Qu’y a-t-il à vendre dans cette élection européenne ?
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Chronique France Culture “Europe, croyance, rêves et cauchemars”
Fin d’une journée bien chargée, définitivement placée sous le signe de l’Europe. Ma chronique à 7h20 dans les Matins, le débat qui a suivi avec Olivier Ferrand, patron de Terra Nova et Franck Debié de European Ideas Network, puis participation au débat des résultats de l’enquête de TNS Opinion pour la FIP (Fondation pour L’innovation politique) sur “Le sentiment européen” chez les jeunes d’Europe. De quoi entrer, dans ma tête, dans cette campagne européenne. C’est pas trop tôt, vous allez me dire, mais on en est (presque) tous là
Les résultats de l’enquête présentée cet après-midi montraient, sur les jeunes français, trois résultats qui m’ont interpellé. 77% des 18-25 ans, considèrent que dans la globalisation, le fait pour leur pays d’appartenir à l’Union est une chance. Interrogés sur les meilleurs moyens de faire entendre leur opinion par les responsables politique 71% d’entre eux répondent : le vote. Sur l’intérêt qu’ils portent aux élections européennes à venir, seuls 54% se disent “intéressés”.
Ça vaut le coup de réfléchir aux raisons de cet écart ? Qu’est-ce qui fait que cette confiance des jeunes en l’Europe ne se traduit pas “naturellement” en un intérêt pour ces élections européennes ?
Je repense à tous ces intervenants avec qui j’ai eu l’occasion de débattre dans la journée, souvent âgés de 10, 20 voire 30 ans de plus que moi. L’Europe qu’ils racontent, c’est souvent celle de tous les obstacles qu’il a fallu dépasser pour un résultats tout de même positif, selon eux. De l’entrée de l’Espagne et du Portugal, à l’Euro, en passant par les différents traités, sans oublier le référendum sur la constitution. Les difficultés institutionnelles bien sûr, pour fonctionner à 12, 15, 25 puis 27. Et on enchaîne sur les réformes institutionnelles qu’il faut désormais faire ou au contraire ne pas faire, la gouvernance idéale. Et là le débat est vif, on nous assure que c’est là que se situent l’enjeu politique majeur de ces élections.
Je sais que tout cela est important. N’empêche que ça ne m’a pas beaucoup convaincu… Je me suis quand même rendu compte que pour ces générations, les enjeux institutionnels et de fonctionnement de l’Europe avaient été, ces trente dernières années, au cœur des préoccupations pour faire l’Europe et fonctionner ensemble. D’où la prédominance du débat sur la gouvernance, dès qu’on parle d’Europe. Certes ce débat passionne ceux qui connaissent bien tout ça mais ennuie profondément la majorité des autres.
C’est vrai, pourquoi faut-il comprendre les affaires de majorité qualifiée, la nature des lien entre le parlement, les commissaires, leur mode désignation et qui élit qui, pour avoir un avis sur l’Europe ? Si c’est le cas, faut pas me raconter qu’on veut une Europe des peuples et des citoyens, parce que ceux qui maîtrisent tout ça, ne sont vraiment pas nombreux. Pour les autres débats politiques que nous avons, on ne demande pas aux gens avant de pouvoir émettre un avis, de savoir quelles sont les relations entre l’Assemblée et le Sénat, ou quelle est la répartition des compétences entre les différentes collectivités territoriales !
A force de vouloir faire de la pédagogie et de “l’information” pour convaincre les gens de voter, on finit par leur faire croire, que c’est trop compliqué pour eux, et qu’il vaut mieux que les experts s’en occupent. A ce propos une des étudiantes qui a réalisé le micro trottoir qui va avec l’enquête sur “le sentiment européen”, nous racontait cet après-midi comment c’était passé le tournage. Elle expliquait que de nombreux jeunes avaient refusé de répondre au micro-trottoir sur l’Europe, parce qu’ils avaient “peur de ne pas savoir répondre aux questions”(!). Pour eux l’Europe n’est pas synonyme de “donner son avis” mais de “répondre aux questions”.
Pourtant des avis, ils en ont. Les résultats de cette enquête abordent à travers plusieurs questions, les choix et les priorités que les jeunes souhaitent donner à l’Europe. Elle montre qu’ils voient “une Europe ouverte, verte et d’entreprises qui doit se donner comme priorités d’investissement : l’éducation et la formation, l’environnement, l’emploi et les affaires sociales”. Et commentaire de ces résultats, il y a eu, bien sûr, quelques avertis des questions européennes pour remarquer qu’une partie de ces questions “ne font pas partie des compétences européennes”…So What ? Est-ce qu’on peut se projeter deux minutes sans être rappelés à l’ordre ? A force d’expliquer comment fonctionne l’Europe, on va finir par la bloquer. Il faudrait peut-être arrêter de confondre, l’Europe avec Bruxelles. Comme le disais une autre étudiante, “je suis européenne, je le ressens, et tout n’est pas rationnel là-dedans.”
Ça m’a fait plaisir. Au terme de cette journée, j’ai des tonnes de questions dans la tête mais je me dis qu’en dépit des “c’est comme ça”, des “c’est compliqué”, des “le problème c’est que…”, la génération qui fera l’Europe demain, a envie de son rêve européen.
En prime un petit clip d’appel au (no)vote en 24 langues.




Dois-je en déduire que tu n’iras pas voter ?
[Répondre]
Nick Carraway
19 mai 09 à 12:30
Mon rêve européen, à quoi ressemble t-il?
Difficile à définir précisément. En revanche je puis aisément me reconnaître dans une démarche de construction dans la paix, faite de négociations, plutôt que dans le rapport de force armé. Et c’est bien ce que le parlement européen, ovni international, incarne. Du moins je le crois. Et c’est ce mix diplomatique et démocratique qui peine à rentrer dans nos habitudes d’électeurs. Je ne suis pas sûr, même si nous connaissions nos députés, même si nous connaissions l’intime contenu de leurs travaux, de m’y retrouver dans cette élection. Ici on parle d’élections de parlementaires européens, et au vu des débats, je ne vois rien ni personne, qui comblerai ce défaut d’incarnation.
Mais bon, en y regardant de plus prêt et en faisant des extrapolations je serai prête pour le 7 juin. Yes I can
[Répondre]
Melow
25 mai 09 à 9:10