Recrutement, demain fini les mariages de raison
Et oui, il va falloir s’aimer, …dans l’entreprise aussi. Il semblerait que notre société, comme elle l’a fait pour le mariage, va devoir mener cette évolution.Nous concevons de moins en moins notre travail comme une sphère à part (à côté de la vraie vie). Nos attentes d’humains, de citoyens et de professionnels convergent dans notre vie et ces nouvelles exigences s’abattent sur les recruteurs et les managers d’aujourd’hui. Car eux aussi ont leurs préoccupations. Ils cherchent à comprendre les nouvelles générations, pour mieux pouvoir les attirer, les recruter, les manager et fidéliser les talents.
Fidéliser ? “La fidélité de principe”, voilà une notion qui est en train de disparaître. Pas plus qu’on ne conçoit désormais la fidélité en amour au prix de l’oubli de soi, on ne pense plus aujourd’hui la “fidélité vis-à-vis de l’entreprise” comme hier. Qui peut a priori affirmer qu’il passera 40 ans de sa vie dans la même entreprise ? On se dit même que cela ne sera probablement pas le cas, et ce n’est plus un problème pour les jeunes. Car nous cherchons avant tout “un métier où nous puissions nous épanouir”, comme le montre 57% des réponses des étudiants à la récente enquête CSA pour le Cercle du leadership. Et dans cette recherche de l’épanouissement au travail, il y a bien sûr les vocations, ceux qui ont toujours su qu’ils seraient vétérinaire, musicien ou avocat et qui le seront avec passion toute leur vie. Mais la plupart d’entre nous se projettent plutôt en pensant changer de nombreuses fois d’entreprise mais aussi d’activité, de métier.
Dans notre parcours, chaque emploi constitue plutôt une expérience, une occasion de participer à un projet tout en développant nos savoirs faire, la priorité étant au final : notre évolution personnelle (à propos des critères qui dicteraient le choix d’une entreprise : 79% mettent en avant les “évolutions personnelles” notamment les possibilités offertes en matière d’apprentissage). Certains de nos aînés pourraient voir dans cette attitude un manque d’engagement, une marque d’inconsistance, voire d’individualisme. Et pourtant, dans notre esprit et dans notre pratique, rien n’oppose la construction phase après phase d’une vie professionnelle faite de coups de cœur, de doutes, de changements de cap et une véritable capacité d’investissement dans les missions, le travail que nous occupons au présent.
Tout cela pose dès aujourd’hui de lourdes questions au management et au recrutement. Pour le recrutement et management : le temps des “mariages de raisons” sera un jour révolu. “Je reste dans mon entreprise parce que je n’ai pas le choix”, “je suis quand même confortable, j’ai mes habitudes”, “je m’ennuie d’accord mais partir… pour aller où ?”, “c’est une sécurité, j’espère que cela durera le plus longtemps possible, même si je me sens parfois, aigri(e), frustré(e), dévalorisé(e)”… Avec le temps ces types d’attitudes seront de moins en moins répandues.
Le travail reste une nécessité mais les jeunes générations affirment leur volonté d’ouvrir le plus largement le champ des possibles pour que cette nécessité de travailler ne se fasse pas au prix de leur épanouissement. Comme pour le mariage d’amour, les recruteurs et les managers de demain vont devoir “garder la flamme allumée” (”donner du sens au projet d’entreprise” (40%), “créer un climat dynamique, compétitif et stimulant dans l’entreprise “(35%), un management respectueux des personnes (61%). Ils vont devoir cultiver les raisons de rester dans l’entreprise et de s’investir pour les salariés, les esprits ouverts, les entrepreneurs, les talents, les passionnés, les créateurs sinon ils s’en iront ailleurs.
Dans cette perspective l’enjeu qualitatif du recrutement devient d’autant plus déterminant. Les logiques de “qui que tu sois quand tu rentres sur un poste et au bout de quelques mois tu seras à l’image de l’entreprise” seront difficilement compatible avec cette attente des jeunes d’être pris en compte et d’apporter, avec tout ce qu’ils sont, au projet et aux résultats de l’entreprise.
Face à ces enjeux, comme en amour, je crois moins au processus industriels de rencontres qui effectuent le tri sur quelques grands critères pour proposer un matching, qu’à un travail fin et en profondeur, fondé sur la rencontre entre les personnes. Dépasser les étiquettes et les a priori, tisser des liens, se rencontrer régulièrement.
