Immigration : à quand le rêve français ?
Face au classique « les immigrés prennent le travail des français, ils coûtent cher au pays,… » et à tous ses dérivés, j’avais tendance jusqu’ici, à utiliser des arguments économiques du type « de nombreux secteurs d’activité ne pourrons se développer qu’avec une immigration de travail » ou encore « la démographie française rend nécessaire l’immigration notamment pour le maintien de notre modèle social ».
Mais un post de Benoit Conley m’a fortement interpellé. En réaction à la récente étude montrant qu’un « immigré rapporte plus qu’il ne coûte » il interrogeait « C’est ça la vision de l’être humain au 21ème siècle, un bon placement ? ». Sous une apparence provocatrice, la question m’a paru très pertinente.
Car à y réfléchir, le calcul du rapport coût/investissement, les besoins relatifs aux fluctuations de notre marché du travail ou à notre démographie, sont des arguments qui sont très conjoncturels et très instrumentals. Ils ne constituent pas un projet de société pour vivre ensemble. Cela revient à dire « Pourquoi une immigration ? Parce qu’on en a économiquement besoin (dans les années qui viennent) ! »
C’est d’ailleurs comme ça , qu’on a raisonné avec les immigrés de la 1ère génération, dont on a eu besoin pour notre « main d’oeuvre », et le résultat c’est ce qu’on vit aujourd’hui : on ne s’est jamais senti appartenir à la même nation ni d’un côté ni de l’autre…Et puis une fois le besoin passé, les discours xénophobes sont revenu à la surface. Il y a peu de temps d’ailleurs quand il s’est agit d’élargir l’Europe « le camps du non à la constitution » n’avait pas hésité à brandir « le plombier polonais » comme symbole de l’étranger venant piquer le travail des français.
Un projet, une doctrine, une philosophie sur l’immigration manque cruellement à la construction de notre pays, de la République et du vivre ensemble. Avons-nous d’autres raisons que des questions conjoncturelles et instrumentales de faire société ? Et ce n’est pas les « régularisations au cas par cas » et « les divisions par deux du nombre d’immigrés » qui apportent des réponses à cela, car ce ne sont que des instruments pas des projets.
J’avoue que j’ai un faible pour le concept du « rêve américain » (le concept, la réalité est plus complexe) C’est un peu tarte à la crème mais l’idée que d’où que tu viennes, si tu viens construire le pays et apporter ta pierre à l’édifice, tu es le bienvenu et rapidement autant américain qu’un native, (voir un symbole d’un modèle américain d’intégration) ça me plait et je trouve qu’on pourrait s’en inspirer juste un peu.
A quand l’invention du « rêve français » ?


