Je suis poursuivie…

Campagne Adia : je suis poursuivi

J’avoue que j’ai vraiment été interpellée par cette pub qu’on peut voir un peu partout. Au-delà du concept de com, que je trouve excellent, elle a surtout fait trotter une question dans ma tête. Les jeunes talents seraient-ils désormais poursuivis ?

Le chômage structurel, face auquel « on aurait tout essayé », a longtemps fait partie du paysage comme une donnée incontournable pour ma génération. Ainsi la question de l’insertion professionnelle, « rentrer » dans le monde du travail, était plutôt considérée comme une façon d’échapper au chômage. Pour les jeunes diplômés, en particulier des universités, il fallait pour cela faire face à un véritable parcours du combattant.

C’est pourtant un nouveau contexte qui est en train de se mettre en place avec les conséquences du choc démographique. Les départs massifs en retraites des « papy boomers » commencent à avoir des conséquences dans tous les secteurs de l’économie française. Les entreprises vont être confrontées à un défi majeur pour leur pérennité et leur devenir : assurer dans de bonnes conditions les recrutements qui sont nécessaires pour compenser les départs.
Ces besoins ne concernent pas seulement les grands groupes ou les entreprises de grande taille. Ces questions se posent aussi pour les petites entreprises. 700 000 chefs d’entreprises vont par exemple prendre leur retraite dans les dix années à venir. Trouver un repreneur, préparer et assurer la transmission des entreprises concernées aura des conséquences sur plusieurs centaines de milliers d’emploi de ces TPE-PME.

Même si nous n’en avons pas encore pleinement conscience, les entreprises se préparent à se livrer une véritable « guerre des talents » pour attirer les compétences nécessaires.  Cette situation va produire sur le marché de l’emploi un véritable appel d’air.

C’est déjà ce que nous montrent les résultats qui viennent de sortir en fin de semaine de l’enquête annuelle de l’APEC sur l’insertion des jeunes diplômés. En 2007, diminution du temps moyen pour trouver un premier emploi, meilleures conditions de rémunération, augmentation de la proportion de CDI. « 70 % des jeunes diplômés des filières universitaires sont en poste moins d’un an après l’obtention de leur diplôme ».
Cette note d’optimisme liée à la conjoncture démographique, n’est pas une façon pour moi de baisser les armes en comptant sur la main invisible du marché de l’emploi pour faire le reste.

Cette évolution du rapport de forces entre jeunes diplômés et recruteurs constitue néanmoins une opportunité à saisir. Ce nouveau paradigme est synonyme de nouveaux défis à relever :

  • Pour les entreprises qui vont devoir être attractives et faire évoluer leur façon de « gérer les ressources humaines ».
  • Pour les jeunes diplômés, pour qui la question ne sera plus seulement « d’entrer » dans un monde travail qui sera de plus en plus mobile, mais d’y faire sa route, son chemin, d’étape en étape et de faire de son premier emploi un véritable tremplin pour la suite !

Vous l’avez compris, c’est à trouver des façons nouvelles de relever ces défis que je travaille en ce moment, pour que chacun d’entre nous avec sa formation, son profil, ses talents, fasse partie de ces fameux « poursuivis » !

Posté par : Julie

29 septembre 2008 à 12:43

18 commentaires à 'Je suis poursuivie…'

  1. Les chiffres ne sont toujours pas brillants : « 70 % des jeunes diplômés des filières universitaires sont en poste moins d’un an après l’obtention de leur diplôme ». En poste, oui, mais pas souvent en CDI. Et ça laisse quand même 30% de galériens au-delà des 365 jours…

    A propos de l’effet papy boom, voilà une initiative qui va dans le sens de la reprise (pas nécessairement des jeunes on dirait) : http://www.chefdentreprise.com/xml/Breves/2008/09/26317/Sage-cree-un-institut-pour-soutenir-le-developpement-des-PME-francaises/

    Ce qui sera intéressant à suivre, c’est l’arrivée de la génération plus jeune, plus web 2.0 (rapports humains différents, approche plus naturelle des nouveaux moyens de communicaiton).

    Bon courage ! :-)

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    Julie Reply:

    Sur les 30% de galériens, l’esssentiel est dans la tendance, plutôt positive, malgré les progrès qu’il reste à faire.

    Et oui, la nouvelle génération qui arrive sur le marché a un rapport au travail sacrément différent ! Je vais tâcher de le chroniquer ici.

