou agent du service public de l’emploi).
- Droit à une bourse ou allocation d’autonomie, se substituant en tout ou partie aux actuelles aides fiscales, familiales ou sociales.
- En contrepartie, engagement à suivre les formations et études avec assiduité, rechercher activement l’insertion durable dans l’emploi et accomplissement d’un service civil obligatoire, sous forme d’une certains nombre d’heures de travail mises à la disposition de la collectivité, à temps plein ou à temps partiel sur une durée plus longue, ou en plusieurs périodes disjointes.
Voilà qui me semble plus adapté qu’un simple prêt ou des aides financières ponctuelles.
[Répondre]
Maxime
22 juil 09 à 9:50
Nous sommes ma femme et moi âgés respectivement de 44 et 48 ans, mariés depuis 22 ans, mon épouse et moi même employés dans la zone industrielle de la Mothe Achard (85)à proximité de notre maison avec un salaire qui correspond aux salaires en vigueur dans notre département suivant notre catégorie d’emploi. Etant dans le secteur privé, n’étant pas à l’abri d’un accident professionnel, lors de l’achat de notre maison nous avions décidé d’emprunter le moins longtemps possible (durée :15 ans) et surtout ne pas sur dimensionner nos besoins : 100 m² habitable sur 660m²de parcelle. Nous avons la chance d’avoir trois enfants, des jumeaux de 20 ans et un autre garçon de 17 ans.
Sans avoir un train de vie fastueux, la vie de tous les jours n’est ni plus ni moins difficile que la moyenne des gens d’ici. Les enfants grandissants, suivant une scolarité normale, sont actuellement pour le 1er en école d’ingénieur à Angers (sécurité, environnement, prévention des risques), le 2ème en faculté d’histoire à la Roche sur Yon et le 3ème en terminale S aux Sables d’Olonne. Pour le premier, afin qu’il puisse suivre ses études à Angers il a eu recourt à l’emprunt (15000 euros) dont nous somme cautions, le deuxième va terminer sa troisième année d’histoire à la Roche sur Yon et va devoir partir de Vendée pour aller au moins jusqu’au master. Il va devoir aussi, à moment ou un autre, faire appel à la banque ; enfin le dernier si le bac se passe bien intègrera les études supérieures. Actuellement les deux premiers ont droit aux bourses, le premier à l’échelon 2 (2145 euros) et le deuxième à l’échelon 1 (1389 euros), et pour le troisième rien. Vous n’êtes pas sans savoir qu’à partir de 20 ans les allocations familiales s’arrêtent. Demain pourrais-je être caution d’un nouvel emprunt pour la fin des études du second et enfin comment faire pour le troisième. Le principe ne me gêne pas encore, faudrait-il qu’il soit accessible à tous. Il m’apparait indispensable de sortir de cette hypocrisie consistant à exclure la famille de toutes les instances de répartition des droits, sous prétexte d’une autonomie de l’étudiant. Je sais depuis longtemps que l’autonomie s’acquière avec sa feuille de paie, tout autre discours n’est que pure fantaisie. Il m’apparait ensuite indispensable que les prêts soient encadrés auprès des banques afin que l’on ne propose plus aux étudiants des taux
[Répondre]
rouilé bernard
4 août 09 à 8:30