Le métier de marieuse n’est plus au goût du jour, et nous voulons avoir la main sur nos choix. Quoi de mieux pour cela que la rencontre directe qui permet de rester libre, de constater si l’alchimie se passe ou non par-delà tous les critères rationnels, en remettant le choix définitif entre les mains de chacune des parties avec ses impressions, son ressenti, ses intuitions. En amour comme pour le recrutement, c’est je crois l’avenir du métier d’entremetteur.
publié aussi sur lesechos.fr
mots-clés : entreprise, génération, jeunes, recrutement, ressources humaines
Ca durera pas forcément toute la vie…
et alors ?
Pas la même activité professionnelle toute notre vie…. n’est-ce pas justement moteur pour s’y investir pleinement quand on y est ?
Perçu parfois par nos ainés comme de l’instabilité, de l’inconsistance ou de l’individualisme beaucoup, dans notre génération, n’envisagent pas de rester dans le même emploi toute leur vie, et ce n’est souvent pas un problème. On peut d’ailleurs se demander au contraire si ce n’est pas un véritable moteur pour s’investir pleinement dans son activité / travail / entreprise tant qu’on y est ?
Qui n’est pas “issu de la diversité” ?
“Issu de la diversité”, c’est donc l’expression à la mode, une nouvelle parabole qui appartient clairement au registre du “politiquement correct”. Elle remplace désormais d’autres expressions bien connues comme “issu de l’immigration”, “minorités visibles”, … qui semble-t-il ont fait leur temps. Ça ne nous a pas échappé, “la diversité” est un des concepts très en vogue du moment, ce qui en soi n’est pas une mauvaise chose. Mais j’ai été vraiment choquée de voir la rapidité avec laquelle ce “issu de la diversité” s’est imposé dans le langage courant instituant un véritable non sens sémantique, ….tellement révélateur.
J’ai donc ouvert le dictionnaire et je lis : diversité : état de ce qui est divers, ok ça nous avance peu. Je vais donc voir à “divers” et je lis : divers : qui présente plusieurs faces, plusieurs apparences, (sous entendu une même chose qui…) C’est on ne peut plus clair, dans une société il n’y a donc pas une personne qui soit plus diverse qu’une autre. Et ce n’est qu’à l’ENSEMBLE que peut s’appliquer la notion de diversité. Chacun de nous est donc par définition “issu de la diversité” !
Mon but n’est pas la de jouer sur les mots, mais les mots révèlent un sens. Et je ne peux que constater que cette belle notion de “diversité” a été tranquillement détournée pour désigner ceux qui seraient “différents” par rapport à une norme supposée, sous l’appellation “issu de la diversité”.
C’est décidé, la chasse à cette expression est ouverte !
mots-clés : changement, diversité, ensemble
Une belle année à vous, à nous, ensemble
Un premier passage par ici pour vous souhaiter une belle année 2010, remplie de succès préparés et de bonheurs inattendus. Déjà 6 jours, 6 petites pierres que nous avons posé pour commencer à construire cette nouvelle année. C’est peu et pourtant que sera 2010 si ce n’est ce que nous en ferons, individuellement bien sûr, mais ensemble surtout. Dans ce monde qui bascule, il nous faudra faire face mais aussi saisir les opportunités nouvelles qui émergent. Gageons que nous saurons progresser vers le renforcement de notre envie de vivre ensemble ; que notre pays et d’autres dans le monde accorderons plus aux jeunes les moyens de se réaliser et de prendre leur place car ils en ont le désir ! Souhaitons aussi que cette année voit s’améliorer la situation des jeunesses du monde entier, avec lesquelles nous sommes en solidarité. En particulier la jeunesse iranienne qui se bat sans relâche contre l’oppression et pour la liberté au prix de sa vie depuis maintenant plus de 7 mois.
Une année où il nous faudra allier force et mouvement pour poursuivre notre chemin de la seule façon possible : en avançant… et en prenant la main sur notre destin !
Meilleurs vœux à tous et à toutes et à très bientôt donc pour les aventures de 2010 !
Du Lyon
L’air qu’ils boivent ferait éclater vos poumons

Oh ! vie heureuse des bourgeois ! Qu’avril bourgeonne
Ou que décembre gèle, ils sont fiers et contents ;
Ce pigeon est aimé trois jours par sa pigeonne ;
Ca lui suffit, il sait que l’amour n’a qu’un temps.
Ce dindon a toujours béni sa destinée.
Et quand vient le moment, de mourir il faut voir
Cette jeune oie en pleurs : “C’est là que je suis née ;
Je meurs près de ma mère et j’ai fait mon devoir.”