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    [Enikao]

    29 sept 08 à 14:06

  2. Avec la crise économique actuelle, on risque d’avoir une remontée du chômage.

    Parce que, dans la baisse conjoncturelle du chômage tablant sur la démographie, on n’oublie l’hypothèse de la baisse d’activité.

    Je ne dis pas qu’il faut commencer à acheter de la farine, mais le marché du travail pourrait ne pas être souple très longtemps.

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    Julie Reply:

    A court terme, ce qui se passe est évidemment inquiétant, et pourrait repousser l’hypothèse d’un retournement du marché de l’emploi. Ceci-dit, la tendance structurelle joue pour la nouvelle génération.

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    EtienneB

    29 sept 08 à 15:26

  3. Le monde du travail est décidément impitoyable, et fort bien adapté au web 2.0…

    une expertise est une garantie de poursuites régulières et répétées, peu importe d’où l’on vienne, de l’université ou d’ailleurs.

    la toile est le terrain de chasse privilégié des recruteurs, facebook ne leur fait pas peur et n’est que la happy version de réseaux professionnels de type “viadeo”

    la guerre des talents existe déjà sur les secteurs à la marge des formations “classiques”… la réalité du terrain est déjà là.

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    Julie Reply:

    Oui, ce que vous dites est très juste. a terme, on peut imaginer que le passage à un marché de pénurie élargira cette donne : le problème, souvent, tient à un niveau de confiance, d’autonomie, que les étudiants n’oent pas avoir face au marché, par peur et manque de connaissance de l’entreprise, alors que les profils “web” et “techno” y sont habitués plus tôt…

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    Syche Reply:

    le niveau de confiance et d’autonomie.. tout est là !
    l’université a honte d’elle même et ne facilite pas l’envol de ses étudiants, qui le lui rendront d’ailleurs parfois ce patinage de démarrage.

    Un petit exemple vécu à 3 reprises dans des industries différentes:

    J’ai croisé des tops managers issus de l’université qui bannissaient les universitaires de leur recrutement.. alors qu’eux même étaient compétents .. mais ils idéalisaient beaucoup les autres formations et déconsidéraient la leur, se positionnant dans une attitude selfmade man.. et si c”était ça la richesse de l’université ? enseigner à des gens un méthode d’évolution et non un simple savoir académique…

    Rien que sous l’angle de l’initiation au réseau social à grande échelle, au marketing viral et au recrutement informatique, Facebook est un formidable outil d’apprentissage ouvert à tous les profils via une approche fort ludique !

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    Syche

    1 oct 08 à 1:47

  4. Je n’aime pas le concept de la pub, justement. Par trop anxiogène pour moi…

    Par ailleurs, je crois que les entreprises doivent surtout changer leur manière de recruter. Le projet mené par la Cé à Marne-La-Vallée avec le Medef était justement super intéressant : recruter au-delà des cercles habituels car les étudiants des autres filières ont des compétences autres.

    Or les entreprises recrutent en fonction de profils types car elles veulent minimiser le risque que constitue pour elle le recrutement : les coûts financiers (et encore, cela ne coûte “rien” de licencier dans les deux ans), les coûts en temps de formation et d’efficience du nouvel employé, etc.

    Je ne parle pas du profil “atypique” comme celui qui a fait musicien sur les routes pendant 2 ans et qu’on embauche dans un emploi de bureau. Non, simplement celui qui sort des filières types : bts secrétariat ou com,…

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    Julie Reply:

    (oui, la pub est un peu anxiogène, c’est surtout le fond, qui m’intéressait)

    Evidemment, la tentation du clonage est immense, et répandue. Ceci-dit, pour rencontrer beaucoup d’employeurs, ils sont très souvent conscients de la nécessité de changer de mode de sélection, mais ne disposent pas des moyens de repérer les bonnes filières, les étudiants, de faire leur marché différemment. Il va falloir outiller tout ça…

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    Fabien

    1 oct 08 à 9:14

  5. Le mythe des départs massifs à la vie dure !

    En réalité, ce sont les départs des générations précédentes qui étaient faibles !

