L’emploi des jeunes, une question générationnelle ?

Hier au CESR,  à propos de la conjoncture économique, le débat a porté à nouveau sur l’emploi des jeunes. Je le disais dans un précédent billet les réflexes en matière d’analyse et de propositions sur ce sujet sont assez bien installés.

“1- Plus on a un haut niveau de diplôme mieux on accède à l’emploi. 2- Le problème du chômage des jeunes c’est d’abord celui des non diplômés. 3- Il faut donc mettre principalement en place des mesures spécifiques en direction des moins diplômés

Depuis des années, ces affirmations sont vérifiées par les enquêtes et analyses statistiques (taux de chômage / niveau de qualification). Et dans le même temps malgré les dizaines de mesures qui se juxtaposent pour l’emploi des jeunes, notre taux de chômage des jeunes reste un des plus élevé de l’OCDE.

La crise actuelle et ses conséquences sont venues bousculer un peu ce raisonnement qui ronronne depuis des années.

“1- Plus on a un haut niveau de diplôme mieux on accède à l’emploi.”

Cette année, l’augmentation du chômage touche d’abord les jeunes “en général” et cette fois ci, elle touche “en particulier” les diplômés du supérieur plus que les autres. (Il faut noté que le chômage des non diplômés reste encore supérieur aux autres mais que les tendances s’inversent)

“2- Le problème du chômage des jeunes c’est principalement celui des non diplômés.”

D’ores et déjà avec la tendance, du point de vue statistique, qui s’inverse, on ne peut plus analyser le chômage des jeunes uniquement au regard des qualifications et l’affirmation “le diplôme meilleur rempart contre le chômage” même statistiquement n’est plus exacte.

“3- Il faut donc mettre principalement en place des mesures spécifiques en direction des moins diplômés”

C’est toujours nécessaire mais insuffisant. Quelle crédibilité a un système de formation dont les plus diplômés (après 5, 8 ans d’études) ne sont pas assurés de trouver une place dans le monde du travail ? Il faut tenir les deux bouts, être à la fois intolérant à l’exclusion et soutenir l’excellence. Avec ce changement de paradigme en cours il faudra agir avec des approches nouvelles.

En matière d’emploi des jeunes la question des qualifications n’est plus la seule donnée à prendre en compte, il semble que nous sommes dans une situation qui tient plus d’une question générationnelle, de la place des jeunes dans l’emploi et plus largement dans la société.

A suivre…

Posté par : Julie

29 avril 2009 à 1:23

4 commentaires à 'L’emploi des jeunes, une question générationnelle ?'

  1. [...] This post was Twitted by juliecoudry [...]

  2. Ma couleur c’est le jaune, ma couleur c’est le jaune………

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    Laurent

    6 mai 09 à 21:44

  3. Le problème des non diplômés ou plus exactement des niveaux VI de l’éducation nationale) n’est pas bidon : selon les périodes, un taux de chômage de 40 à 50% 3 ans après la sortie du système de formation initiale

    Il est d’autant plus important que quand on parle de chômage des jeunes on parle des 16/ 25 ans, et que pas mal d’étudiants arrivent sur le marché du travail après 23 ans, pour un certain nombre après 25 ans : leur cas n’est pas le même du ppouint de vue des statistiques

    Dans un période de crise, dans un système comme le notre qui protège les insiders mais pas les outsiders, les jeunes qui arrivent sur le marché du travail sont sacrifiés, ce qui ne préjuge pas de la situation deux ans après. Attention à ne pas tirer de leçons structurelles à une situation conjoncturelle !

    Par contre, on peut se demander s’il y a effectivement des débouchés pour tous les étudiants
    Le rapport Seibel sur les emplois en 2010 donnait un équilibre pour le besoin par grands niveaux de diplômes et répartition des sortants de l’EN. Donc pas de prime particulière au diplômer du moins en taux d’emplois (sauf les niveaux VI encore une fois)

    Le rapport de la DARES et du CAE sur l’emploi en 2015 souligne lui que les besoins seront importants pour les métiers d’aide à la personne, métiers aujourd’hui féminins à 98 ou 99%, avec comme conséquence un chômage accentué pour les garçons peu qualifiés et une déqualification pour certaines filles (probablement les niveaux IV et III

    Pour ce qui est des diplômés, l’avantage des mieux formés est qu’en cas de difficultés, ils peuvent se déqualifier pour trouver un travail, l’inverse n’étant évidemment pas vrai. Cependant, les bacs +5 ne peuvent pas forcément prendre la place des bacs +2 ou 3 si ces derniers ont eu une formation plus professionnalisante (ex des BTS)

    Reste qu’il y aussi de plus en plus de différences selon les filières
    Et que vu de l’entreprise, la fac est une machine à permettre aux jeunes de rester à l’écart de la vie, à rester dans l’adolescence au lieu de devenir adultes; Les grandes écoles ne font guère mieux, encore qu’on y fasse plus de stages. dans ce domaine, suele l’alternance est réellement efficace, et la différence avec les autres étudiants est d’ailleurs sidérante;
    Maintenant, il est clair qu’une organisation comme la Manu est un bon élément de réponse aux difficultés des étudiants

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    verel

    9 mai 09 à 12:10

  4. Le problème de l’embauche des jeunes est une des plaies de notre société. La formation n’étant pas toujours adaptée au monde du travail, la première embauche est très difficile à obtenir. Il me semble que le CPE répondait essentiellement à cette question. On l’a fustigé en soulignant la précarité pour les jeunes sans y voir ce que c’était, un accès facilité au monde du travail (en motivant l’entreprise à recruter des jeunes). Ne pourrait-on pas relancer une idée qui y ressemble en mettant l’éclairage sur son versant positif?

    [Répondre]

    habert

    18 juin 09 à 19:49

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