Elle a fait son devoir, c’est-à-dire que oncques
Elle n’eut de souhait, impossible, elle n’eut
Aucun rêve de lune, aucun désir de jonque
L’emportant sans rameurs sur un fleuve inconnu.
Et tous sont ainsi faits ! Vivre la même vie
Toujours pour ces gens-là, cela n’est point hideux
Ce canard n’a qu’un bec, et n’eut jamais envie
Ou de n’en plus avoir ou bien d’en avoir deux.
N’avoir aucun besoin de baiser sur les lèvres,
Et, loin des songes vains, loin des soucis cuisants,
Posséder pour tout cœur un viscère sans fièvres,
Un coucou régulier et garanti dix ans !
Oh ! les gens bienheureux … Tout à coup, dans l’espace,
Si haut qu’il semble aller lentement, un grand vol
En forme de triangle arrive, plane et passe.
Où vont-ils ? Qui sont-ils ? Comme ils sont loin du sol !
Regardez-les passer ! Eux, ce sont les sauvages.
Ils vont où leur désir le veut, par-dessus monts,
Et bois, et mers, et vents, et loin des esclavages.
L’air qu’ils boivent feraient éclater vos poumons.
Regardez-les ! Avant d’atteindre sa chimère,
Plus d’un, l’aile rompue et du sang plein les yeux,
Mourra. Ces pauvres gens ont aussi femme et mère,
Et savent les aimer aussi bien que vous, mieux.
Pour choyer cette femme et nourrir cette mère,
Ils pouvaient devenir volaille comme vous.
Mais ils sont avant tout, les fils de la chimère,
Des assoiffés d’azur, des poètes, des fous.
Regardez-les, vieux coq, jeune oie édifiante !
Rien de vous ne pourra monter aussi haut qu’eux.
Et le peu qui viendra d’eux à vous, c’est leur fiente.
Les bourgeois sont troublés de voir passer les gueux.
G.Brassens Les oiseaux de passage du poème de Jean Richepin
le son à télécharger les-oiseaux-de-passage
Freedom and democracy, the road they have chosen
“freedom and democracy is the road the iranian people have chosen to travel with full awareness…there is no turning back…”
Soyons au rendez-vous le 7 décembre pour la journée des étudiants en Iran en soutien à leurs espoirs et à leur combat !
Etre français(e) ?
Projet prévu de longue date (ndlr. avant le lancement du débat sur l’identité nationale) par l’institut Montaigne qui sort demain le livre Qu’est-ce qu’être français ? j’ai répondu ce midi à la question de savoir ce que signifiait pour moi : être française …
En fait je ne m’étais jamais vraiment posé la question sachant que ce n’est pas la première identité que je mets en avant lorsque je cherche à me définir … en vrac ce qui m’est venu à l’esprit :
- j’espère qu’on arrivera jamais à une liste de 10 dimensions qu’il faudrait cocher pour être français… pour définir une communauté d’appartenance, il faut que la majorité ce ceux qui y appartiennent de fait, s’y retrouve ; et dans le même temps je trouve bien de s’interroger sur ce que nous avons en commun et les raisons que nous avons de vouloir vivre ensemble, et pour construire quelle société
- Je trouve que globalement la France est solide sur certaines grandes valeurs républicaines (à l’exception de véritables scandales) : les droits de l’Homme (on a le droit d’avoir ses idées, de les défendre, de les manifester sans risquer sa vie, de choisir son mode de vie : encore deux jeunes homosexuels condamner à mort en Iran, et tous les jours des manifestation réprimer dans la violence…), les droits de femmes (qui ont le droit de ne pas être coupable d’être des femmes ni des effets qu’elles peuvent éventuellement produire sur les hommes), la laïcité (ne pas se servir d’une autorité divine pour construire notre système éducatif, fonder notre justice sur un engagement devant les hommes et non devant Dieu), la liberté d’expression et de critique de la pensée, de toutes les pensées (l’issue du procès des caricatures de Charlie Hebdo en a été un grand moment)
- Je trouve important que nous nous mêlions des affaires du monde, on passe parfois pour “les mouches du coche” mais je préfère être dans un pays qui ne se sent pas étranger au destin du monde que dans un pays qui met la tête dans le sable dès qu’il ne s’agit pas directement de lui et de ses habitants.