    En effet, les générations des baby boomers à partir de 1945 sont nettement plus nombreuses (+60%) que celles qui les ont immédiatement précédé. Mais le chiffre atteint (environ 850 000 naissances par an) restera vrai jusque …1974 ! soit pendant 30 ans. Et la baisse est assez faible puisqu’on n’est jamais descendu en dessous de 700000, pour remonter aujourd’hui à 800 000 environ
    Résultat : une classe d’âge de senior (par exemple ceux qui ont 55 ans cette année) représente assez normalement 2.5% des actifs
    Ce qu’on a appelé le choc démographique ne réglera pas la question du chômage comme je l’ai écrit dans le Monde avec Alexandre Delaigue
    http://verel.typepad.fr/verel/2006/12/la_dmographie_n.html

    Le dynamisme de l’embauche des jeunes diplômés est en réalité directement lié à la conjoncture. Malheureusement pour eux, ils servent de variable d’ajustement : quand la croissance est là, ils sont très demandés, quand elle n’est pas là, ils ont du mal à trouver un travail
    Je crains fort que les résultats pour eux en 2008 et 2009 soient nettement moins favorable que ceux de 2007

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    Julie Reply:

    Il ne s’agit en fait pas tant que dire que les départs à la retraite vont génrer, en soi, des emplois, que de pointer le défi d’adaptation et de valorisation des compétences. Le marché va sans doute entrer dans un mode de pénurie, ou en tout cas de tension. Celle-ci ne bénéficiera pas directement et “par magie” aux jeunes diplômés. Ceci-dit, un rééquilibrage de la pyramide des âges va changer la donne, la dynamique, en passant d’un vieillissement à un rajeunissement. Il s’agit essentiellement de profiter d’une opportunité : ça ne se fera pas tout seul…

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    verel

    1 oct 08 à 19:56

  6. Petit blog au design tristounet, commentaires libres et non modérés, référencement quasi nul … le début de la naïveté ? ou de la fin ?

    Tu nous as habitués à mieux. Heureusement que tout est encore assez confidentiel.

    Si ta nouvelle asso / orga / ong est calquée sur cette attitude, tes plus vieux amis vont se régaler. Évite de leur en procurer l’occase.

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    Julie Reply:

    Euh, et si tu commençais par te présenter avant de railler ?

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    paranoiak

    1 oct 08 à 23:58

  7. Tiens au fait Julie nous parleras-tu de ton nouveau projet?

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    Julie Reply:

    Bientôt, bientôt. On est à un petit mois du lancement…

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    Maxime

    2 oct 08 à 20:33

  8. Le monde nous montrait il y a quelques jours que l’idéologie dominante est détournée à leur profit par les individus qui en ont assimilé les ressorts : http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/09/17/pour-les-jeunes-la-vraie-vie-est-ailleurs_1096229_3224.html

    Je rajouterais un conseil revenu de loin : http://donjipez.20minutes-blogs.fr/archive/2008/10/01/philosophie-politique.html

    Avec un peu plus de sérieux les questions à se poser sur le rapport au travail ne doivent pas être évitées(http://donjipez.wordpress.com/2008/10/01/sarkoland-annee-zero/). “Ne pas perdre sa vie à la gagner” en quelque sorte avec la révuision de quelques idées trop bien inculquées sur le travail (http://donjipez.wordpress.com/2008/09/30/et-si-la-crise-avait-du-bon/)

    En gros : “Bonjour paresse” un excellent petit livre paru il y a quelques années

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    Julie Reply:

    Dans le billet précédent, je revenais justement sur cet article. Pour moi, cette dichotomie entre “la vraie vie” et le travail est stupide. Ce n’est pas ce que je vois de ma génération.

    Sur “bonjour paresse”, j’y vois surtout un manque de sens de certaines populations de cadres, d’organisation qui ne fonctionnent plus. pas comme un problème systémique, et plutôt quelque chose en décroissance…

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    donjipez Reply:

    Je ne sais pas quelle est ta génération. L’article semblait parler des jeunes. Diplômés surtout. Parce que pour les autres c’est encore autre chose. Quant à ceux de la mienne, ils ont vu l’entreprise et savent à quoi s’en tenir. On tente alors un équilibre entre investissement raisonné (avec un minimum de déplaisir si possible) et vie “libre”.
    Je pense que la génération montante est plus cynique et d’emblée ne se laisse pas avoir par l’idéologie et le credo entrepreneurial : elle n’attend rien, se sert et se barre. En un sens elle est très anarcho-libertaire et aussi très sensible à sa vie perso. Difficile par exemple de trouver quelqu’un qui accepte durablement de travailler les soirs ou les week-ends. Elle a pigé très tôt le système et les façons de le parasiter et de le manipuler, là où nous, nous avons crû naïvement pouvoir faire évoluer l’entreprise et son management.

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    Donjipez

    3 oct 08 à 10:47

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