- Maintenant il y a de vrais paradoxes dans cette France qui peuvent constituer de véritables dangers pour l’avenir, des bombes à retardement même ; de grands écarts entre les ambitions affichées et la réalité. Je pense par exemple au mélange, à la mixité, au métissage. Beaucoup d’étrangers qui visitent la France s’étonnent de voir des français dont les origines viennent des quatre coins du monde, vivre ensemble au quotidien, être amis, se marier… c’est plus le mélange que le communautarisme qui nous caractérise et pourtant… la France a créé en son sein des zones urbaines de relégation, en confinant ceux avec qui certains ont refusé et refusent toujours de se mélanger, voir de partager cette identité française. Certains dans ces quartiers n’aiment pas la France, ont du mal à se sentir français mais est-ce que la France les aime, est-ce qu’elle a aimé leurs parents, est-ce qu’elle voit en eux de jeunes français dont il faut assurer l’avenir ? Comment va-t-on durablement vivre ensemble dans ces conditions ?
- En matière de grands écarts entre les ambitions et la réalité, je pense aussi à notre système social auquel nous tenons tant : “le modèle social français”. Solidarité en matière de santé, de retraite, de chômage, puissance des services publiques, en France, tout cela fait aussi notre fierté … mais pour combien de temps ? Les déficits des systèmes sociaux, la dette publique (121 milliards d’euros), les marges de manœuvre financières et nos possibilités de choisir qui se réduisent chaque année, pose la question de ce qui sera laissé à notre génération et à celles à venir : comme seule possibilité : gérer les suites des décisions prises par nos ainés ? En matière de retraite par exemple, en gros nous sommes sûrs que nous allons, toute notre vie, payer pour ceux qui sont en retraite, sans certitude que le système de solidarité n’aura pas fait faillite, avant que nous arrivions en retraite et puissions à notre tour bénéficier de cette solidarité. Si la solidarité sociale caractérise la France, alors il faut se donner les moyens de la pérenniser pour les générations à venir.
République, vivre ensemble, fraternité, solidarité entre les générations… la France tiendra-t-elle ses promesses ? Espérons que la France ne préfère pas son passé et ses aquis, à ses enfants et leur avenir ? (d’ailleurs faut-il se contenter d’espérer ??…)
mots-clés : avenir, civilisation, confiance, diversité, génération, jeunes, solidarité
Le taux de chômage c’est comme dans une baignoire…
La récente enquête TNS Sofres réalisée pour le Haut commissariat à la Jeunesse montre entre autre que s’installe chez les jeunes diplômés “le sentiment que les entreprises ne recrutent pas”. Pas très étonnant au vu du discours catastrophiste ambiant. A entendre les actualités, nous n’aurions que des raisons de nous morfondre, de sombrer dans le pessimisme ou de subir. C’est clair qu’à force, on a bien compris ou étaient les mauvaises nouvelles - et elles sont bien réelles - mais le fait que “les entreprises ne recrutent pas” est faux.
Elles recrutent moins qu’à d’autres périodes, il y a plus de destructions que de créations d’emplois, des secteurs économiques s’effondrent et c’est souvent humainement dramatique, les incertitudes planent, mais ce ne sont pas les seuls aspects de la réalité du moment. Simplement nous entendons beaucoup moins parler des bonnes nouvelles, des dynamiques, des opportunités qui émergent et c’est pourtant aussi de ce type d’informations dont ont besoin ceux qui cherchent un emploi, pour être plus avisés dans leur recherche (et donc plus efficaces) et aussi moins démoralisés.
Par exemple il n’est pas inutile de rappeler que derrière le taux de chômage qui monte, des dizaines de milliers d’emplois sont crées (et d’autres détruits) chaque jour et des centaines chaque mois ; que l’évolution du taux de chômage résulte de la différence entre ce nombre d’emplois créés et ce nombre d’emplois détruits. “C’est comme dans une baignoire où il y a de l’eau qui rentre et de l’eau qui sort : le niveau de l’eau correspond à la différence entre l’arrivée et la sortie.” nous dit Etienne Wasmer dans le numéro 2 de LA MANU, le Mag’ qui vient de sortir sur les campus.
Un média d’un nouveau genre qui sans angélisme décrit la réalité de l’économie et de l’entreprise en cherchant, dans ce dernier numéro, à débusquer les signes positifs, les opportunités à saisir, les voies qui s’ouvrent dans ce monde qui bascule. En commençant par l’article “Marché de l’emploi : sous les indicateurs, les flux” c’est un nouveau voyage au coeur de l’entreprise qui s’annonce avec ce nouveau numéro de LA MANU, le Mag’ …. très bientôt dans vos amphis (si vous avez la chance d’avoir une antenne de LA MANU dans votre ville : ))







